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Tome neuvième.
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dans la personne du roi HenriTV, qui lere'unit à sa couronne, le même roi secroyant duc de Lancastre à plus juste titreque roi d’Angleterre , se détermina à Ras-surer solidement les droits qu’il avoit dansce duché pour se mettre à l’abri des in-conve'niens qui pouvoient arriver au royau-me. Dans cette idée , il sépara le duchéde la couronne, & l’attacha à sa proprepersonne & à ses héritiers , comme s’iln’avoit pas été roi , mais un simple par-ticulier. Les choses continuèrent dans lemême état fous les regnes d’Henri V &d’Henri VI, & même jusqu’à EdouardIV , lequel, après avoir recouvré la cou-ronne suivant les droits de la maisond’Yorck , réunit encore le duché de Lan-castre à la couronne : il permit néanmoinsque la cour & les officiers demeurassentdans l’état où il les trouva. C’est de cettemaniéré que ce duché vint avec la cou-ronne à Henri VII , lequel , suivant lapolitique de Henri IV , ( par les droitsduqueî il étcit effectivement parvenu à laroyauté) sépara encore ce duché de la cou-ronne , & le laiíîâ ainsi à sa postérité , quien jouit encore aujourd’hui. (G)

Cour foncière , ( EÌfi. mod. ) queles Anglois appellent cour-leet , est unecour qui se tient par le seigneur du ma-noir, quoiqu’elle soit réellement cour duroi dans tel manoir que ce soit qu’elle setienne ; parce que l’autorité qu’a cettecour appartient originairement à la cou-ronne , & en est émanée anx particuliersqui l’exercent.

Dans cette cour on a droit d’informer& de prendre connoiffance de toutes for-tes d offenses, qui ne peuvent pas êtrequalifiées de crime d’état ou de haute tra-hison : elle n’a à la vérité le pouvoir d’enpunir qu’un petit nombre ; il faut qu’ellerenvoie les autres au juge de rassise.Charniers. (G)

COURADOUX, s. m. ( Marine ) c’estl’espace qui est entre deux ponts. (Z)

COURAGE, f. m. ( Morale. ) c’est«ette qualité, cette vertu mâle qui naît dusentiment de ses propres forces, & qui parcaractère ou par réflexion fait braver lesdangers & ses suites.

Delà vient qu’on donne au courage lesnoms de caur , de valeur , de vaillance ,

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de bravoure , d ’intrépidité : car il ne s’agitpas ici d’entrer dans ces distinctions déli-cates de notre langue , qui semble porterdans l’idée des trois premiers mots plusde rapport à Faction que dans celle desdeux derniers , tandis que ceux-ci à leurtour renferment dans leur idée particu-lière un certain rapport au danger que lestrois premiers n’expriment pas. En géné-ral , ces cinq mots font synonymes & dé-signent la même chose, seulement avecun peu plus ou un peu moins d’énergie.Voye\ Bravoure.

On ne sauroit s’empêcher d’estimer &d’honorer extrêmement le courage , parcequ’il produit au péril de la vie les plusgrandes &: les pins belles actions des hom-mes ; mais il faut convenir que le cou-'rage , pour mériter véritablement l’estime,doit être excité par la raison , par le de-voir, & par l’équité. Dans les batailles ,la rage , la haine , la vengeance , ou l’in—térêt, agitent le cœur du soldat merce-naire ; mais la gloire , Fhonneur & laclémence, animent l’officier de mérite.Virgile a bien senti cette différence. Sil’éclat & le brillant font paraître dans sonpoème la valeur de Turnus plus éblouis-sante que celle d’Enée , les actions prou-vent qu’en effet & au fond la valeur d’EnéeFemporte infiniment fur celle de Turnus.Epaminondas n’a pas moins de résolution,de vaillance , & de courage , qu’aucunhéros de la Grece & de Rome , " non» pas de ce courage Ç comme dit Monta-» gne ) qui est éguisé par ambition ; maism de celui que Fesprit, la sapience & lar> raison, peuvent planter en une ame bienr> réglée, il en avoit tout ce qui s’en peut>j imaginer. >,

Cette louange dont Epaminondas estbien digne , me conduit à la distinctionphilosophique du courage de caur , si jepuis parler ainsi , qu’on nomme commu-nément bravoure , qui est le plus commun ;& de cette autre espece de courage qui estplus rare, que l’on appelle courage de Fesprit.

La premiere espece de courage est beau-coup plus dépendante de la complexiondu corps , de Fimagination échauffée, desconjonctures, & des alentours. Versez dansl’estomac d’un milicien timide des sucsvigoureux, des liqueurs fortes, alors son