n6 F E t
sans relâche nos passions & nos penchans,pour mépriser le monde & ses plaisirs, pourne ravir ni désirer le bien ou la femme duprochain , & pour détester constamment &de bonne foi tout ce qui n’est pas légitimépar le sacrement, n’avons-nous point en ce
{ >eu de préceptes dictés par J t lus-Christui-même, de quoi soutenir notre vigilance &de quoi exercer notre vertu, sans être sur-chargés tous les jours par des traditions hu-maines ? '
Enfin, de quoi s’agit-il dans tout ce queje propose ; de quelques adoucisse mens fortsimples, & qui, à le bien prendre, nevalent pas les frais de la contradiction :adoucistèmens néanmoins qui applaniroientbien des difficultés, & qui rendraient l’ob-servation du reste beaucoup plus facile : aulieu que des institutions arbitraires , mais enmême temps gênantes Sc répétées à tout mo-ment, font capables de contrister des gensdVilleurs réglés & vertueux. Il semble qu ellesattiédissent le courage , & qu’elles énerventune piété qui se doit toute entiere à de plusgrands objets. Audi, que de chrétiens quiprennent le change, qui fideles à ces prati-ques minutieuses, négligent l’observationdes préceptes , & à qui l'on pourroit appli-quer ce que le Seigneur disoit aux Pharisiens :relinquentes mandatum dei , tenetis tradition.eshominum ! Marc. chap. vij , 8 .
J'ajoute enfin , comme je l'ai déja dit,que ces pratiques peu nécessaires indisposentnon-íeulement les protestans , mais encoretous ceux qui ont de la pente au libertinagedu cœur & de l’eíprit, Sc qu’elles les révol-tent d’ordinaire fans espérance de retour.
Tout cela mûrement considéré, on nepeut, ce me semble, mieux faire que detransporter toutes nos fêtes au dimanche ,réduire à quelque chose de plus simple Scde plus uniforme nos offices, nos chants,nos cérémonies, accorder pour tous lestemps l’usage libre de la graisse Sc des œuís ;& fans toucher au carême pour le reste, dé-clarer les vendredis & samedis seuls sujetsau maigre ; supprimer à cette fin l’abstinencedes rogations 6e celle de S. Marc; à l'égarddes jeûnes paflagers annexés à telles saisonsou telles fêtes , les restreindre à deux jourspour les quatre-temps ; plus aux vigiles dela pentecôte, de la S. Jean, de 1 a S. Pierre,
F E T
dé l’assomption, de la toussaint Sc de noêl.
Pour lors ce petit nombre de jeûnes tom-bant aux jours maigres ordinaires s’obferve-roit plus facilement, Sc ne dérangerait plusni le ménage ni le commerce ; Sc je croisenfin que tous ces changemens font fort àsouhaiter , tant pour l’enrichissement de lanation & laitance générale des petits êc desmédiocres, que pour empêcher une infinitéde prévarications Sc de murmures. Je meflatte que les gens éclairés ne penseront pasautrement ; 6c que loin d'appercevoir dansces propositions aucun risque pour la disci-pline ou pour les mœurs, ils y trouverontde grands avantages pour la religion Sc pourla politique : en un mot , on éviterait parlà des scandales Sc des transgressons fansnombre qui nuisent infiniment à la piété ;Sc de plus, on augmenterait les richesses duroyaume de cent millions par an, commeje l’ai prouvé. Si cela n’est pas raisonnable,qu’on me dise ce que c’est que raison. Vcye{Dimanche. Article de M. Faiguet.
Fêtes mobiles, (Chronologie.) on appelleainsi celles qui ne font point fixement atta-chées à un certain jour du même mois,mais qui changent de place chaque année :il y en a quatre , pâque , l’ascension , lapenetecôte, la Fête Dieu. Les trois dernieresdépendent de la premiere, ôc en font tou-jours à la même distance ; d’où il s’ensuit quepâque changeant de place , elles doivent enchanger auss. Pâque ne peut être plutôt quele 12. mars, Sc plus tard que le 15 avril.Voye ^ Pasque. L’ascension, qui vient 40jours après, ne peut être plutôt que le 30avril, Sc plus tard que le 3 juin. La pente-côte , qui vient dix jours après l’ascension ,ne peut être plutôt que le 10 mai, Sc plustard que le 13 juin. Et enfin la Fére-Dieu ,qui vient dix jours après la pentecôte , nepeut être plutôt que le 21 mai, Sc plus tardque le 14 juin.
La mobilité de la fête de pâque entraînecelle de beaucoup d’autres jours, entr’autresdu mercredi des cendres, premier jour decarême, de la septuagésime , 6v.
Le mercredi des cendres, qui est le pre-mier jour de carême , ne peut être plutôtque le 4 février dans les années communes,Sc que le 5 dans les bissextiles ; Sc il ne peutêtre, dans quelqu’année que ce soit, plus