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avoir faites, M. Mayer suppose que la dif-férence entre deux couleurs d’un mêmegenre qui diffèrent de moins qu’une douziè-me partie de l’alliage , cesse d’être sensi-ble à nos yeux. Cela veut dire que si parexemple au rouge pur qui fait une destrois couleurs primitives, on mêle unedouzième partie du jaune élémentaire ,cela produira une nuance de rouge que l’œilpeut distinguer du rouge primitif ; que sià ce mélange on continue d’ajouter unpeu de jaune , chaque addition donne fansdoute une nouvelle nuance ; mais ces nuan-ces ne nous paraissent différentes qu’au-tant qu’elles diffèrent entr’elles d’unedouzième partie de la couleur jaune.
A l’aide de cette supposition, le nom-bre total des différentes couleurs est pres-que déterminé touc d’un coup ; & l’on peutreprésenter sous la figure d’un triangletoutes les especes de couleurs qui diffèrententr’elles d’une maniéré à produire unesensation différente sur nous. Le tableauqui fuit, éclaircira cette idée.
A
ir r.
B
” r j 1 b.
C
11 r; 1 j.
D
0 r j i b.
E
lorpbjij.
F
'or J* j.
G
9 r ; 5 b.
H
9r;ib;i j.
I
9r; 'b;i j.
K
9 r; ? j.
L
8 r i 4 b.
M
81; 3bi 1 j.
N
8r;xb; t j.
0
91; i b; z j.
P
8 r; 4 j.
Ùc. &c. &c.
Le périt quarré A représente le ronge pri-mitif pur, & fans aucun mélange; on le con-çoit divisé en dcuze parties égales,comme onconçoit le titre de î’or ou de l’argent fin ;les c/uarrés suivants, B, D , G, L , reoré-sentent les couleurs mixtes qui résultentdu mélangé du rouge primitif avec le bleuprimitif ; ainsi , B contient onze partiesde rouge, & une partie de bleu ; C , dixparties de rouge fur deux parties de bleu ,à c. En prolongeant la colonne des quartes
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A, B, U, G, L , le pénultième quarrécontiendrait par conséquent une partie derouge , & onze parties de bleu ; & ledernier quarré contiendrait le bleu primi-tif tout pur , il ferait désigné par iz b.
Les quartés, C , F , K , P, indiquentles couleurs qui résulteraient par le mémeprocédé du mélange du rouge avec le jauneprimitif; enfin les quarrés , E, H, I, M,N , O, contiennent les couleurs produitespar les différentes combinaisons des troiscouleurs fondamentales.
Par ce procédé, M. Mayer trouve 91 mé-langes différents de ces trois couleurs , quitous ont le même dégré de lumière & devivacité, puisqu’il n’y entre encore niblanc, ni noir. II propose ensuite decombiner de la même maniéré chacunede ces 91 couleurs mixtes séparémentavec le blanc & le noir ; ce qui produi-rait pour chacune 91 nouvelles combi-naisons ; de cette maniéré on aurait 91 ta-bleaux triangulaires , divisés chacun en91 quarrés diversement coloriés, |en forteque toutes les couleurs que l’œil peut dis-tinguer , tant premieres que rompues , fe-raient au nombre de 8281.
M. Lambert, dans les mémoires de l’A-cadémie royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse , pour l’année 1768,page 99 , observe néanmoins très - bienque la méthode de M. Mayer est encoresujette à quelque incertitude. D’abord ,il n’est pas bien décidé de quelle maniéréla proposition du mélange doit être déter-minée ; si c’est fur le poids des couleurs ,ou fur leur volume , qu’on doit l’estimer.Ensuite est-il bien sur que l’intensité descouleurs suive exactement la proportiondes parties de chaque couleur primitive ?Enfin y comment fait - on qu’à l’égard dela clarté & dé Pobscurité les couleursréadmettent que douze nuances sensibles ?
II faut convenir que les triangles co-lorés de M. Mayer feraient d’un grandsecours dans la peinture , & que par leurmoyen les grands Maîtres dans la partie ducoloris pourraient transmettre aux autresleur procédé d’une maniéré plus aisée &plus précise. Mais on se tromperait beau-coup si l’on pensoit que cette notice pûtdonner toutes les réglés du coloris, com-