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fítes; c’est là une propolìrion rebattue, quin’tst pas plus de moi que de mille autres.Plusieurs de 110 s évêques ont déja commencéla réforme; &, comme on l’a dit ci-devant,presque toutes les nations chrétiennes nousont donné l’exemple, en Italie, en Allema-gne, dans les Pays-Bas, & juíqu’en Armé-nie. En un mot, ce qu il y a de moi propre-ment dans ce plan de la transposition desfêtes , c’est la simple exposition des avanta-ges qui en résulteroient Sc pour la religion& pour Péconomie publique ; avantages aureste que je n’ai point vus démontrés ailleurs.
On vous passe bien cela, dira-t-on ; maisne proposez-vous pas l’usage perpétuel de lagraisse & des œufs ? N’insinuez-vous pas en-core la suppression de certains jours d’absti-nence, Sc même de quelques jeûnes pres-crits par l’église ?
A 1 égard de la graisse 8c des œufs , c’estnne eípece de condescendance autorisée enplusieurs endroits , Sc qui se doit par justice .Sc par humanité , à la triste situation du
Î ieuple Sc des pauvres : car , je l’ai dit Sc jee répete , cela ne fait rien aux riches detous états & de tous ordres ; ils se mettentau-dessus de la réglé pour la plupart ; Sc augis aller, la mer Sc les rivières leur fournis-lent pour le maigre des mets délicats Sc suc-culens.
Il est vrai que les arrangemens indiquésci-dessus emportent {‘abolition de quatrejours d’abstinence , Sc de six ou sept joursde jeûne : mais premièrement cela vaut-illa peine d’en parler? d'ailleurs n’ai-je pasproposé le rétablissement du maigre pour lescinq ou six samedis que l’on compte denoëi à la Chandeleur, Sc dans lesquels onpermet le gras en plusieurs endroits du royau-me ' .N’ a He pas encore proposé un jeûneplus rigide Sc plus édifiant, lorsque j’ai sug-géré 1 interdiction du vin Sc de mille autresdélicatesses peu conformes à l’esprit du jeû-ne ? Je ne vois donc pas que la faine mo-rale risque beaucoup avec moi : Sc íi quel-ques-uns me trouvent trop relâché , com-bien d’autres me trouveront trop sévere 3C’est en vain que Je fus-Christ nous ap-prend à négliger les traditions humaines,pour nous attacher à l’observation de la loi ;nous voulons toujours tenir , comme lesJ u ifs, a des observances Sc à des institutions
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arbitraires. Cependant les austérités, lesmortifications, Sc les autres pratiques denotre choix , nous íont bien moins néces-saires que la patience Sc la résignation dansnos maux. En effet, la vie n’est-elle pointa fiez traversée , aííèz malheureuse ? Sc n’est-il point en ce monde allez d’occasions desouffrir , sans nous assujettir fans cesse à desembarras Sc des peines de création libre ?Notre fardeau est-il trop léger, pour quenous y ajoutions de nous-mêmes ? & le che-min du ciel est-il trop large , pour que noustravaillions à le rétrécir ?
On dira fans doute que les abstinencesmultipliées Sc prescrites par l’église sont au-tant de moyens sagement établis pour mo-dérer la fougue de nos passions, pour nouscontenir dans la crainte du Seigneur, &pour nous faciliter l’observation de ses com-mandemens.
Toutes ces raisons pouvoient être bonnesdans ces siécles heureux où les peuples fer-vens & soutenus par de grands exemples ,étoient parfaitement dociles à la voix despasteurs : mais aujourd’hui que l’indépen-dancc Sc la tiédeur font générales , aujour-d’hui que l’irréligion 8c le scandale font mon-tés à leur comble , telle observance qui futjadis un moyen de salut, n’est le plus sou-vent pour nous qu’une occasion de chûte :inventum ejí mihi mandatant quoi crat aivìtam y hocejfe ad mortem. Rom. vij , chap, x.
Par conséquent, vu l’état languissant oùle christianisme sc trouve de nos jours, onne sauroit multiplier nos devoirs fans nousexposer à des transgressions presque inévi-tables , qui attirent de plus en plus la colerede Dieu íur nous. C’est donc plutôt íagesieque relâchement d’adoucir la rigueur despréceptes humains, Sc de diminuer, autantqu’il est possible , le poids des abstinencesqui paroît trop onéreux au commun d esndeles , Sc qui ne fait plus que des préva-ricateurs.
Du reste , obligés que nous sommes deconserver pour Dieu, dans tous les temps,cet amour de préférence que nous lui de-vons , Sc qui est ÍÌ puissamment disputé parles créatures ; obligés d’aimer nos ennemis,de prier pour nos persécuteurs , Sc de souf-frir sans murmure les afflictions Sc les cha-grins de la vie ; obligés enfin de combattre
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