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Tome neuvième.
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rendit les peuples heureux, en leur fai-sant oublier qu’iîs avoient un maître. Ma-xirnien qui n’avoit rien à redouter d’unprince fans ambition, se regardoit com-me le maître absolu de l’empire. Ce col-lègue impérieux ne le laiísoit vivre , queparce qu il étoit convaincu de sa modé-ration ; mais il ne pouvoit lui pardonnerd’étre son émule. Sa jalousie, inquiété sansmotif, s’étoit astùrée de fa fidélité , en re-tenant , comme otage auprès de lui, son filsConílantin qui donnoit les plus hautes espé-rances. Les maladies fréquentes dont Cons-tance étoit attaqué, dispenseront Maximiend’employer le fer & le poison, pour jouirdu pouvoir sans partage. Son espoir fut rem-pli. Confiance jaloux d’étendre les limitesde I’empire, porta ses armes dans la Grande-Bretagne , qui étoit dé j a fous la dominationdes Romains : mais ses anciens habitans ap-pelle's Picles & Calce'doniens } s’étoient ré-fugiés dans la partie septentrionale, connueaujourd’hui sous le nom d ’Ecosse , où ils vi-voient dans une entiere indépendance. 11remporta fur eux une pleine victoire, dontfa mort, causée par ses fatigues , l’empéchade tirer avantage. II mourut à Yorck en30 6. II avoit été nommé Auguste une année& trois mois auparavant. En mourant, ildéclara César son fils Constantin qui, dansla fuite , fut surnommé le Grand. II l’avoiteu d’Hélene sa premiere femme. Maximienl’avoit obligé de la répudier pour épouserThéodora. Quoi (sue ce prince fît professiondu paganisme , persécuta jamais leschrétiens qu’il comcOTbAúì > 1 laits, & qu’iléleva par préférence aux premieres digni-tés ; il avoit en horreur les apostats, disantque ceux qui sacrifioient leur dieu à leurfortune, étoient toujours disposés à trahirleur prince.

Constance ( Flavius-Julius ), filsdu grand Constantin , fut désigné son suc-cesseur pour régner conjointement avec sesdeux freres. Son pere , par son testament,leur avoit encore associé ses deux neveux ;mais le peuplfe , l’armée & le sénat, refu-sèrent de souscrire à ses dernieres volontés.Les neveux , dont les mœurs & les talensdonnoient les plus hautes espérances, quipromettoient de rendre les peuples heu-reux , surent inhumainement massacrés par

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les soldats qui ne vouloient d’autres maîtresque les fils de Constantin. Les amis de cesdeux princes innocens furent enveloppésdans leur carnage , & on laisià leurs corpsfans sépulture. Les assassins exigerent avectant d’insolence de Confiance , le salaire dèleur crime , qu’on le soupçonna d’être fau-teur de ce carnage. Quoiqu’il y eût plusieursempereurs , l’empire n’avoit point encoreété divisé. Les enfans de Constantin parta-gèrent le pouvoir, & se rendirent indépen-dans les uns des autres. Confiance eut laGrece , l’Asie & l’Egypte. Les blasphèmesd’Arius avoient rempli la capitale & les pro-! vinces de distensions civiles. Quoique Cons-tance favorisât ouvertement les partisans decet hérésiarque , il rappella dans leur siègetous les évêques exilés. Âthanase fut rétablidans l’église d’Alexandrie , & Paul danscelle de Constantinople. Tandis qu’il cal-moit les fureurs religieuses , les Perses,après avoir passé le Tigre , s’étoient rendusmaîtres de P Arménie, dont ils avoient chasséle roi, allié & ami des Romains. Confiancemarcha contre eux , & quoique son arméeeût secoué le joug de l’obéistànce, il obligeaSapor à rentrer dans ses états, où il eutbientôt réparé ses pertes. Deux ans après,il reparut avec des forces supérieures dansles provinces de l’empire. Vainqueur dansces combats, il seroit resté le dominateurde l’Orient, si les barbares , voisins de sesétats , ne l’eussent rappellé pour les défen-dre. L’Occident étoit également ébranlépar des tempêtes. Magnence , qui de simplesoldat étoit parvenu au commandement desarmées , profita de l’amour des soldats pourse faire déclarer empereur. Vitranion futproclamé le même jour par les légions dePannonie. Constans & le jeune Constantinfurent dépouillés de leurs états. Leur fretsConfiance quitta l’Orient pour venir à leursecours. Vitranion , trahi par ses soldats,se soumit à la clémence de ses maîtres of-fensés. Confiance eut la générosité de luipardonner ; il lui assigna même un revenusuffisant pour subsister honorablement. Levainqueur tourna ensuite ses armes contreMagnence qui fut vaincu en Espagne. II levaune nouvelle armée daps les Gaules, où ilessuya une seconde défaite. Alors craignantde tomber au pouvoir de Confiance 2 il lç