666 C Ô U
Buffon á vu les bords du quatre fóugese charger de couleur : notre auteur ob-serve sur cela qu’en général le bord d’unefigure qu’on considéré plus long-tempsqu’il ne feroit néceslâire pour la voir re-présentée sur un fond blanc, se teint dela couleur accidentelle du fond sur lequella figure repose. Inexpérience lui a apprisqu’on voit le bord d’un quarté blanc de-venir jaune , si le quarré repose sur unfond bleu ; verd s’il est fur un fond rou-ge ; rougeâtre fur un fond verd , & ainside fuite : cela posé , comme les couleursaccidentelles > quand elles tombent furde réelles , font très-foibles en comparai-son de celles-ci, & qu’outre cela ellesfont luisantes, elles ne font ordinairementd’autres effets que de renforcer un peu lacouleur véritable du bord , & de lui don-ner plus d’éclat. Mais l’ombre étant lacouleur accidentelle du blanc , on doitvoir le bord de la figure se rembrunirquand on la considéré sur du papier blanc.Le P. Seherffer explique au reste ces phé-nomènes par des contractions & des ex-tensions alternatives de l’image qui se for-me fur la rétine lorsqu’on considéré lafigure pendant long-temps, & cette con-jecture nous paroît d’autant plus fondée ,que le bord dont il s’agit est tantôt pluslarge & tantôt plus étroit, & qu’il difpa-roît souvent entièrement.
La seconde circonstance que notre au-teur indique, c’est que, suivant M. deBufíbn , la couleur du quarté devient plusfoible dans Pintérieur de ces bords pluscolorés ; il assure que de son côté il a seu-lement pu voir au commencement la cou-leur de la figure devenir un peu plussombre vers le milieu , & la figure pa-roître ensuite indistincte , & pour ainsidire , nébuleuse , quand il la considéroissur une surface blanche : " je n’ai jamais,n ajoute-t-il, pu remarquer une véritable» blancheur fur des figures colorées ; mais„ quand je regardois des taches blanches,, fur du papier coloré , elles paroiífoient„ légèrement teintes de la couleur du fond» en dedans de leur périphérie, je ne vou-,, drois cependant pas garantir que cela ait» toujours lieu. »
La troisième observation sur laquelle le
COU
I*. Seherffer insiste , c’est que toutes les-fois qu’on a considéré les taches coloréesplus long-temps que de coutume , leurscouleurs accidentelles se voient non-seu-lement sur un fond blanc, mais aussi quanden fermant les yeux on ne regarde rienabsolument ; il trouve ce phénomène dif-ficile à expliquer, & il entre à ce sujetdans des détails trop longs pour pouvoirtrouver place ici, d’autant qu’au fond cene font que des conjectures. Le P. Seherfferinsiste beaucoup fur celle que l’ccil estd’une nature à demander d’étre rafraîchiaprès de fortes impressions de la lumière,non-seulement par le repos , mais austipar la diversité des couleurs , & que ledégoût que nous ressentons en regardantlong-temps la même couleur , ne dérivepas tant de notre inconstance naturelle,que de la constitution même de l’œil.
Ces mêmes conjectures cependant ,combinées avec d’autres, & principale-ment avec les principes que nous avonsexposés , rendent aussi plausibles les ex-plications que notre auteur donne des faits.& des expériences que nous allons sim-plement indiquer. i°. «En considérant,» dit-il, pendant quelque temps un quarté» Blanc fur du papier jaune , & détour—» nant ensuite l’œil à côté sur le jaune ,w je vis le quarré d’un jaune foncé ; maisr> en jettant ensuite les yeux sur du papiern blanc , ce papier me parut bleu avec un» quarré d’un jaune fort sombre, restêm-» blant à un petit nuage qui obscurcisioit le„ papier. »
De même une tache blanche vue surun fond rouge en produit une plus foncéeà côté, & l’on voit ensuite sur une mu-raille blanche une tache d’un rouge foncédans un champ verd.
Les expériences de MM. de Buffon ,Béguelin & aEpinus, & du P. Seherffer,.ne laiíïènt aucun doute que l’ombre d’uncorps fur lequel tombe la lumière du jour,ne soit bleue ; aussi le jaune est-il íà cou-leur accidentelle. Notre auteur a fait surcette ombre les expériences suivantes.
z°. En considérant l’ombre du jour pen-dant long-temps à la lueur d’une lampe, lepapier blanc lui montra une figure sembla-ble , toute de couleur orangée.