COR
âe l’autorité publique , si ces travaux setrouvent dans une telle situation ; ils n’ontmême été peut-être que trop multipliés ;les bureaux qui en font occupés & qui en-trent clans les plus petits détails de cettepartie , en font surchargés & même re-butés depuis long-temps : mais malgré lafagellê de ces réglemens, & quel que soitleur nombre , ce n’est pas la quantité des1 oix & les écritures qui conviennent pourle progrès des travaux , mais plutôt desloix vivantes à la tête des travailleurs ; &pour cela il me paroît qu’il faut donc lesréunir , afin qu'ils soient tous à portée devoir la main qui les conduit, & afin qu’ilssentent plus vivement l’impreífxon de l’amequi les fait mouvoir.
L’intention des ordonnances est dansle fond que tous les particuliers ayent àse rendre au reçu defdits ordres ou aujour indiqué fur les atteliers , pour y rem-plir chacun leur objet ; mais c’est en celamême que consiste ce vice qui corrompttoutel’harmonie des travaux, puisque s’ilsy vont tous, on ne pourra les conduire ,& que , s’ils n’y vont pas , on ne pourra lespunir d’une façon convenable.
La voie de la prison , qui feroit lameilleure , ne peut être admise, parcequ’ily a trop de réfractaires , & chaque parti-culier ne répondant que pour fa tâche , ilfaudroit autant de cavaliers de maréchaus-sée qu’il y a de réfractaires. La voie desgarnisons est toujours insuffisante , quoi-qu’elîe ait été employée une infinité defois ; elle fe termine par douze ou quinzefrancs de frais, que l’on répartit avec laplus grande précision fur toute la commu-nauté rébelle , en forte que chaque parti-culier en est ordinairement quitte pourtrois, íìx, neuf, douze, ou quinze fous:cr quel est celui qui n’aime mieux payerune amende si modique pour six semainesou deux mois de désobéissance , que dedonner cinq à six jours de son tempspour finir entièrement fa tâche ? aussi font-ils devenus généralement insensibles à cettepunition , si c’en est une , & aux ordon-nances réglées des faisons. On n’a jamaisvu plus d’ouvriers fur les travaux aprèsîes garnisons , jamais plus de monde furles routes da is la huitaine ou quinzaine
COR 571
après l’indication du jour de \s corvée qu’au-paravant ; on ne reconnoît la saison dutravail que par deux ou trois corvoyeursque l’on rencontre par fois , & par lesplaintes qui fe renouvellent dans les cam-pagnes fur les embarras qu’entraînent lescorvées & les chemins. •
11 n’est pas même jufqu’à la façon donttravaillent le peu de corvoyeurs qui ferendent chacun fur leur partie , qui nedécouvre les défauts de cette méthode ;l’un fait son trou d’un côté , un autre vafaire fa petite butte ailleurs , ce qui rendtout le corps de l’ouvrage d’une difformitémonstrueuse : c’est sur-rout un coup d’ceildes plus singuliers, de voir au long de laroute, auprès de tous les ponceaux &c aque-ducs qui ont demandé des remblais ,cette multitude de petites cases séparéesou isolées les unes des autres , que cha-que corvoyeur a été faire depuis le tempsqu’on travaille fur cette route , dans leschamps & dans les prairies , pour en tirerla toise ou la demi-toife de remblai doncil étoit tenu par le rôle général. Une mé-thode aussi singulière de travailler nefrappe-t-elle pas tout inspecteur un peuversé dans la connoistànce des travauxpublics, pour lesquels on doit réunir tousles bras, & non les diviser ? On ne dé-sunit point de même les moyens de ladéfense d’un état ; on n’affigne point àchaque particulier un coin de la frontièreà garder , ou un ennemi à terrastbr : maison assemble en corps ceux qui font desti-nés à ce service , leur union les rendplus forts ; on exerce fur un grand corpsune discipline que l’on ne peut exercersur des particuliers disperses , une feuleame fait remuer cent mille bras, U endoit être ainsi des ouvrages publics quiintéressent ton t l’état, ou a n moins touteune province. Un seul homme peut pré-sider fur uti seul ouvrage cù il aura cinqcents ouvriers réunis , mais il ne pourrasuffire pour cinq cents ouvrages épars , oùfur chacun il n’y aura néanmoins qu’un seulhomme. II ne convient donc point dediviser cet ouvrage ; & la méthode departager une route emie e entre des par-ticuliers, con m>-u e taille, ne peut con-venir tout au plus qu’à l’entrctien des rou-C c e c %