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Tome huitième.
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3*. Quant à la connoijsance que Nous avons ’de Inexistence réelle & actuelle des choses,elle s "étend fur beaucoup de choies. Nous .avons une connoijsance intuitive de notre 'existence , Voye\ le Discours Préliminaire :une connoijsance démonstrative de Inexisten-ce de Dieu ; Voyey Dieu : une connaissancesensitive de tous les objets qui frapent nossens ; & une testimoniale de plusieurs évè-nemens qui font parvenus jufqu’à nous , à-rravers l’efpace des siécles, purs ôc fans alté-ration. Poye[ VÉRitÉ.

11 est constant, par tout ce que nous ve-;nons de dire, qu’il y a des connoijsances. cer-taines , puisque nous appercevons de la con-venance ou de la disconvenance entre pi u-jsieurs de nos idées. Mais toutes nos connois- <sauces sont-elles réelles ? qui peut savoir :ce que sont ces idées, dont nous voyonsla convenance ou la disconvenance ; y a-t-ilrien de íì extravagant que les imaginationsqui íe forment dans le cerveau des hommes ìoù est celui qui n’a pas quelque chimeredans la tête ; & s’il y a un homme d/un sensrassis 6c d un jugement tout-à-fait solide,quelle disterence y aura-1-il, en vertu denos réglés, entre la co’inoijsance d’un telhomme & celle de i’esprit le plus extrava-gant du monde ? Ils ont tous deux leursidées j & ils apperçoivent tous deux la con-venance ou la disconvenance qui est entreelles. Si ces idées diffèrent par quelque en-droit , tout l’avantage fera du côté de celuiqui a simagination la plus échauffée, parce,qu’il a des idées plus vives & en plus grandnombre ; de forte que, selon nos propres re- ;gles , st aura aussi plus de connoijsance. S’ilest vrai que toute la connoijsance consistedans la perception de la convenance ou de;la disconvenance de nos propres idées, il yaura autant de certitude dans les visions ;d’un enthousiaste , que dans les raisonne- ;Riens d’un homme de bon fans. Il n’irn-porte ce que les choses font en elles-mêmes,pourvu qifun homme observe la conve-nance de ses propres imaginations , & qu’ilparie conséquemment, ce qu’il dit est cer-tain, c’est fa vérité toute pure. Tous ceschâteaux bâtis e n l’air feront d’auslî fortesretraites de fa vérité, que les démonstra-tions mathématiques. Mais de quel usagesera. tonte cette belle connoijsance des ima-,

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gînations des hommes, a celui qui chercheà s’instruire de 1 a réalité des choses - qu’im-porte de savoir ce que sont les fantaisiesdes hommes } ce n est que k connaissancedes choses qu’on doit estimer ; c est cekseul qui donne du prix à noS raisonne-mens , & qui fait préférer k connoijsancede ce que les choses sont réellement enelles-mêmes, à une connoijsance de songes& de visions. Voilà k difficulté proposéedans toute fa force par M. Locke. Voicicomment il y répond-' Si la connoijsance que naus avons de nosidées se termine à ces idées, íans s’étendreplus avant lorsqu011 se propose quelquechose de plus, nos plus sérieuses peníeesne feront pas d’un beaucoup plus grand u fi-ge que les rêveries d’un cerveau déréglé ; &les vérités fondées fur cette connoijsance , neseront pas d’un plus grand -poids que lesdiscours dhin homme qui voir clairementles choies en songe , & les débite avec uneextrême confiance ; velut cegri sotnnia , vana?fingentw species.

Il est évident que l’esprit ne connoît pasles choses immédiatement, mais par l’inter-vention des idées qui les lui représentent - y& par conséquent notre connaissance n’esfcréelle, qukutant qu’il y a de k conformitéentre nos idées & k réalité des choses. Maisquel fera ici notre criterion ? comment ['es-prit , qui n’apperçoit rien que ses propresidées, connoïtra-t-il qu’elles conviennent:avec les choses mêmes ? Quoique cela nesemble pas exempt de difficulté , on- peut:pourtant assurer avec toute k certitude possi-ble , qu’il y a du moins deux fortes d’idées >qui font conformes aux choses.

Les premieres font les idées simples ; carpuisque l’esprit ne sautoir en aucune, façon;se les former à lui-même , íl faut neceílav-rement qsselles sostnc produites par deschoses qui agîstc nt naturellement lur l’eí-1 prit Sc y fa >nt 'Etre les perceptions aux-quelles elles sont proportionnées par k so-geste de celui qui nous a faits. Il skissuit de-là que les idées simples ne sont pas des-fic-tions de notre propre imagination, mais das;productions naturelles.& régulières de cho-ses existantes hors de nous , qui. opèrent:réellement fur. nous; & qu’aiusi elles onc.toute k copsoimsté à quoi elles font d ests-