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Tome quatorzième.
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celle des lévites ou diacres, celle des prêtres,celle des enfans ou clercs, & celle des fous-diacres. Théophile Raynaud témoigne qu àla mess: de cette abominable fête, le jourde saint Etienne on chantoit une proie del'ánc , qu on nommoit ratffi la prose dessous;& que le jour de S. Jean on en chantoitencore une autre, qu on appelloit la prose dubœuf. On conserve dans la bibliothèque duchapitre de Sens, un manuscrit en vélin avecdes miniatures, où font représentées les céré-monies de la fête des fous. Le texte en con-tient la description. Cette prose de l'âne s’ytrouve ; on la chantoit à deux chœurs , quiimitoíent par intervalles 8c comme pour re-frain , le braire de cet animal.

Cet abus a régné dans cette église, commedans presque toutes les autres du royaume ;mais elle a été une des premicres à le réfor-mer , comme il paroît par une lettre de JeanLeguise évêque de Troyes , à Tristan deSalasar archevêque de Sens. Elle porte entreautres, que aucuris gens d’église de cette ville( de Troyes ), sous timbre de leur fête auxfous , ont fait plusieurs grandes mocqueries ,dérisions, Ù folies contre donneur fi’ révérencede Dieu , Ù au grand coniempt & vitupérédes gens d’église & de tout d état ecclésiastique...ont éleu ù sait un arcevesque des fols ; lequel ,la veille Ù jour de la circoncision de Notre-Seigneur , fit doffice... vêtu in pontifìcalibus ,en baillant la bénédictionsolemnelle au peuple;Ù avec ledit arcevesque , en allant parmi laville , saisoit porter la croix devant ly, & bail-lait la bénédiction en allant en grand dérision& vitupéré de la dignité arciépiscopale ; & quandon leur a dit que c’étoit mal fait , ils ont ditque ainsi le sait-on à Sens , & que vous mêmeave; commandé & ordonné faire ladite fiste ,combien que soye informé du contraire , 8cc.En effet l’évcque de Troyes auroit eu mau-vaise grâce de/adresser à son métropolitainpour suite cesser cet abus, li celui-ci en eûttoléré un semblable dans fa propre cathé-drale. Cette lettre est de la fin du quinzièmelîecle , & il paroît par-là que cette fête étoitdéja abolie dans l’église de Sens. Elle l’étoitégalement en beaucoup d’autres , conformé-ment aux dédiions de plusieurs conciles ,par le zele & la vigilance q Rapportèrentles évêques à retrancher des abus si crians.Quelques autres auteurs parlent de la com

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' tume établie dans certains diocèses, où sucla fin de décembre les évêques jouoient fami-lièrement avec leur clergé , à la boule , àlimitation, disent-ils , des saturnales despaïens : mais cette derniere pratique, qu’oaregarderoit aujourd’hui comme indécente ,n’étoit mêlée d’aucune impiété, comme ilen regnoit dans la site des fous. D’autres au-teurs prétendent que les Latin» avoient em-prunté cette derniere des Grecs ; mais il estplus vraisemblable que la premiere originede cette fête vient de la superstition despaïens qui se masquoient le premier jour del’an, 8c se œuvraient de peaux de cerfs oude biches pour représenter ces animaux ; ceque les chrétiens imitèrent nonobstant lesdéfenses des conciles 8c des peres. Dans lessiécles moins éclairés , on crut rectifier ce»-abus en y mêlant des représentations desmystères : mais, comme on voít, la licence& l’im-piété prirent le dessus ; 8c de ce mé-lange bizarre du sacré 8c du profane, il nerélulta qu’une profanation des choses lesplus respectables.

Si malgré ces détails quelqu'un est encorecurieux d’éclaircissemens fur cette matière ,il peut consulter les ouvrages de Pierre deBlois ; Thiers , traité des jeux; f histoire deBretagne , tome !, pag.y86; Mezerai, abrégéde dí-.ifloire de France , tom. I , pag. gj8 ;éd. in-/f°. dom Lobineau, histoire de Paris ,tom. /, pag. Z3-4 ; dom Marlot, histoire daj R-heims , tome II , page j6<q ; 8c enfin lesmémoires de du Tillíot, pour servir à l’histoirede la fête de sous , imprimés a Lausanne ett17; i ,/. 7 -I 2 ; ( M. le chevalier de Jau-court. )

Fête des Jnnocens : cette fête étoit com-me une branche de l'ancienne fête des fous,& on la célébrait le jour des innocens. Ellen’apas disparu sitôt que la premiere; puisqueNaudé, dans fa plainte à Gassendi en 164 /,témoigne quelle subíistoit encore alors dansquelques monastères de Provence. Cet auteurraconte qu’à Amibes, dans le couvent desfranciscains, les religieux prêtres ni le gar-dien n’alloient point au chœur le jour des in-nocens > 8c que les frétés lais qui vont à kquête, ou qui travaillent au jardin & à lacuisine, occupoient leurs places dans l’église,8c falsifient une maniéré d’offioe avec desextravagances te des profanations horribles.