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Tome quatorzième.
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Newton , lesiu n’est qu'un corps échauffe.V. Chaleur. Enfin selon un grand nombrede philosophes modernes , c’est une matièreparticulière. Voye{ Chaleur & la faite de cetarticle.

Comme le feu échappe à nos sens, & qu’ilse rencontre dans tous les corps Sc dans tousles lieux où il est poífible de faire des expé-riences , il est très-difficile de distinguer lesvrais caractères qui lui lont propres. M.MuíTchenbroek lui en donne deux , savoirla lumière & la raréfaction. Voyeç Lu-mière & Raréfaction. Ce physicienprétend que partout où il y a lumière,mêmefans chaleur, il y a feu. Il le prouve par la lu-mière de la lune, qui rassemblée au foyer d'unverre ardent, éclaire beaucoup fans brûler.Mais il semble qu on peut contester que cettelumière, en ce cas, loir du feu. Iln’est pas dé-montré que la matière qui produit la lumière,toit la même que celle qui produit la cha-leur. U est vrai que la lumière de la lune estréfléchie de celle du soleil, &.que la lumiè-re du soleil est accompagnée de chaleur.Mais, encore une fois, il faudroit avoir prou-vé incontestablement que la lumière & lachaleur du soleil sont absolument produitespar le même principe Sc par la même ma-tière. D’ailleurs, supposons même qu’il n’y aitd'autre différence entre la lumière du soleil& celle de la lune , sinon que celle-ci n’é-chauffe pas parce qu’elle est produite par unmouvement trop ralenti ; on pourroit direen ce cas , que la lumière de la lune ne se-roit point proprement du feu , puisqu ellemanqueroit du mouvement nécessaire pourêtre un feu véritable.

De la raréfaction des corps parle feu. Tousles corps, si on en excepte un petit nombredont nous parlerons plus bas, se raréfientou se dilatent en tout /è^j-par le moyen dujèu.Cette raréfaction continue auíïi long-tempsue le feu reste appliqué à ces corps.' Elle est'autant plus grande, que le feu est plus ar-dent ; cependant elle ne va pas à l'insini, Scne paflè pas une certaine étendue déterminée.C'est au moyen du pyrometre (voye ^ ce moi),qu’on mesure la raréfaction des corps par lefeu. La raréfaction d'un corps exposé aufeu se fait d'abord lentement, puis s'accélerejusqu'à un certain maximum d’accélération ,au-delà duquel la raréfaction se fait encore,

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Sc continue toujours, mais moins vîte, jus-qu'à ce que le corps soit arrivé à fa plus gran-de dilatation. Lemêm efeu qui raréfie diverscorps, ne les dilate ni en raison inverse deleur pesanteur , ni en raison inverse deleur force ou résistance à être divisés , ni enraison composée de ces deux-là , mais sui-vant un autre rapport tout-à fait inconnu. •'L'étain ( à un même degré de feu ) est ce-lui de tous les métaux qui se raréfie le plusvîte ; ensuite le plomb , puis l'argent, lecuivre jaune , le rouge, & le fer.

Non-seulement le feu raréfie les métaux,mais il les fond ; les uns ont besoin pour celad'un degré de feu beaucoup plus grand queles autres. L’étain , d’abord froid comme laglace, ensoite fondu, fait raréfier au pyro-metre un lingot de fer , jusqu’à 109 degrés;le plomb , dans les mêmes circonstances ,fait raréfier le même lingot de 117 degrés.Les métaux qui se fondent avant que d’êtrerougis, 11’ont pas encore acquis leur plusgrand degré de chaleur dans l'instant de lafusion ; car après cet instant, ils continuentà raréfier encore considérablement les mé-taux plus durs qu'on plonge dans ces mé-taux fondus. Cela est au moins vrai duplomb, comme M. MuíTchenbroek s’ereest assuré par des expériences, & il est portéà croire qu'il en est de même de l’or , del’argent, du cuivre & du fer. VoyeurarticleFusion.

Lorsque le feu volatilise les parties du corps,on dit que ces parties se réduisent en va-peurs , Sc on donne à cette action le nomd’ évaporation. Voye £ Evaporation , Fu-mée , & c .

Après quele/èu a dissipé les particules lesplus subtiles des corps, il ne reste plus quèles plus grossières, qui par Faction du feu ,ont cesté d'être adhérentes les unes aux au-tres. Voye{ Cendres.

Dès que les corps ceílent d’être échauffesou entretenus dans la chaleur qu’ils ont ac-quise , ils se condensent, Sc se condensentd’autant plus vîte que le fluide dans lequelils nagent, contient moins de feu. C’estpour cela que les corps chauds qui se re-froidissent , se condensent plus vîte, touteschoses d’ailleurs égales, que ceux qui sontmoins chauds , parce que le fluide où cescorps nagent, est plus froid par rapport aux