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* COUR , ( Hifioire moderne & anc. )c’est toujours le lieu qu’habite un souverain;elle est compose'e des princes, des prin-cesses , des ministres, des grands , & desprincipaux officiers. II n’est donc pas éton-nant que ce soit le centre de la politessed’une nation. La politesiè y subsiste parLégalité où l’extrême grandeur d’un seuly tient tous ceux qui l’environnent, &le goût y est rafiné par un usage conti-nuel des superfluités de la fortune. Entreces superfluités il so rencontre nécessai-rement des productions artificielles de laperfection la plus recherchée. La con-noistànce de cette perfection se répandsur d'autres objets beaucoup plus impor-tants ; elle paílè dans le langage , dansles jugemens , dans les sentimens , dansle maintien, dans les maniérés, dans leton, dans la plaisanterie, dans les ouvra-ges d’esprit , dans la galanterie , dans lesajustemens, dans les mœurs mêmes. J’ose-rois presque assurer qu'il n’y a point d’en-droit où la délicatesse dans les procédéssoit mieux connue , plus rigoureusementobservée par les honnêtes gens, & plusfinement affectée par les courtisans. L'au-teur de I’esprít des loix définit l’air de cour,I’échange de sa grandeur naturelle contreune grandeur empruntée. Quoiqu’il en soitde cette définition , cet air , selon lui,est le vernis séduisant sous lequel so dé-robent l’ambition dans l’oisiveté , la bas-sesse dans l’orgueil , le désir de s’enrichirfans travail , l’averfion pour la vérité , laflatterie , la trahison , la perfidie , l'aban-don de tout engagement, le mépris desdevoirs du citoyen, la crainte de la vertudu prince , P espérance sur ses foiblesses,&c. en un mot la malhonnêteté avec toutson cortege, sous les dehors de l'honnê-teté la plus vraie ; la réalité du vice tou-jours derriere le fantôme de la vertu. Ledéfaut de succès fait seul dans ce paysdonner aux actions le viom qu’eîles mé-ritent ; auíîî n’y a-t-il que la mal-adres-se qui y ait des remords. Voye\ VarticleCourtisan.
COUR , ( Jurisprudence ) en latincuria , feu curtis , aula , comitatus ,prcetorium , palatium , lignifie en gé-rerai un tribunal çompoj'ç de plu-
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sieurs pairs ou vassaux , conseillers ouassesseurs.
On donnoit autrefois le titre de courà toutes sortes de tribunaux indifférem-ment ; on disoit la cour du seigneur , poursignifier sa jurisdiclion cour d’églisepour officialité. Présentement les compa-gnies souveraines sont les seules jurisdic-tions qui doivent être qualifiées de cour ,& qui puissent prononcer leurs jugemensen ces termes : La cour ordonne .
Cour signifie quelquefois simplementjurisdiclion , comme quand le Roi ren-voie à un juge la connoiílânce d’uneaffaire, & lui attribue à cet effet toutecour & jurisdiction.
C’est austi en ce sens qu’un juge , mêmeinférieur , met les parties hors de cour ,pour dire qu’il les renvoie & les met horsde procès.
Ccngé de cour , c’est obtenir son ren-voi , fa décharge.
Ravoir la cour , c’est obtenir le renvoid’une cause. Voye\ de Fontaine , ca. iij.art. io.
Rendre la cour à ses hommes, c’estrenvoyer les parties en la justice de sesvassaux. Beauman. chap. x.
Cour du Roi a Aigues-Mortes.La viguerie de cette ville est ainsi nomméedans des lettres de Charles V , du 2 No-vembre x 364. Ordonnance de la troise-me race , tome II
Cour de Beziers r ou Cour
ROYALE DE BEZIERS. La justice roya-le de cette ville est ainsi nommée dansdes lettres de Charles V, du mois deJuin 1365. Ordonnance de la troisièmerace , tome III.
Cour de Berry ; c’est le bailliageroyal de Bourges, qui est ainsi qualifiédans des lettres de Charles V , du moisde Décembre 1355.
Cour du duc de Bourgogne ;c’étoitla justice souveraine de ce seigneur til en est parlé dans des lertres d’Odonduc de Bourgogne , de Pan 1213, rap-portées dans le recueil des Ordonnancesde la troisième race , tome IV, page4°Z.
Cour du bailli de Grenade ;c’est la justice royale de cette ville »