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Tome neuvième.
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là la leur rendre plus à charge & plusinsupportable. Et comment ne leur se-roit-elle pas à charge , puisque pour ceuxmêmes qui les conduisent, ces détails nepeuvent être que pénibles & laborieux ?ces ordonnances menent nécessairementà un détail infini ; elles deviennent unepépiniere immense d’états, de rôles, &de bien d’autres ordonnances qui en ré-sultent. Autant d’ordonnances , autantensuite de diverses branches de réfrac-taires qui pullulent de jour en jour. Uneordonnance pour cent toises de pierre n’enproduit que quatre-vingts; une ordon-nance pour deux cents toises de fossés,n’en produit que cent soixante , autant ilen arrive pour les déblais & pour les rem-blais : on est ensuite obligé de recourirà des supplémens & à de nouvelles im-positions qu’il faut encore faire & répartirfur le général : & tout ceci est inévita-ble , non-seulement parce qu’il y a autantde petites fraudes qu’il y a de particuliers& de différents objets dans leurs tâches,mais encore parce que cette méthode nepouvant manquer d’entraîner des longueurs,& demandant un nombre d’années consi-dérable pour une entiere exécution , ily a fans cesse des absents, dans les com-munautés , il y arrive un grand nombrede morts, il fe fait de nouveaux privilé-giés & des insolvables.

De l’expérience de tant d’inconvéniens,il en résulte ce me semble que les ordon-nances pour les corvées doivent se bornerà demander des jours, & que l’emploide ces jours doit être laissé à la directiondes inspecteurs qui conduisent les ouvra-ges , pour qu’il s les appliquent suivant letemps & le lieu qui varient suivant leprogrès des travaux. Si les détachemensfont au nombre de cinquante , il ne fautle premier jour de la semaine qu’unedemi-matinée au plus, pour leur donnerâ chacun une tâche convenable. Les appelsfe font par brigade le soir & le matin ;on commence à cinq heures le matin ,on finit à sept le soir ; l’heure des repas& du repos est réglée comme fur les ou-vrages à prix d’argent. Dans tout ce quij:eut intervenir chaque jour &c chaquejaûant, l’inspecteur ne doit viser qu’au

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grand dans le détail, & éviter toutes leslanguissantes minuties. Sa principale at-tention est , comme j’ai dit, de mettre& de maintenir l’harmonie dans tous lesmouvemens de ces bras réunis.

Les différents conducteurs dont il fesert peuvent eux-mêmes y devenir très-ìntelíigents ; ces ouvrages seuls font capa-bles d’en former d’exce lents pour la con-duite de travaux de moindre importance.II n’en est pas de même des corvées tari-fées , les conducteurs qu’on y trouve n’or.tpas même l’idée d’un ouvrage public ; ilsne font que marcher du matin au soir,ils courent quatre lieues pour enregistrerune demi-toise de pierre , qui sera peut-être volée le lendemain , comme il arrivesouvent, & ils font ensuite deux ou troisautres lieues pour trois ou quatre toises defoliés ou quelques quarts de remblais ; ilsfont devenus excellents piétons & grandsmarcheurs, mais ils seroient incapables,quoiqu’ils soient employés depuis bien dutemps, de conduire un attelier de vingt hom-mes réunis, & de leur tracer de l’ouvrage.

La simplicité de l’autre méthode n’apas besoin d'être plus développée, quant àprésent, pour être conçue ; paflons à lamaniéré d’administrer la police fur lescorvoyeurs de ces grands attclieïs, pourles contraindre quand ils refusent de venirsur les travaux, peur les maintenir dansle bon ordre quand ils y font, & pourpunir les querelleurs, les déserteurs, &c.

C'est une question qui a souvent étédiscutée , si cette police deveit être exer-cée par les inspecteurs , ou si l'autoritépublique devoit toujours s’en réserver lesoin. Pour définir & limiter l’étendue deleur resiòrt , il paroît que c’est la naturemême de la chose sur laquelle réside laportion d’autorité qui leur est confiée ,qui en doit déterminer & régler 1 éten-due ; ainsi on n’a qu’à appliquer ce prin-cipe à la police particulière que les cor-vées demandent , pour savoir jusqu’à quelpoint Pautorité publique doit en prendreelle-même le détail , & où elle peut en-suite s’en rapporter aux inspecteurs qu ellea cru capables de les conduire , & qu’ellen’a choisi qu’a cette fin.

Les travailleurs dont on fe sert darL