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Tome huitième.
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che que nous ne donnions le nom d’so ; -dence à tout ce qui nous est attesté par lessens & par le témoignage des hommes : iln’y a même rien qui nous touche davantageque ce qui nous est évident en cette ma-niéré , ou ce qui vient en notre con -oisiancepar le témoignage des sens : & il est aisé devoir que c’est pour suppléer à l’embarras &à ^incertitude des raisonnemens, que Dieunous rappelle par-tout à la simplicité de lapreuve testimoniale & sensible. Eîle fixetout dans la société, dans la physique ,dans la réglé de la foi, & dans la réglédes mœurs.

Nous avons donc quatre fortes de con-naissances , dont nous acquérons les unespar la simple intuition de nos idées , lesautres par le raisonnement pur, les troisiè-mes par le rapport uniforme de nos ssi s,&: les dernieres enfin par des témoignagesfurs & incontestables. La premiere s appelleconnaissance intuitive , la seconde de-i.onsira-tive, la troisième sensitive, Sc la quatrième,tesiimoniale.

Après avoir fixé les différons degrés parlesquels nous pouvons nous élever à la vé-rité, il est nécessaire de nous aílùrer jus-qusoù nous pouvons étendre nos connoissnn-•ces , Sc quelles sont les bornes insurmon-tables qui nous arrêtent.

La connoijsance consistant, comme noussavons dé;à dit, dans la perception dela convenance ou disconvenance de nosidées, il s'ensuit de là,

r". Que nous ne devons avoir aucuneconnoijsance où nous n’avons aucune idée.

2°. Que nous ne saurions avoir de con-noijsnnce, qu’autant que nous appercevonscette convenance ou cette disconvenance;ce qui se fait I °. ou par intuition , en com-parant immédiatement deux idées ; 2 0 . oupar raison, en examinant la convenance oula disconvenance de deux idées, par Tinter-vention de quelques autres idées moyen-nes; 3°. par sensation, en appercevant Ine-xistence des choses particulières ; 4 0 . ou en-fin par des évènemens connus, incontesta-bles Sc authentiques.

Que nous ne saurions avoir une con-noisiance intuitive qui s'étende à toutes nosidées, parce q ue nou s 11e pouvons pas ap-ercevoir toutes l es relations qui se trou-

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vent entr'elles, en les comparant immédia-tement les unes avec les autres ; par exem-ple , si j ai des idées de deux triangles , l unoxygone & 1 autre amblygone, tracés furune base égale Sc entre deux lignes parai el-les , je puis appêrcevoir par une simple con-naissance de vue que sun n’tst pas f autre :mais je ne saurois connoître par ce moyen sices deux triangles font égaux ou non, parcequ’on ne sautoir appercevoir leur égalité ouinégalité en les comparant immédiatement.La diíFérence de leurs figures rend leurs• parties incapables d’être exactement Sc im-médiatement appliquées l’une sor sature •c'est pourquoi il est nécessaire de faire inter-venir une autre quantité pour les mesurer,ce qui est démontrer ou connoître par raison .

4°. Que notre connoijsance raisonnée nepeut point embrasser toute l’étendue de nosidées, parce que nous manquons d'idéesintermédiaires que nous puissions lier funeà l’autre par une connoijsance intuitive danstoutes les parties de la déduction ; Sc par-tout où cela nous manque, la connotsianccSc la démonstration nous manquent aussi.

Nous avons observé que la convenanceou disconvenance de nos idées coníistoit, 1»dans leur identité ou diversité ; 2° dans leurrelation ; 3 0 dans leur co-existence ; 4 0 dansleur existence réelle.

1°. A l’égard de l’i'l entité Sc de la diver-sité de nos idées, notre connoijsance intuitiveest aussi étendue que nos idées mêmes ; carl’efprit ne peut avoir aucune idée qusil 11evoye aussi - tôt par une connoijsance simplede vue, qu'elle est ce qusolle est, & qu elle, est diftérente de toute autre.

2 0 . Quant à la connoisiance que nousavons de la convenance, ou de.la disoonve-nance de nos idées, par rapport à leur co-existence ; il isest pas si ai Cé de déterminerquelle est son étendue. Ce qu il y a de cer-tain i° ccíí que dans les recherches quenous faisons fur la nature des corps, notreconnoijsance ne détend point au-delà de no-tre expérience. La connoijsance intuitive dela nature est refusée à notre intelligence. Cedegré de lumière qui nous manque, a étéremplacé par les témoignages de nos sens,qui nous apprennent de tous les objets ceque nous avons besoin d J en savoir. Nousne comprenons rien à la nature, ou à Topé-F f f f f f 2