Band 
Tome neuvième.
Seite
678
JPEG-Download
 

Í78 C O U

me on a celles de la perspective. Un pein-tre pourroic avoir sur sa palette toutesIïs couleurs imaginables , & n’en avoirpas moins une maniéré seche ou froide ;car le coloris chaud & le moelleux résul-tent de différentes causes , que les trianglescolorés n’ameneroient point : par exemple ,de la transparence des couleurs , des tein-tes vierges an milieu des plus forces om-bres , d’une touche habile, &c. Ce quiproduit le plus beau coloris , ce n’est pasprécisément la couleur naturelle de î’objet,c’eít souvent tout autre chose. Eníìn cer-taines couleurs exigent, pour produire uncoloris parfait > des qualités qui semblentn’avoir rien de commun avec la simplecombinaison des cinq couleurs primitives,en y comprenant le blanc & le noir. Eat-on fixé toutes les couleurs possibles, &dans tous les degrés du clair & de l’obf-cur, cela ne feroit encore d’aucun secoursau peintre à Pégard du ton général du co-loris , &: d’autres qualités essentielles quele beau coloris suppose.

II faudroit donc combiner peut-êtrenos 91 triangles, fur autant de différentstons ; mais puifqu’on suppose que lespremieres combinaisons épuisent déja tou-tes les nuances perceptibles , il est évi-dent qu’il y a dans te coloris des proprié-tés qui ne tiennent, ni au mélange descouleurs > ni au degré de lumière. Ellesdépendent fans doute uniquement de lamaniéré de les appliquer , & c’est danscette maniéré que gît le plus grand mystèrede Part de colorier.

Pour porter cet art à des réglés fixes, ilfaudroit donc , i°. exécuter les trianglescolorés de M. Mayer avec la plus grandeexactitude , & les diversifier encore selonles principaux tons des couleurs : z°. re-cueillir avec foin tout ce qti’une étudesoutenue des ouvrages des grands maîtresdans le coloris , & Pexpérience des plushabiles peintres d’aujourd’hui, peut ensei-gner fur la maniéré d’appliquer & de cou-cher les couleurs. Ce feroit-là une en-treprise digne d’une académie de peinture,& sur-tout de celle de Paris , qui a pourmembres les maîtres de Part les plusdistingués.

Un peintre du premier ordre, M, Mçngs,

, COU

dans ses Réflexions fur la heauté & legoût dans la Peinture , a fait une observa-tion sur la beauté des couleurs qui mérited’étre rapportée ici , parce qu’elle peutdonner lieu à un habile artiste d’en tirerdes conséquences très-étendues dans la pra-tique.

Les parties , dit ce grand maître, quiont la beauté la plus complette , font d’uneutilité bien plus bornée dans la peinture,que celles dont la beauté est beaucoup in-férieure. Cela est également vrai à Pégarddes couleurs & à Pégard des figures. Lestrois couleurs parfaites ne peuvent êtreque du jaune , du rouge & du bleu ; &leur perfection ne consiste qu’à s’éloignerégalement de toute autre couleur : lescouleurs rompues au contraire , quoiquemoins belles , admettent divers degrés,selon qu’elles fe rapprochent plus ou moinsde l’une des couleurs primitives; les moin-dres de toutes les couleurs fout cellesqui font composées des trois primitives, &ce font aussi celles qui font les plus utilespar Pimmenfe variété dont elles font sus-ceptibles. Moins donc une couleur est par-faite, plus elle fe diversifie, jusqu’à cequ’enfin ne conservant plus rien de labeauté des primitives , elle ne soit bonneà rien. ( Cet article ejl tiré de la Théoriegénérale des Beaux-Àrts de M<Sulzer .)

Couleurs locales , ( Peinture. )Ce sont les couleurs naturelles des objetsque le peintre veut représenter. Ainsi lerouge , par exemple, est la couleur loca-le de Pendrait 011 le tableau représenteune draperie d’ecarlate. Pour bien com-prendre la théorie des çouleurs loca-les , il faut se rappeller d’abord que lacouleur d’un corps quelconque , n’est au-tre chose que la lumière qui étant tom-bée sur ce corps , en est réfléchie dansl’œil du spectateur. Cette lumière peut va-rier à l’infini, tant par rapport aux degrésde force , qu’à Pégard de ses autres qua-lités. Quand le soleil , dans íà plus grandeforce , darde ses rayons fur un corps, il lindonne une couleur que ce corps n’a paslorsque la lumière du soleil est plus foi-ble ; chaque degré d’intenflté dans la lu-mière solaire , produit une coult ur diffé-rente dans l’objet éclairé , mais tentes cçs