Band 
Tome neuvième.
Seite
594
JPEG-Download
 

594 C O S

ou les éloigner davantage de celles dont ellesétoientdéja éloignées par I’autre bout opposéà celui qu’on rapproche ; l’artdu Philosopheconsiste à ajouter de nouveaux chaînonsaux parties séparées , atin de les rendrele moins distantes qu’il est postlble : maisil ne doit pas se natter qu’il ne resterapoint toujours de vuides en beaucoup d’en-droits. Pour former les chaînons dont nousparlons, il faut avoir égard à deux cho-ses ; aux faits observés qui forment la ma-tière des chaînons, & aux loix généralesde la Nature qui en forment le lien. P ap-pelle loix générales , celles qui parodients'observer dans un grand nombre de phé-nomènes; car je me garde bien de diredans tous. Telles font les loix du mou-vement, qui font une fuite de l'impéné-trabilité des corps, & la source de plu-sieurs des effets que nous observons dansla Nature. Figure & mouvement ( j’entensle mouvement qui vient de lïmpulíion, )voilà une grande partie des principes furlesquels roule la Cosmologie. Il ne fautpas s’en écarter fans nécessité , mais auffiil ne faut pas trop affirmer qu’ils soientles leuls : nous ne connoistons pas tousles faits, comment pourrions-nous doncassurer qu’ils s’expliqueront tous par unefeule & unique loi ? cette assertion fe-roit d’autant plus téméraire , que parmiles saies mêmes que nous connoistons,i! en est que les loix de Fimpulíion n’ontpu expliquer jusqu’auiourd'hui. V~oye? {ATTRACTION. Peut-être y parviendra-t-on un jour : mais en attendant cettegrande découverte , suspendons notre ju-geaient fur l’ur.iverfalité de ces loix. Peut-être ( & cela est du moins auffi vraisem-blable ) y a-t-ii une loi générale qui nousest & qui nous fera toujours inconnue,dont nous ne voyons que les conséquen-ces particulières, obscures, & limitées ;conséquences que nous ne laissons pas d’ap-peller loix générales. Ceue conjecture esttrèsK onforme à 1 idée que nous devonsnous former de f unité & de la simplicitéde la Nature. Voye^ Nature. A u restesi nous réfléchissons íur la foiblesse de no-tre esprit, nous serons plus étonnés en-core de ce qu’il a découvert, que de cegui lui reste caché,

6 0 8

s Mais Puti'ité principale que nous de~; vons retirer de la Cosmologie , c’est de: nous élever par les loix générales de la

> Nature, à la connoiísance de son auteur,: dont la sagesse a établi ces loix , nous

> en a laisté voir ce qu’il nous étoit r,é-l cessaire d’en connoître pour notre utilité

• ou pour notre amusement, & nous a; caché 1s reste pour nous apprendre à dou-

• ter. Ainsi la Cosmologie est la science du

• Monde ou de l’Univers considéré en gé-; néral, entant qu’il est un être composé,

& pourtant simple par P union & l'barma-nie de ses parties ; un tout, qui est gou-verné par une intelligence suprême , &dont les ressorts font combinés, mis enjeu , & modistes par cette intelligence.

" Avant M. Wolf, dit M. Formey dansn un article qu’il nous a communiqué , ce» nom étoit inconnu dans les écoles, xt'efì-33 à-dire, qu’il n’y avoir aucune partie3i distincte du coups de Philosophie qui3> fût ainsi appellée. Aucun métaphysicien33 ne sembloit même avoir pensé à cette« partie, & tant d’énormes volumes écritsn fur la Métaphysique, ne disoient rien3i sur la Cosmologie. Enfin M. Wolf nous» a donné un ouvrage fous ce titre : Cos-33 mologia générait s , methodo scientijicai> pertraclata , quâ ads'.tlidam , imprimisn Del atque natunv , cognitionera vian fternitur. Franco/. Ú Lips. in-às. 1731,31 11 y en a eu une nouvelle édition en11 1737. II donna cet ouvrage immédia-» tement après POntologie , & comme la11 seconde partie de sa métaphysique, parcen qu’il y établit des principes , qui lui» servent dans la Théologie naturelle à« démontrer l’existence & les attributs de» Dieu par la contingence de l’Uni vers» & par l’ordre de la Nature. 11 Tap-11 pelle Cosmologie générale ou transcen-3i dame , parce qu’elie ne renferme qu’une>1 théorie abstraite , qui est , par rapport à11 la Physique, ce qu’est POntologie à Pégará>1 du reste de la Philosophie.

11 Les notions de cette science se déri->1 vent de POntologie ; car il s’agit d’ap-11 pliquer au Monde la théorie générale11 de Pêtre & de l’être composé. A cetten considération du Monde, à priori , on;i joint le secours des observations ôc de