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expéditîve , comme celle qui doit être lameilleure.
On n’a déja que trop éprouve en plusieursprovinces, qu’une corvée languissante étoitun fardeau immense sur les particuliers, &une servitude dans l’état, qui fans pro-duire le fruit que l’on avoit en vue , fa-tiguoit fans ceílè les peuples, & gênoitpendant un grand nombre d’années la li-berté civile des citoyens. II suffit , pouren être plus convaincu, de joindre à unpeu d’expérience , quelques í'entimens decommisération pour les peuples. II ne s’a-git donc que de chercher quelle est la mé-thode qui répond le mieux à ces princi-pes, premièrement pour la distribution & laconduite des travaux, & ensuite pour lapolice avec laquelle on doit régir les tra-vailleurs.
De la conduite & distribution des tra-vaux. Toutes les actions des hommes ontun mobile ; largeur & l’intérêt font ceuxqui les conduisent aux travaux , mais cefont des mobiles dont les corvées fontprivées ; il a fallu y en substituer d’autrespour tenir lieu de ceux-là. Ceux qui ontété réconnus devoir être employés, fontles tâches que l’on donne & qu’il faut in-dispeníablement donner aux corvoyeurs ;on a vu que c’étoit l’unique moyen de lesintéresser au progrès de l’ouvrage , & deles engager à travailler d’eux-mémes avecdiligence pour se décharger promptementdu fardeau qui leur étoit imposé. Cestâches font ordinairement naître une te îleémulation au milieu d’un attelier íi ingratpour celui qui y travaille, qu’il y a eudes corvées fi bien conduites, que leurprogrès l’emportoit même fur celui destravaux à prix d’argent.
On peut distribuer ces tâches de diffé-rentes maniérés , & c’est le choix quel’on en doit faire qu’on aura ici particu-lièrement en vue ; parce que l’on doit en-core se servir de ce moyen avec quelquesréserves, la distribution de tout un ouvra-ge public en plusieurs ouvrages particulierspouvant quelquefois fe faire de telle forte,qu’au lieu d’y trouver l’avantage que l’ony cherche, l’ouvrage public languit & dé-généré , parce qu’il change trop de nature.
Un esprit d’équité q-u’on ne saurcit tropTome IX.
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louer , joint à l’habitude que l’on a de voirles tailles & les impositions annuelles ré-parties fur les communautés & réglées pourchaque particulier, est ce qui a fait fansdoute regarder les travaux publics commeune autre forte de taille que l’on pou-voir diviser en autant de portions qu’il yavoit d’hommes dans les communautés,fur lesquelles le tout étoit imposé. Rienne paroît en effet plus naturel, plus simple,& en même temps plus juste que cette idée;cependant elle ne répond point du toutdans l’exécution, au principe de faire leplus d’ouvrage possible dans le moins detemps poJJìbLe , 6 c de plus elle entraînedes inconvéniens de toute espece.
11 suffiroit pour s’en convaincre de con-sidérer l’état de la route de Tours au Châ-teau-du-Loir ; cette route a été commen-cée il y a quinze à dix-huit ans, par con-séquent long-temps avant l’arrivée de M.l’ir.-tendant & de M. Bayeux dans cettegénéralité ; elle a été divisée en plusieursmilliers de tâches, qui ont été répartiesfur tous les particuliers : néanmoins cen’est encore aujourd’hui qu’avec millepeines qu’on en peut atteindre la fin. Ona dû penser vraisemblablement dans le com-mencement de cette route, que par unevoie simple & si équitable en apparence,chaque particulier pouvant aisément rem-plir en trois ou quatre ans au plus la tâchequi lui étoit donnée, la communication deces deux villes devoit être libre & ouvertedans ce même terme ; puis donc que l’exé-cution a si peu répondu au projet, il estbon d’examiner de près ce genre de tra-vail , pour voir s’il n’y a point quelquevice caché dans la méthode qui le con-duit.
II semble au premier coup d’œil que ledéfaut le plus considérable, & celui duqueítous les autres font dérivés , est d’avoirtotalement fait changer de nature à unouvrage public , en le décomposant à l’in-sini , pour n’en faire qu’une multitude fansnombre d’ouvrages particuliers ; d’avoirpar - là trop divisé l’intérêt commun , &rendu la conduite de ces travaux d’unedifficulté étonnante Lt même insurmon-table.
Un seul ouvrage, quoique considérableC c c c