1<5o F E T
toutes les salles ; elles fembloient se multiplier,comme la multitude des plaisirs dont on avoitjoui dans la fête.
Croiroit-on que tous ces apprêts, l'idée ,la conduite , l’enchaînement des diverscsparties de cette fête furent l'ouvrage de troisjours ; C'est un fait certain qui, vérifié dansle temps, fit donner à tous ces amuscmens lenom d 'impromptu du labyrinthe. La reineîgnoroit tout ce qui devoit l’amuser pendantcette agréable soirée ; la cour n’étoit pasmieux instruite : hors le festin chez made-moiselle de Clermont, qui avoit été annoncéíàns mystère , tout le reste demeura caché,& fut successivement embelli du charme dela surprise.
Les courtisans louèrent beaucoup l’inven-tion , la conduite, l’exécution de cette fêteingénieuse , 8c toute la cour s'intrigua pouren découvrir l’inventeur. Après bien des pro-
Í ’os, des contradictions , des conjectures ,es soupçons & les vœux se réunirent surM, le duc de Saint-Aignan.
Le caractère des hommes se peint presquetoujours dans les traits saillans de leurs ou-vrages. Ce secret profond , gardé par tant demonde ; la prévoyance, toujours fi rare dansla distribution des différens emplois ; le choix6c l’instruction des artistes ; f enchaînementingénieux des plaisirs, déceloient, malgré famodestie , l’eíprit sage 8c délicat, qui avoitfait tous ces beaux arrangemens.
Ces jeux légers, qu une imagination aussiréglée que riante répandoit fur les pas de lareine la plus respectable , n'étoient que lesprémices de ce que M. le duc de Saint-Aignan devoit faire un jour pour servir l'état& pour plaire à son roi.
M. de Blamont, chevalier de l’ordre deS. Michel, Sc surintendant de la musique deS. M. composa toutes les symphonies 8c leschants de cette fête. Il étoit déja depuis long-temps en postession de la bienveillance de lacour, que fa conduite 8c ses talens lui onttoujours conservée, (B)
FIte , est le nom à ìopéra de presque tousles divertissemens. La/freque Neptune donneà Thétis, dans le premier acte , est infini-ment plus agréable que celle que Jupiter luidonne dans le second. Un des grands défautsde l'opéra de Thétis, est d'avoir deux actesde fuite fans fêtes ; il étoit peut-être moins
F ET
sensible autrefois, mais il a paru très-frap-pant de nos jours, parce que le goût dupublic est décidé pour les fêtes.
L'art d'amener les fêtes , de les animer ,de ks faire servir à faction principale, estfort rare : cependant, sans cet art, les plusbelles fêtes ne sont qu'un ornement postiche.Voyc [ Ballet,Coupe, Couper ,Diver-tissement.
Il semble qu on se serve plus communé-ment du terme de fête pour les divertiíscmensdes tragédies en musique , que pour ceux desballets. C'est un plus grand mot consacré augenre , que f opinion , l'habitude 8c le pré-jugé parodient avoir décidé le plus grand.Voye ^ Opéra. ( B )
FÉTEUR , f. f. (Médecine.) sc dit de lamauvaise odeur , de la puanteur qu’exalentcertaines parties du corps humain , par unvice qui leur est particulier, ou par celui desmatières qu'elles contiennent, des humeursqui y sont séparées, qui s’évaçuent actuelle-ment.
Il n'est produit aucune mauvaise odeurdans aucun endroit du corps d'un hommequi sc porte bien , excepté dans les gros in-testins , 8c sur-tout dans l’intestin reclum ,par lamas 8c le séjour qui s J y font des ma-tières fécales : l’odeur de l’urine, dans le mo-ment qu elle est rendue , est fans puanteur jil s'en répand tout au plus une odeur un peuforte lixivielle.
Ce sont des matières ou humeurs odo-rantes , contenues dans le bas-ventre, quifont cause qu il s’exhale de cette cavité, lorsde f ouverture des corps des animaux les plussoins, une certaine odeur désagréable , quela transpiration de toutes les parties contenuesemporte avec elle : une odeur de semblablenature, cependant beaucoup moins sensible,sc sait sentir à f ouverture de la poitrine ;mais on ne sent presque rien du tout à Cou-verture du crâne.
Ainsi , lorsqu il est produit quelque mau-vaise odeur dans quelque partie du corps,qui n'en rend point dans f état de santé, c'estun signe qu’il y a des humeurs dans cettepartie qui sc corrompent, que les sels s’yalkaliscnt, que les huiles s'y rancissent.
La puanteur de la bouche, par exemple,provient le plus ordinairement ou des orduresqu'on laissé sc ramasser entre les dents, & par
conséquent