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Sc ^analogie ; voilà les trois fondemens de 1l'évidence morale que nous avons descorps. Aucun de ces moyens n est par lui-même , c'est-à-dire , par fa nature, lamarque caractéristique de la vérité ; maisréunis ensemble , ils forment une persua-sion convaincante , qui entraîne tous lesesprits. Voye{ Analogie.
L'être souverainement bon , dit M.s’Gravefonde , a accordé une grande abon-dance de biens aux hommes , dont il avoulu qu'ils fiífent usage durant leur sé-jour sur la terre ; maïs li les hommesn avoient point les sens, il leur feroit im-possible (savoir la moindre connoìffance deces avantages ; & ils feroient privés descommodités qued usage peur Lur en pro-curer 5 par où il paroit que Dieu a donneaux hommes les sens , pour s en servir dansl'examen de ces choses, & pour y ajou-ter foi.
La sagesse suprême tomberoit en contra-diction avec elle-même, si après avoir ac-cordé tant de biens aux hommes , & leuravoir donné ie moyen de les connoitre , çesmoyens mêmes indussoient en erreur ceuxà qui ces bienfaits ont été accordés. Ainli,les sens conduisent à la connoìffance de la vé-rité , parce que Dieu l'a voulu ainsi ; & lapersuasion de la conformité des idées , quenous acquérons dans lord te naturel par Içssens, avec les choses quelles représentent,est complette.
Cependant 1 a maniéré dont les sens nousmenent à la connoìffance des choses , n'est pasévidente par elle-même. Un bon usage &une longue expérience sont néceíîaires pourcela. VoyeffL’art. des Sens, où nous expli-quons comment dans chaque circonstancenous pouvons déterminer exact, ment ce quenous pouvons déduire de nos sensations,d'mie maniéré qu il ne nous laistè pas leMoindre doute.
Ces sens seuls ne suffisent pas pour pou-voir acquérir une conno.ffmce des corps con-forme à notre situation. Il n y a point d hom-me air monde, qui puifle examiner par lui-méme toutes'les choses qui 'ui font néceíîairesà la vie ; dans Un nombre infini d'occasions ildoit et te instruit par d'autres, êc s J il najoutepas loi à leur témoignage- , il ne pourra ;tirer aucune utilité de ía plupart dés choses 1
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que Dieu lui a accordées ; & il se trouveraréduit à mener sur la terre une vie courte 8çmalheureuse.
D’où nous concluons que Dieu a vouluque le témoignage fût aussi une marque dela vérité ; il a d ailleurs donné aux hommesla faculté de déterminer les qualités que doitavoir un témoignage, pour q U on y ajoute
foi.
1 Les jugemens, qui ont pour fondementj 1 analogie , nous conduisent aussi à la con-f noíjjance des choses ; & la justesse des con-f cluíîons , que nous tirerons de 1 analogiej se déduit du même principe ; c’est-à-dire *, de la volonté de Dieu , dont la providence| a placé l'homme dans des circonstances, qui‘ lui imposent la nécessité de vivre peu & rni-| sérablement, s'il refuse d attribuer aux cho-i ses qu il na point examinées, les propriétésqu'il a trouvées à d autres semblables, en lesexaminant.
Qui pourroitsans le secours de 1 analogie,distinguer le poison de ce qui peut êtreutile a la santé > Qui oseroit quitter le lieuqu'il occupe ; Quel moyen y auroit-il d'évi-ter un nombre infini de périls ?
3 0 . Pour ce qui est de la troisième efpecede connoìffance, qui est ía convenance ou ladiíconvenance de quelqu'une de nos idées,considérées dans quelque autre rapport quece íoit ; comme c'est-la ie plus vaste champde nos ccnnoiffan es , il est bien difficile dedéterminer juiqu’où il peut s’étendre. Com-me les progrès que l'on peut foire dans cettepartie de notre connoìffance , dépendent deno-tre sagacité à trouver des idées intermé-diaires , qui puiíiuK faire voir les rapportsdes idées dont on ne considéré pas la cœxifo! tenee , il est difficile de dire quand nous1 sommes au bout de ces fortes de décou-| vertes.
! Ceux qui ignorent Yalgebr e, ne fouroient| f e sig Ur er les choses étonnantes qu'on peutf faire en ce genre par le moyen de cette scien-! ce. Il n'est pas possible de déterminer quelsf nouveaux moyens de perfectionner les autre»f parties de nos connoiffances , peuvent être! encore inventés par un esprit pénétrant.
; Quoi qu'il en soit, Fon peut assurer que les! idées qui regardent le nombre & détendue, ne[ font pas les feules capables de démonstration ;
I mais qu'il y eji a d autres qui font peut-être