Band 
Tome neuvième.
Seite
123
JPEG-Download
 

CON

donna la mort. L’empire qui avoit été di-visé , fut réuni sur une seule tête. Confiancese .transporta à Rome pour y recevoir leshonneurs du triomphe. Quoiqu’il y témoi-gnât beaucoup d’egards pour les habitans, ilaigrit les esprits par fa complaisance pourles adorateurs des faux dieux. II permitqu’on relevât dans la salle du sénat saute!de la victoire. Les privilèges des vestalesfurent maintenus dans leur intégrité. II revê-tit du sacerdoce les payens les plus distin-gués par leur naissance. Des fonds surentassignés fur le trésor public , pour fournir àla dépense des sacrifices. Ces égards pourles restes de l’idolâtrie, firent murmurer leschrétiens qui ne purent lui pardonner d'a-voir accepté le titre de grand-pretre de Ju-piter. C’étoit moins par attachement.pourl’idolâtrie , que par lp defir de réunir tousles suffrages , qu’il avoit cette complaisancecriminelle ; car d’ailleurs il avoit du zelepour le christianisme , qui prit sous son ré-gné de nouveaux accroissemens. Le mur-muré des chrétiens fut appaisé par un éditpublié en leur faveur. Ceux qui avoient étédépouillés de leurs biens pendant les persé-cutions , rentrerent dans îeur droit de pro-priété ; & pour surcroît de faveur, ils furentélevés aux premieres dignités de l’état, dontils avoient été exclus. Tandis qu’il les fàvo-rifoit, Julien vainqueur dans les Gaules,réprimoit les Courses des Allemands , & af-fermiíïoit l’empire par ses victoires. Cons-tance , jaloux de ses prospérités, le rap-pella dans fa cour ; mais les légions accou-tumées à vaincre fous ce guerrier philoso-phe , ne purent' consentir à son départ, &pour mieux se l’attacher , elles le proclamè-rent Auguste. Confiance , pour étouffercette rébellion , leve une puissante armée,& précipitant su marche, il essuya tant defatigues , qu’il fut attaqué d’une maladie au-près du Mont-Taurus. Sentant fa fin appro-cher , il se fit conférer le baptême par unévêque Arien , dont il avoit toujours favo-risé la secte. II mourut dans la quarante-cin-qjuieme année de son âge , dont il en avoitrégné vingt-quatre. Son zele pour l’arianif-me , & la persécution contre les 'évêques &Jes prêtres catholiques, rendront toujoursfa mémoire odieuse. C’étoit un prince mé-diocre & de peu de talens. ( L-/V )

C O N 12Z

CONSTANS , vents confiant ,• font lesvents qui soufflent toujours suivant unemême direction , ou dont le cours fuit uneloi constante , & a des périodes réglées :tels font les vents alifés & les moussons.Voye\ Alise & Moussons. (O)CONSTANT , FERME , INEBRAN-LABLE , INFLEXIBLE : ces mots dési-gnent en général la qualité d’une ame queles circonstances ne font point changer dedisposition. Les trois derniers ajoutent aupremier une idée de courage , avec cesnuances différentes, que ferme désigne, uncourage qui ne s’abat point inébranlableun courage qui résiste aux obstacles , & in-flexible un courage qui ne s’amollit point.Un homme de bien est confiant dans l’ami-tié, ferme dans les malheurs ; & lorfqu’ils’agit de la justice , inébranlable aux mena-ces & inflexible aux prières. ( O)

CONSTANT I, {Hifl. du Bas-Empire}fils du grand Constantin, fut appellé â l’em-pire conjointement avec ses deux frétés,Constance &. le jeune Constantin. Les troisprinces ' s’astemblerent dans la Pannonie ,pour partager une fi riche succession. •Conf-■tant qui étoit le plus jeune , eut l’Italie tla Macédoine , la Grece , l’Illyrie & l’Afri-que. Dès qu’il fut revêtu du pouvoir souve-rain, il se livra à ses penchans pour les plai-sirs. Jeune présomptueux , il se croyoit leplus grand capitaine de son siécle , parcequ’il réussissait dans tous les exercices mili-taires , &’qu’il* étoit adroit à tirer de Tare& à lancer un javelot. L’encens de ses flat-teurs acheva de corrompre fa raison. Quoi-que plongé dans les voluptés, fa foi n’en futni moins vive , ni moins pure. II fe déclarale défenseur de I’ortodoxie , & fut le fléaudes payens & des hérétiques. Les ministresde l’autel furent comblés de biens & d’hon-neurs ; les sacrifices payens furent défen-dus. Ses offrandes enrichirent les églises ; ilfit fermer les temples de l’idolâtrie r mais ildéfendit de les détruire, parce qu’ils em—bellistoient Rome , & qu’ils occasionnoientdes jeux & des fêtes, où le peuple trouvoicle délassement de ses fatigues. Ce prince ,protecteur de la religion , la déshonoroitpar ses débauches. II vivoit au milieu d’unetroupe de jeunes efféminés qu’il choisisiòitparmi les otages, ou qu’il faisoit achetgç