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Tome quatorzième.
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for» touchant d’une symphonie mélodieusejolie s’animerent, & jouèrent avec la see uneelles scene, dont les traits légers amusèrent lareine Se la cour.

Après ce début , les trois acteurs condui-sirent la reine dans lés allées du labyrinthe ;? illumination en étoit si brillante , qu’ on yliíoit les sables qui y font répandues eninscriptions aussi aisément qu’en plein jour.

Au premier carrefour, la reine trouva unetroupe de jardiniers qui formerent un joliballet mêlé de chants Se de danses. Cettetroupe précéda la reine en dansant, Se l’en-gagea à venir à la fontaine qu’on trouve avantle grand berceau des oiseaux.

Là plusieurs bergers Se bergeres diviséspar quadrilles , coururent en dansant au-devant de S. M. & ils représentèrent un ballettrès-court Sc fort ingénieux , dont le charmedes plaijìrs champêtres étoit le sujet.

On peut juger que les eaux admirables detous ces jolis bolquets jouèrent pendant toutle temps que la reine voulut bien y rester ;& la réflexion des coups de lumière qui par-toient du nombre immense des lumièresqu’on y avoit répandues , augmentoit Scvarioit à tous les instans les charmes de cetagréable séjour.

La reine, après le ballet, paflà dans leberceau couvert ; il ctoit embelli par milleguirlandes de fleurs naturelles , qui entre-lacées avec une quantité immense de lustresde crystal Se de girandoles dorées , for-moient des especes de berceaux auíïì richesque galans.

Douze jeunes bouquetières galammentajustées , parurent cn dansant. Une encoremieux parée, Se qui se distinguoit de sa troupepar les grâces de fesmouvemens Sc l’éléganccde ses pas , présenta un bouquet de fleursles plus belles à la reine : les autres en offrirentà toutes les dames de la cour. Il y avoit autourdu berceau un grand nombre de tables degazon , fur lesquelles on voyoit des corbeillesdorées, remplies de toutes les sortes de fleurs,& dont tout le monde avoit la liberté de scparer.

On paffa d’allée en allée jusqu’au carre-four ; on y trouva un ban élevé en forme dethéâtre , deux femmes qui paroifloient engrande querelle. Une symphonie assez lon-gue pour donner à k cour se temps de s’ap-

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procher , finit ; lorfqu’on eut fait Un grand,demi-cercle autour de ce banc où elles étoientplacées : ©n connut bientôt à leurs discoursque l’une étoit la flatterie , Sc l’autre la cri-tique. Cellenpi , après quelques courtes dis-cussions qui a voient pour objet le bien qu’onavoit à dire d’une si brillante cour , fit con-venir la flatterie qu’on n’avoit que faire d’ellepour célébrer les vertus d’une reine adorée ,qui comptoir tous ses moraens par quelquenouvelle marque de bonté.

Cette scene fut interrompue par une eípeced’allemând , qui perça la foule pour dire , àdemi-ivre , que c’étoit bien la peine de tantdépenser en lumières , pour ne faire voir quede l’eau. Un gascon qui pafla d’un autrecôté , dît : hé ! sandis r je meurs de faim ; onvit donc de Vair a la cour des rois de France ?A ces deux originaux , eu succéderait quel-ques autres. Ils s’unirent tous à la fin pourchanter leurs plaintes , Sc ce chœur comi-que , finit d’une maniéré plaisante cette partiede la Me.

Lareine ôc la cour arrivèrent dans la grandeallée qui sépare le labyrinthe de Vif le d’amour :on y avoit formé une salle de spectacle detoute la largeur de l’allée , Sc d’une longueurproportionnée. La salle Sc le théâtre étoientornés avec autant de magnificence que degoût. Les comédiens françois y représentè-rent une piece en cinq actes : elle avoit étécomposee par feu Coypel, qui est mort pre-mier peintre du roi , Sc qui a laisse après luila réputation la plus désirable pour les hom-mes qui, comme lui, ont constamment aiméla vertu.

Cette piece , dont je n’ai pu trouver nile sujet ni le titre , fut ornée de cinq inter-mèdes de danse , qui surent exécutés par sesmeilleurs danseurs de l’opéra.

La reine , après la comédie , rentra dansle labyrinthe, Sc le parcourut par des routesnouvelles, qu’elle trouva coupées par de jolisamphithéâtres, occupés par des orchestresbrillans.

Elle se rendit ensuite à l’orangerie, qu’onavoit ornée pour un bal paré : il commen-ça Sc dura jusqu’à l’heure du festin , qui futdonné chez Mile. de Clermont, avec toutel’élégànce qui lui étoit naturelle. Toute lacour y assista. Les tables, cachées par deriches rideaux , parurent tout-à-coup dans