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Tome huitième.
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deux & un , l’objet de ces deux perceptions,savoir trois , puis deux & un , n'est plustout-à-foit tk précisément le même. La se-conde perception représente séparé en deuxce qui est réuni dans la premiere. J'avoueque cette modification de trois considérécomme séparé en deux & un , est si imper-ceptible, que l'esprit voir presqu'ausli-tôtque trois est deux & un , qu’il voir que troisest trois. Mais quelque imperceptible qu’ellesoit, elle fait la différence essentielle entreles propositions identiques & les proposi-tions logiques. Les propositions identiquesne font autres que celles qui expriment uneconnoistance intuitive , par laquelle notre es-prit, dans les deux perceptions, trouveégalement en lune & enl’autre précisémentle même objet, sans aucune ombre de mo-dification d un côté qui ne soit pas de l’autrecôté. Ainsi trois est trois sait une propositionidentique , qui exprime une connoistance in-tuitive ; au lieu que trois est ésaïa deux & un,fait une proposition qui n est plus identique,mais conjonctive & logique , parce qu il setrouve dans celle-ci une modification quin’est pas dans l'autre.

A mesure que ces sortes de modificationssurviennent à la connoistance intuitive, àmesure aussi íè forme une connoistance con-jonctive plus, composée , & par conséquentplus obscure, étant plus éloignée de la sim-plicité de la connoistance intuitive. En effet,l'esprit alors est plus occupé pour découvrircertains endroits par lesquels les deux idéesfont les mêmes , tandis qu elles íont diffé-rentes par d'autres endroits: or, ces endroitsfont justement les idées des modifications sur-venues à la connoistance intuitive.Ce sontaussìces endroits qu il faut écarter, ou du moinsauxquels il ne faut point avoir d'égard pourdécouvrir & retrouver pleinement dans laconnoistance conjonctive , l’identité ou res-semblance d'idées qui fait la connoistance in-tuitive : dans cette proposition, Vhomme estanimal , j'écarte de l’idée totale de l'hommeles idées partiales, qui font de subrogationà l'idée totale d’animal ; telles que l’idée ca-pable d’admiration, l’idée de raisonnable , Lee.)& alors il ne reste plus dans l'idée d’homme ,que les idées de végétal vivant, &c. qui for-ment l'idée d' animal, & qui font commu-nes a 1 idee dé homme ô- u 1 idee d caànicil.

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Ces réflexions, aussi vraies que subtiles,font tirées de la logique du P. Bustier.

La seconde sorte de convenance ou dedisouvenance que l'esprit apperçoit dansquelqu'une de ses idées, peut-être appeléerelative ; & ce n'est que la perception durapport qui est entre deux idées , de quel-que espece quelles soient, substances, mo-des , ou autres. Ainsi deux est deux , troisest trois , ont un rapport de convenance ,parce que dans ces deux propositions c'estle même objet formé par deux actes de l'es-prit : toute la distérence qui se trouve entrela convenance d'identité & la convenancede relation , c'est que l’une est une identiténumérique, & l’autre une identité spécifi-que ou de ressemblance. La premiere letrouve marquée dans cette proposition, lecercle A est le cercle A ; & la seconde danscelle - ci , le cercle A est le mtme que lecercle B.

La troisième espece de convenance ou dedisconvenance qu’on peut trouver dans nosidées, & fur laquelle s’exerce la perceptionde notre esprit, c'est la coexistence , ou lanon-coexistence dans le même sujet ; ce quiregarde particulièrement les substances. Ainsiquand nous affirmons touchant l'or, qu'il estfixe, la connoistance que nous avons de cettevérité se réduit uniquement à ceci, que lafixité ou la puissance de demeurer dans lefeu íàns se consumer, est une idée qui íetrouve toujours jointe avec cette espece par-ticulière de jaune , de peíanteur , de fusi-bilité , de malléabilité, & de capacité d’êtredissous dans l’eau régale, qui compose notreidée complexe, que nous désignons par lemot or.

La derniere 8c quatrième espece de con-venance , c'est celle d'une existence actuelle& réelle, qui convient à quelque chose dontnous avons l’idée dans l'esprit. Toutes nosconno,stances fout renfermées dans ces quatresortes de convenance ou de disconvenance.

Avant d’examiner les différeras degrés denotre connoistance , il ne fera pas hors depropos de parler des divers sens du mot deconnostance. Il y a différeras états dans les-quels l’esprit se trouve imbu de la vérité, 8cauxquels on donne le nom de connoistance.

i °. Il y a une connoistance actuelle, qui estla perception présente que l'esprit a de U