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Tome huitième.
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dire que chaque évêque opinoit dans fanation , & qu’on rapportoit dans le concileles suffrages des nations. De puissantes rai-sons obligèrent les peres du concile de Cons-tance d’introduire cette nouveauté. Il yavoir pour lors trois contendans à la papau-té , Grégoire XII. Benoît XIII & JeanXXIII. Chacun d’eux avoir ses adhéransparmi les évêques. Il étoit à craindre, íì l’oncomptoir les voix suivant l’ancien usage ,que les évêques d’une nation l'emportantpar le nombre fur les autres , on ne pûtparvenir au rétablissement de la paix & àl’extinction du schisme , qui croient le butprincipal de la tenue du concile. On suivitla même méthode au concile de Baíle, &il est sensible que c’est un moyen sûr pourréunir le consentement de toute l’église.Quant à la liberté des suffrages, elle doitêtre très-grande ; autrement le concile celíèd’être œcuménique , 8c ne contient plus ladécision de l’église universelle. Il n’y a pointde marque plus certaine pour connoître siun concile a été œcuménique, ou non, quela liberté des suffrages. Nous en avons unexemple dans le faux concile d’Epheíè, tenupar Dioscore , 8c cassé par celui de Chal-cédoine. Ce faux concile avoir été convoquédans la même forme que les trois précédensconciles généraux. Théodoíë le grand avoirinterpole son autorité pour la convocationde ce concile , le pape S. Léon avoir donnéion consentement 8c envoyé ses légats ; ainsirien ne paroiíïoit manquer à l’extérieur,de ce qui constitue la forme des conciles.Mais on n’y eut point la liberté de délibé-rer ; les évêques , les prêtres 8c les clercsfurent forcés par les soldats à coups d’épée& de bâton de signer un papier blanc. Plu-sieurs moururent de cette violence, entr au-tres Flavien de Constantinople. Dioscoreavoir conspiré sa perte , & il le fit condam-ner 8c déposer par ces voies de fait dans cetteassemblée ; c est pourquoi on l’a toujoursregardée comme un conciliabule. Il est donctrès-important d’avoir une réglé sure pourdiscerner si le concile a la liberté des suffra-ges ; car il est à craindre que fous ce prétextequelqu’un ne s’eleve contre l’autoritédes con-ciles généraux la mieux fondée, 8c ne veuilles’y soustraire, en disant que le concile n a pasété libre. Or on peut juger qu’il a été libre

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par l’acquiescement de l’égliíè universelle ,*fi au contraire toutes les églises íè plaignent,& rejettent les décisions du concile, c’est unepreuve manifeste qu’iln’a joui d’aucune liber-té. Par exemple on réclama de toutes partscontre le brigandage du faux concile d'E-pheíe ; on demanda un autre concile , 8C »parut évidemment que celui d’Ephese n’a-voit point été libre ; c’est ce que prou-vent les actes du concile de Chalcédoine.l’église universelle réclama pareillement con-tre le faux concile, de Rimini, où l’on avoirégalement employé la violence, & à la foi'mule duquel le pape Libéré avoir souscrit-Maintenant, pour terminer ce qui con-cerne les conciles généraux , nous allon 5examiner quelle est leur autorité. Diverspastâges de l’Ecriture, 8c la tradition cons-tante de l’église nous enseignent, qu’il n íen a point de plus respectable. Nous avonsdéja eu occasion de citer ces paroles de Je-sus-Christ , ubi sunt duo vel tres , &c. N ° u5 ,avons vu que les peres de Chalcédoine &nfont supplication aux conciles , &c en tirentcette conséquence , qu’à plus forte rais 011Jesus-Christ ne refusera point ion assistantà cinq cent vingt évêques assemblés en í° nnom. Nous ajouterons ici que le cinquie^concile général, ou le second de Constant 1nople, prend dans le même sens ce textel’évangile, 8c reconnoît l’autorité supre 01des conciles généraux, qu’il démontreíe servant de différentes preuves. Il se rbj}r sur çe que les apôtres, quoiqu’ils fují e ' ■tellement remplis de la grâce du S. E»Pqu’ils n'eussent pas besoin les uns des auj^pour être instruits de ce qu’ils dévoient , \

cependant ne voulurent rien statuer ajdes cérémonies légales, qu’ils n'euflentlibéré ensemble, 8c que chacun d'eux n ^appuyé son avis fur les saintes Ecritures» ^Sur ce que la décision des apôtres con< ’^/ í ,ces termes , visum c fl spiritui sanclo8cc. témoigne astez qu’elle est fuite ‘gplusj noncée en commun. L’on peut etendrí loin la réflexion des peres de Cons tan ^j pie , & avancer avec confiance connu ^ j eS: fuite naturelle de cette réflexion,

: apôtres, en attribuant à l’inspiration ^ce qu’ils ont défini, nous autorisent ^garder comme décidé par le S. Efp rl \,» 5 *ce qui l’est par l’église astèmblee. 3