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quelque temps. II y a fur cette routedeux parties beaucoup plus difficiles queles autres à traiter par la quantité de dé-blais , de remblais , de roches , & debancs de pierre qu’ií faudra démolir sui-vant des pentes réglées , & nécessaire-ment avec les forces réunies de plusieurscommunautés ; l’un de ces endroits estcette grande vallée auprès de Villedôme ,qu’il faut descendre & remonter, l’autreest la montagne de Château-Renault. Cesdeux parties , par où il conviendra decommencer parce qu’e.les seront les plusdifficiles , demanderont la plus grandeassiduité de la part des inspecteurs, & leconcours d’un grand nombre de travail-leurs & de voitures, afin que ces grandsmorceaux d’ouvrage puissent être terminésdans deux ou trois faisons au plus, fansquoi il est presque évident qu’ií s ne serontpoint faits en trente années, íi on divisela masse des déblais & des remblais enautant de portions qu’il y aura de parti-culiers : puis donc que la corvée ., fur leton de la taille , est défectueuse en elle—même par-tout, & ne convient pointparticulièrement aux endroits les plus diffi-ciles & les plus considérables des ouvra-ges publics, il convient présentement dechercher une réglé générale qui soit cons-tante & uniforme pour tous les lieux &pour toutes les natures d’ouvrage.
On ne proposera ici que ce qui a parurépondre au principe de faire le plusd’ouvrage possible dans le moins de tempspossible , & l’on n’avancera rien qui n’aitété exécuté sur de très-grands travaux avecle plus grand succès & à la satisfactiondes supérieurs ; cependant comme il peutarriver que la situation & l’économie desprovinces soient différentes, & que legénie & le caractère des unes ne répondentpas toujours au génie & au caractère desautres, l’on soumet d’avance tout ce que! on exposera aux lumières & aux comtois*sauces des supérieurs.
If acte de la corvée n’étant pas un acte-libre , c’est dans notre gouvernement unedes choses dont il paroît par conséquentque la conduite & les réglemens doivent être simples & la police breve &militaire. Un acte de cette nature ne sup-
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porte point non plus une justice minu-tieuse , comme tous les autres actes quiont directement pour objet la liberté civile& la sûreté des citoyens. La conduite endoit être d’autant plus simple , que l’onne peut préposer pour y veiller qu’untrès-petit nombre de personnes, & lapolice en doit être d’autar.t plus concise ,qu’il faut que ces ouvrages soient exécu-tés dans le moins de temps possible , pourn’en point tenir le fardeau fur les peu-ples pendant un grand nombre d’années.
La véritable occupation d’un inspecteurchargé d’un travail public , est de résidersur son ouvrage, d’y être plus souventle piquet d’une main pour tracer , & l’au-tre main libre pour poster les travailleurs& les conduire fans qu’ils se nuisent lesuns aux autres, que d’avoir une plumeentre les doigts pour tenir bureau aumilieu d’un ouvrage qui ne demande quedes yeux & de Faction,-
Suivant ces principes , il ne me paroîtpas convenable d’entreprendre en entierj & à la fois la construction de toute une
■ route ; les travailleurs y seroient tropI dispersés,, chaque partie ne pourroît êtrej qu’imparfaitement faite : l’infpecteur, obli-
■ gé de les aller chercher les uns après les: autres, passeroit tout son temps en tranf-jport.de sa personne & en courses, cej qui multiplieroit extrêmement les instans; perdus pour lui & pour les travailleursj qui ne font rien en son absence , ou qyi
ne font rien de bien. 11 devient doncindispensable de n’entreprendre toute uneroute que parties à parties , en commen-çant toujours par celles qui font les plusdifficiles & les plus urgentes , & en réu-nifiant à cette fin les forces de toutes lescommunautés chargées de la construction.On ne doit former qu’un ou deux atteliers-au plus , fur chacun deíquels un inspec-teur doit faire fa résidence. Les com-munautés y feront appellées par détache-mens de chacune d’elles, qui se relève-ront toutes de semaines en semaines ; cesdétachemens travailleront en corps, maisù chacun d’eux il sera assigné une tâchecarticuliere, qui sera déterminée suivanta quantité des jours qu’on leur deman-dera , fur la force du détachement, dont