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peau qui couvroit les cornes , & ces vais-seaux sont enfilés & tendus pat Paffluenceperpétuelle du sang qui y aborde, de lamême maniéré qu’on volt au dedans ducrâne des filions tracés par les vaisseauxde la dure-mere. Aux animaux dont lescornes ne tombent pas , P apophyse dePos du front qui sert de premiere baseà la corne , & le péricrane qui la couvre,croistènt & font croître la corne par plu-sieurs couches qui s'appliquent les unesaux autres , & qui forment une croûte.
L’ingénieux & industrieux Malpighi ale premier dévoilé , avant l’année 1675 ,
( voy. ses epitres , p. 21. ) Porigine ,l’accroilfement , & la structure de la cornedes animaux : ensuite Pillustre du Verneyexposa le même méchanisme dans une lettreécrire à M. le P. Cousin , insérée dansle Journal des savants du 3 Mai 1689, &c’est aussi d’après leurs principes qu’onpeut expliquer la formation de ces excrois-sances qu’on voit naître quelquefois encertains endroits du corps de l’homme , &que l’on appelle improprement des cornes.
De ces excroissances , on en a fait danstous les temps des cornes de bélier , blan-ches, grises, noires,de toutes sortes de lon-gueurs & de figure monstrueuse;car qu’est-ceque Pamourdu merveilleux n’a pas enfanté ?qu’est-ce que la crédulité n’a pas adopté ?Si l’on en croit quelques écrivains, l’ima-gination feule a même produit des cornes ;témoin Phistoire que fait Vaîere Maxime( lib. V. ch. vj. ') du préteur Cippus, quipour avoir assisté le jour avec grande affec-tion au combat des taureaux , & avoir euen songe toute la nuit des cornes en tête,les produisit bientôt sur son front parla force de son imagination. Nos auteursmodernes ne font pas exempts de contesde cette efpece.
Ce qu’il y a de vrai , quoique le cassoit encore fort rare , c’est qu’il vientquelquefois dans quelques parties du corps,fur le front par exemple , une excroissanceou élévation longue , dure , ronde &pointue- , qui restemble à une corne. Lecas le plus singulier de cette difformité ,est celui d'un paysan , dont parlent noshistoriens , & Mézeray en particulier.Au pays du Maine , dit—il, en l’année
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1599 , il se trouva un paysan nommeFrançois Trouillu , âgé de 35 ans , por-tant à la tête une corne qui avoit percédès Page de sept ans. Elle étoit canneléeen lignes droites, tk se rabattoit en dedanscomme pour rentrer dans le crâne. . ..Ce paysan s’ctoit retiré dans les bois pourcacher cette difformité monstrueuse , &
y travailloit aux charbonnières.Un
jour que le maréchal de Lavardin alloità la chaste , ses gens ayant vu ce paysanqui s’enfoyoit coururent après : & com-me il ne se découvroit point pour saluerleur maître , ils lui arrachèrent son bon-net , & ainsi apperçurent cette corne. Lemaréchal fit venir cet homme à la cour,le présenta à Henri IV , & il fut donnéen spectacle dans Paris à tout le monde.Désespéré de se voir promener commeun ours' , il en conçut tant de chagrinqu’il en mourut bientôt après.
M. de Thou , qui a été témoin de cefait, ajoute ( liv. CXXIII. ) que cettecorne placée au côté droit du front, s’é-tendoit en se recourbant vers le côté gau-che , de forte que la pointe retombaitfur le crâne & Pauroit blessé si on ne Peutcoupée de temps en temps ; alors il restën-toit de grandes douleurs , comme austìlorsque les spectateurs la touchoient unpeu rudement. On éprouve de même lesdouleurs les plus vives lorsque l’ongled’un des doigts du pié en se recourbantrentre dans la chair.
II paroît assez que toutes ces sortesd’excroistàncss ont la même origine &ne sont que des productions des ma-melons de la peau. On pourroit, suivantles apparences , prévenir de telles diffor-mités dans le commencement ; car com-me estes s’annoncent d’abord par unepetite grosseur qui lait soulever la peau,& qui résiste au toucher , en frottantsouvent cette grosseur avec de l’esprit-de-sel , la racine de l’excroistànce sedestécheroit & tomberoit d’elle-même.
Les auteurs d’obiervations rapportentdivers exemples de ces fortes décrois-sances connues , nées aux extrémités desorteils & des doigts, & en effet leurstructure & celle des ongles ont ensem-ble beaucoup d’affinité ; cependant il fàut