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infiniment plus à l’aife, ou pour mieux dire, 'dans l’affluence de tous biens, quand mêmeil n’y auroit pas un fou de plus dans leroyaume î
Si cet accroissement de richesses est cons-tant pour une année entiere, il l’est à propor-tion pour fix mois , pour quatre , ou pourdeux ; & il l’est enfin à proportion pour tantde fàes qu’il s’agit de supprimer, & qui nousôtent à Paris un douzième des jours ouvra-bles. En un mot, il est également vrai dansla politique & dans l’économie, égalementvrai pour le public Sc pour les particuliers,que le grand moyen de s’élever Sc de s’en-richir est de travailler beaucoup, & d’évi-ter la dépense : c’est par ce louable moyenque des nations entieres se sont aggrandies,Sc c’est par la même voie que tant de fa-milles s’élévent encore tous les jours. Roy.Epargne.
Mais , poursuit-on , qu’on dise Sc qu’onfasse tout ce que l’on voudra , il est toujoursvrai que si le public gagnoit à la suppressiondes fêtes , certaines professions y perdraientinfailliblement, comme les cabaretiers, lestraiteurs, Sc les autres artisans du luxe Scdes plaisirs.
A cela je pourrois dire : soit, que quelquesprofessions perdent, pourvu que la totalitégagne sensiblement. Plusieurs gagnent auxmaladies populaires; s’avise-t-on deles plain-dre parce que leur gain diminue avec le malépidémique ? Le bien Sc le plus grand biennational ne doit-il pas l’emperter fur cesconsidérations particulières ;
Au reste , je veux répondre plus positive-ment , en montrant que les professions quel’on croit devoir être lésées dans la suppres-sion des fêtes , n’y perdront ou rien ou pres-que rien. Qui ne volt en effet que si les moin-dres particuliers gagnent à cette suppression,tant par l’augmentation de leurs gains quepar la cessation des folles dépenses, ils pour-ront faire alors & feront communément unedépense plus forte 6c plus raisonnable ? Tel,par exemple , qui dissipe 30 sous pour s’eni-vrer un jour de fête , & qui en conséquencesait maigre chere Sc boit del’eau le restedu temps ; au lieu de faire cette dépense rui-neuse pour le ménage Sc pour la santé, ferala même dépense dans le cours de la se-maine, Sc boira du vin tous les jours de
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travail ; ce qui fera pour lui une nourriturejournalière , & une source de joie , d’union,Sc de paix dans fa famille.
Remarquez que les raisonnemens qui,fontvoir en ceci l’avantage des particuliers, prou-vent en même temps une augmentation degain pour les fermiers des aides : ainsi l’onse persuade qu’ils ne seront point alarmésdes arrangemens que nous proposons.
Au surplus, ce que nous diíbns du vinse peut dire également de la viande & desautres denrées. Le surcroît d’aisance où serachaque travailleur influera bientôt sur sa ta-ble ; il fera beaucoup moins d’excès à la vé-rité , mais fera meilleure chere tous les jours;Sc les professions qui travaillent pour la bou-che , loin de perdre à ce changement, ver-ront augmenter leur commerce.
J’en dis autant de la défense des habits.Quand une fois les fêtes seront rejetées audimanche, on aura moins de frais à fairepour l’élégance Sc la parure superflue ; Scc’est pourquoi l’on s’accordera plus volon-tiers le nécessaire Sc le commode : & non-seulement chaque ménage , mais encorechaque branche de commerce y trouverades utilités sensibles.
J’ajoutc enfin que si ces nouveaux arran-gemens faisoient tort à quelques professions,c’est un si petit objet, comparé à l’écono-mie publique Sc particulière, qu’il ne mé-rite pas qu’on y faste attention. D’ailleursces prétendus torts, s’il en est, ne se font passentir tout d’un coup. Les habitudes vicieu-ses ne font que trop difficiles à déraciner,ôc les réformes dont il s’agit iront toujoursavec assez de lenteur : de forte que la pro-fession qui fera moins employée le tournerainsensiblement d’un autre côté , Sc chacuntrouvera sa place comme auparavant.
II. Objection. Vous ne prenez pas gardeque vous donnez dans un relâchement dan-gereux : Sc que dans un temps où les fidè-les ne font déja que trop portés à secouerle joug de l’austérité chrétienne , vous laitesdes propositions qui ne respirent que l’ai-sance de la douceur de la vie.
Réponse. Je ne vois pas sur quoi sondél’on m’accuse de tendre au relâchement parles diverses propositions que je fais dans cetécrit : ce n’est point fans doute fur ce queje propose de supprimer la plupart de nos