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Tome neuvième.
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Ceux qui achetent les cotons en balles,doivent prendre garde qu’ils n’ayent étémouillés , l’humidité étant très-contraireà cette forte de marchandise. Une super-cherie dont il faut aussi se méfier, c’estqu'on mêle ensemble des cotons de plu-íieurs qualités différentes. _

On emploie tous les foins possibles pourle coton que l’on destine à faire des mous-selines fines : on commence par le peigneravec des cardes pour séparer les uns desautres les filamens& les disposer selonleur longueur , sans les plier, les rompre ,ni les tourmenter par des mouvemens troprépétés ; fans cette précaution il devien-aroit mou , plein de nœuds & souventmême inutile : c’est cette premiere opé-ration bien faite qui conduit les ouvragesen coton à leur plus grande perfection.Pour peigner le coton de la forte , onfait usage de deux cardes que l’on faitpaífer l’une fur l’autre , l’une plus grande& l’autre plus petite. Quand la petitecarde a recueilli tout le coton de la gran-de , fans le plier ni le rompre , les fila-mens qui le composent auront tous étéséparés les uns des autres dans le courantde cette opération, & le coton fera enétat d’être filé.

Les cardes dont on se sert pour le coton,ne diffèrent presque de celles dont on sesert pour carder les laines fines, qu’en cequ’elìes font plus petites & différemmentmontées ; ce font des pointes de fil defer, peu aiguës, coudées & palfées parcouple dans une peau de basane : ces car-des ont un pouce de largeur fur huit de.longueur : la petite planche, qui sert demonture est plate d’un côté & bombée del’autre sur sa largeur. On attache la carde,sur un bout de planchette du côté bombé ,les pointes courbes disposées vers la gau-che , laissant au dessous de la partie qu’el-les occupent quelques pouces de bois pourservir de poignée : le bombé de la plan-chette fait séparer les pointes r ce quidonne au coton plus de. facilité pour yentrer & pour en sortir..

Ce qu’on nomme quenouilles n’est au-tre chose que les cardes mêmes. On faitpaster le coton de la petite carde fur lagrande , Rattachant principalement à l’y

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distribuer également & légèrement. Lecoton ainsi disposé sur la carde est si facileà filer, que la manœuvre du filage devientune espece de devidage.

Les Levantins arçonnent leur cotonavant de le filer : & nous le cardons parceque nous prétendons que l’arçon en briseles brins au lieu de les démêler & de lesétendre ; que le fil s’en forme avec plusde peine , & qu’il est plus inégal ; quel’arçon prépare moins bien le coton quivient de nos îles que la carde angloise.Quoique cet usage ait fait une espece depréjugé en faveur de notre procédé , il estsur que les connoiílèurs donneront toujoursla préférence à l’arçon..,

A supposer que le coton des îles perdequelque chose à être arçonné , & que sesbrins en soient moins longs , on est biendédommagé de cette perte par F opérationde i’arçonnage qui est plus expéditive &moins coûteuse, parce qu’un arçonneurprépare plus de coton en un jour qu’uncardeur en cinq. En tous cas, on ne doitpoint hésiter à employer l’arçon pour lecoton du Levant en général, sauf à lefaire passer fous la carde quand il seraquestion d’en tirer un fil plus fin & plusuni».

Il y a. des manufacturiers qui donnentla préférence à l’arçon des Maltois furcelui des Orientaux, comme étant d’untravail moins pénible : mais aussi il est in-décis si l’arçon àTOrientale , qui est beau-coup plus long que celui de Malte, n’estpas plus propre à démêler , purger , éten— 'dre 6 c gonfler la plus grande partie du co-ton qu’on nous envoie.

La façon d’arçonner est relative à cha-que pays. Les Chinois arçonnent deboutavec un arçon semblable.à celui des Le-vatins, & suspendu à une groste branchecontre laquelle ils ont le dos appuyé ;cette branche se recourbe sur leur tête endemi-cercle , pour donner à chaque coupde l'élasticité & du jeu à l’arçon; lesGrecs ont un genou en terre ; les Maltoisfont assis ; les Orientaux arçonnent un piéà terre & l’autre fur la table } le genouservant d’anpui au bras qui tient l’arçon,ce qui doit taire donner la préférence àl’arçon fur la carde. II est en de même dess