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Tome quatorzième.
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cial de Bordeaux, tenu à Cognac en i6r.o,condamna sévèrement les danses &c les au-tres pratiques ridicules qui se faisoient en-core dans ce diocèse le jour de la fête desfous.

Les séculiers concoururent avec le clergépour faire cesser à jamais la fête des fous ,comme le prouve l'arrèt du parlement deDijon du ip janvier ipyi : mais malgré tantde forces réunies , l'on peut dire que la re-naissance des lettres contribua plus dansl'eípace de cinquante ans à 1 abolition decette ancienne & honteuse fête , que lapuiilànce ecclésiastique & séculière dans lecours de mille ans. ( M, le chevalier deJaucourt. )

Nous allons joindre à ce mémoire, enfaveur de plusieurs lecteurs, la descriptionde la fête dessous , telle qu'elle se célébroità Viviers , & cette description será tirée duvieux rituel manuscrit de cette église.

Elle commençoitpar sélection d'un abbédu clergé; c'étoit le bas-chœur, les jeuneschanoines, les clercs & enfans-de-chccurqui le faisoient. L'abbé élu & le Te Deumchanté, on le portoit íur les épaules dansla maison où tout le reste du chapitre étoitastèmblé. Tout le monde se levoit à sonarrivée, levêquelui-même, s'ily étoit pré-sent. Cela étoit suivi d'une ample collation,après laquelle le haut-choeur d'un côté & lebas-chœur del'autre, commençoientà chan-ter certaines paroles qui n’avoient aucunefuite: fedcura earum cantusjœpius & frequen-tius per partes contitiuando cantatur , tantoamplius afeendendo elevatur in tantum , quodúna pars cantando , clamando E FORT CRI-D'ÁR. vincit atiam. Tune enim inter fe ad invi-cem clamandofibilando, ulula.-ido, cachinnando,deridendo, ac cutn fuis manions démons rondo,pars vicìrìx , -quantum, potefi, partem adverfamderidere conatur & super are, : jocçfafque trustsfim tatdis breviter* inferre. A parte abbatisMEROS, alter- cfiorus & NOUE nozi-ERNO; à parte abbatis AD FONS SANCTIBacon , aìii Kyrie ezeison , 8cc.

Cela ftniíícit par une procession qui se fai-íbit tous les jours de l'octave. Enfin le jour desaint Etienne, panoifloitl'évêque fou oul’évê-que des fous ,epifcopus fttdttts. C'étoit auffi unjeune clerc,difteïertt de l’abbé H u clergé*. Quoi-qu’ilfùt élu dès le jour dcs hmccensck Euinéè

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précédente, il nejouhs.it, à proprement par-ler , des drous de fa dignitéque ces trois joursde S. Etienne, de S. Jean, & des innocens.Après s’être revêtu dts ornemens pontificaux,en chape, mitre , croise , &c. suivi de sonaumônier aussi en chape, qui avoir sur satête un petit couffin au lieu de bonnet, ilvenoit s’asseoir dans la chaire épiscopale, &affistoit à l’ofHce, recevant les mêmes hon-neurs^ que le véritable évêque auroit reçus.A la fin desostîce, l’aumônier disoit àpleinevoix, Jilete , Jìlete, filentium habete : le chœurrépondoít, Deo, grattas. L'évêquedes fous,après avoir dit Yadjutorium , &c. donnoitfa bénédiction , qui étoit immédiatementsuivie de ces prétendues indulgences que sonaumônier prononçoit avec gravité:

De part mojfenkor Pérès queQue Dieu ror donc grand mal al befcleAves una plena banc,fia de perdosE dos des de raycha de sot lo mcnío.

C'est-à-dire , de par monseigneur Vévêque ,que Dieu vous donne grand mal au foie , avecune pleine pannerée de pardons , & deux doigtsde r ache & de gale rogneufe dessous le menton .Les autres jours les mêmes cérémonies sepratiquoient, avec la seule différence queles indulgences varioient. Voici celles dusecond jour, qui se répétoient auffi letroisième :

Mojfenkor que7^_ ayjfi prefençVos donna xx banafins de mal de densEt a vos autras donas a treffiDona una cua de, rojfi.

Ce qu’on peut rendre par ces mots : mon-seigneur qui ejl ici présent, vous donne vingtpannerées de mal de dents / & ajoute auxautres dons qu’il vous a faits, celui d’une queuede rojfe.

Ces abus, quelque indécens 8 c condam-nables qu'ils su lient, n'approchoient pas en-core des impiétés qui fe pratiquoient dansd’autres églises du royaume, si l'on en croîtla lettre circulaire citée ci-dessus, des doc-teurs de la faculté de Paris , envoyée en1444 à tous les prélats de France , pour lesengagera abolir cette détestable coutume.

, Belet, docteur de la même faculté, quivivait plus dé’ deux céns ans auparavant,

, écrit qu'il y avoir quatre sortes de danses ;