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Tome neuvième.
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cou

routeurs sont d’une même espece. La mêmedraperie d'écarlate paraîtra sous autant decouleurs différentes qu’il y aura de variétédans le jour qui l'éclaire. Ce qui peut déten-dre depuis la lumière directe du soleil le plusvif, jusqu’aux simples reflets de la foiblelumière d’un jour sombre & couvert. Cesera cependant toujours une couleur qu’onnommera d 'écarlate , parce qu’il ne se-rait pas possible de trouver des noms dif-férents pour des nuances qui se diversi-fient à l’infini.

La diversité des couleurs locales , rela-tivement à l’espece de lumière soit directeou réfléchie qui éclaire l’objet , n’est pasmoins grande. Autre est la lumierïTftlaire ,autre celle d’une bougie, autre celled’une lampe , autre celle du ciel azuré. Lalumière elle-même a fa couleur propre oudominante ; elle est en foi, blanche , oujaune, ou rouge , ou bleue , Ainsi lecorps qui la reçoit en prend une teinte ana-logue.

L 1 ne troisième cause qui concourt àdéterminer les couleurs locales , c’est lemélange de lumière de différentes espe-ces. Un objet peut être éclairé à la foispar une lumière rouge , & par une lumièrebleuâtre ; ce concours produit nécessaire-ment une couleur rompue qui différé detoute autre.

Enfin la couleur locale varie selon lanature de l’espace qui est entre le corpscoloré & l’ceil. La lumière d’un soleil le-vant ou couchant est différente de celledu soleil dans son midi, parce que la pre-mière traverse une athmosphere plus char-gee de vapeurs ; un objet vu â travers unverre colore , se présente sous une autrecouleur que celle qu’il aurait étant vu sim-plement au travers de l’air ; & par la mêmeraison sa couleur variera aussi dans l’airseul, selon que cet air sera plus ou moinspur, & que l’éloignement de l’ceil feraplus ou moins considérable , c’est-à-dire,<jue la lumière aura à traverser une massect’air plus ou moins grande , &: plus oumoins dense.

Ainsi , en terme de peinture, la cou-leur locale est la couleur propre de l’ob-|et peint, modifiée & déterminée par tou-íss les circonstances que nous venons de

C O U èjg

rapporter ; & l’harmonie des couleurs ré-sulte de sart de réunir en une feulemastè de lumière les couleurs locales detous les objets particulier, qui entrentdans la composition d’un tableau. Delà il est aisé de voir que sans la scien-ce des couleurs locales on ne saurait par-venir , ni à 1 harmonie des couleurs , nià l’unité du ton , ni pat conséquent àdonner aux objets le relief & la rondeurqui produisent l’ensemble.

Cette science se réduit à deux pointsprincipaux ; l’un que la couleur locale dechaque objet soit vraie , c’est - à - dire ,qu’elle soit conforme à la couleur natu-relle du corps représenté. L’autre qu’elleproduise un bon effet à l’égard d u toutensemble.

Le premier point roule sur la sciencede déterminer les nuances de la couleurqu’on aura choisie , par la nature desjours, & par l’intensité de la lumière.Supposons que le peintre ait trouvé con-venable de revêtir un de ses personnagesd’une draperie de couleur pourpre , il luireste encore à trouver le juste degré decouleur pourpre qu’il doit donner auxendroits éclairés, & à ceux qui tombentdans sombre. Cette question embrasse,comme on le volt, toute la science desreflets, des ombres, & du mélange descouleurs. Mais, comme on considéré prin-cipalement les couleurs locales par rapportà î’effet de l’ensemble , nous ne nous oc-cuperons ici que du second point.

Le second point concerne sart de faireservir les couleurs locales à l’harmonie &au relief de l’ensemble. Nous supposeronsque le peintre a fait s ordonnance de sontableau , & qu’il sa dessiné sur la toile. Ilest présentement occupé à faire un bonchoix de couleurs pour chaque objet enparticulier. Parmi ccs couleurs , il y en aqui font entièrement arbitraires, telles quecelles des draperies. D’autres ne font ar-bitraires que jusqu’à un certain point ,comme la couleur d’un ciel serein , laquel-le ne permet que le choix du plus oumoins clair , du plus ou moins pâle. D’au-tres couleurs enfin n’ont rien d’arbitraire,comme , par exemple , la couleur du gazon,ou celle d’un feuillage déterminé. Par-