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vient du Levant. On le distingue en cotonde terre & en coton de_ mer ; celui deterre se recueille en plusieurs endroits dela Natolie. Le bon coton en généra! doitêtre blanc, bien net , dépouillé de fa co-que, & ferré ; ce font ces qualités qu’onreconnoît à celui de la Natolie. Le cotonde mer vient de Salonique , des Darda-nelles , de Gallipolis , d’Enos , &c. iln’est pas en général austì ferré que celuide terre.
Toute terre n’est pas bonne pour lecotonnier; il importe beaucoup de la savoirbien choisir : les terres trop fortes l’étouf-fent, celles qui font légeres & sablon-neuses ne lui fournifíent pas assez desubstance , & il ne vient guere sur lesmontagnes , ni dans les vallons. La pré-paration de la graine n’intéresse pas moinsque le choix du terrain où l'on doit lasemer. Lorfqu’on veut y procéder on en-veloppe chaque graine dans du coton , onétend ces petits ballons fur une aire , onles couvre d’un peu de terre qu’on arroselégèrement, on les roule entre les mainspour leur donner plus de consistance ; &lorfqu’elles font ainsi préparées , on lesfeme comme le bled , mais en plus petitequantité , parce que les graines s’étousse-roient les unes les autres si elles étoientsemées trop près : dès qu’on les a jettées enterre, on retourne les sillons, de forteque la graine fe trouve à un demi-pié fousterre. Lorfqu’on feme dans un temps plu-vieux , une très-grande partse de la semencepourrit, c’estpourquoi on choisit pour cetteopération le temps le plus sec , & on necommence à semer qu’au mois d’avril ; aumois de juillet on en arrache les mauvaisesherbes avec une petite pioche, & oncoupe le bout des tiges prématurées, quiont quelquefois plus d’un pié de haut dansles premiers jours d’août : lorfqu’on veutavoir des plantes bien nourries, il estabsolument nécessaire de prendre cetteprécaution.
Les feuilles du cotonnier font à-peu-prèsde la grandeur de celles de la vigne > &chaque tige porte une ou plusieurs goussesvertes qui succèdent à une sieur blanche,& qui s’ouvrent en quatre lorfqu’elles foutparvenues à leur maturité. On les cueilleTome IX.
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tous les matins dans le mois de septem-bre ; plus il y a de rosée & d’humidité ,plus aisément on retire le coton pur &net de la gonfle : à moins que des pluiesabondantes ne forcent à accélérer la ré-colté , elle dure ordinairement un mois ,& on profite pour lors des moindres rayonsdu soleil pour faire sur un arbre en parti-culier ce que l’intempérie de la saison nepermet pas de faire dans les champs. Cecoton n’est jamais auíli beau qu’iî devroitl’étre , parce que les automnes pluvieusesle rendent jaunâtre ; on a même de lapeine à le retirer de la coque ; il est auíliplus pesant, & gar conséquent moins bonà la vente. On donne toujours la préfé-rence aux gousses qu’on cueille les deuxpremiers jours de beau temps ; le resteest d’une qualité inférieure ; il y en amême dont il n’est pas possible de tireraucun parti.
La même terre ne produit point de co-ton deux années de fuite ; on y met à laplace du bled ou de forge ; il y a mêmedes cultivateurs qui les laissent en jachère,parce que l’expérience leur a appris quela terre qu’ils ont laissé chommer un anleur rapporte une récolte plus abondanted’un tiers.
Lorsque le coton est récolté , les unsle portent au marché dans fa coque telqu’ils font ramassé ; les autres rompentla gousse , arrachent la pellicule verdâtrequi 1 enveloppe ; & pour ne pas confon-dre les qualités, ils les séparent dans dif-férents paniers, ou fur des linges étenduspar terre , & on a foin de n'y laisser nifeuilles ni débris de gousse lorfqu’ils leportent au moulin dont on a parlé plushaut.
Après avoir réservé la plus grosse grainepour la semence , le reste sert à engrais-ser en peu de temps les bêtes à cornes quis’en nourrissent volontiers. Nos terres fe-rment propres à être ensemencées en co-ton , & cette plante y viendroit très-bien ;mais comme la moindre récolte de bleddonne un tiers plus de profit que la récoltede coton la plus abondante , il n’est pasmoins intéressant pour le particulier quepour fétatde ne pas s’adonner à une culturequi n’est bonne que pour certains pays.
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