FEU
du soleil. Nous mettons à profit quelque-fois la chaleur excitée dans certaines ma-tières fermentantes ou pourrissantes , tellesque le marc de raisin & le fumier ; ou en-fin , ce qui est notre ressource la plus or-dinaire & la plus commode, nous appli-quons aux matières que nous voulons échauf-fer , des corps inflammables actuellementbrûîans , tels que le charbon, le bois, latourbe , le charbon de terre , l’esprit-de-vin , les huiles par expression dans le four-neau à lampe, &c. de tous ces alimens dufiu , celui que nous employons généralementSc avec le plus d’avantage, c'est le charbon.V. Charbon , Esprit- de-vin , & Lampe.
Cette application du feu varie selon qu elleest plus ou moins immédiate ; car ou onexpose la matière à traiter au contact im-médiat du corps dont on emploie la cha-leur, comme dans la dessiccation au soleil,la distillation par le premier fourneau deClauber, la sublimation gébériene, la ré-verbération de la flamme, &c. voye% ces ar-ticles ; ou on place les matières dans desvaisseaux, voyc^ Vaisseaux; Sc ces vais-seaux ou on les expole au contact immé-diat du principe de la chaleur , c'est-à-dire,au feu nu , selon l'expressîon technique ;ou on interpose entre le f u Sc les vais-seaux , différens corps connus fous le nomd 'intermède ou de bain. Voye £ Bain en Chy-
mie , ô' INTERMEDE.
Degrés du feu. La latitude entiere de lachaleur employée aux usages chymiques , aété divisée en différentes portions ou de-grés déterminés par divers moyens ; pre-mièrement par eípece de matière échaufféeou brûlante qui fournifloit la chaleur : ainsilc feu chymique a été distingué en insola-tion, ventre de cheval , bain de marc deraisin , feu de lampe , feu de bois , feu decharbon, &c. secondement par la circons-tance de 1 application plus ou moins immé-diate , & par les différens milieux interposésentre le corps & le feu : le f u a été diviséfous ce point de vue 'en f u nu , bain-ma-rie, bain de fable, de cendres, de 1-maille ,&c. Voye[ Bain en Chymie. Le f u nu ,félon qu'il a été placé ions le corps à trai-ter , fur ce corps, autour de ce corps ,qu’il a été couvert ou libre, &c. s'est appelléfeu de roue , feu de suppression , feu de re-
F E U 1S1
veríere,feu ouvert, &c. Toutes ces distinc-tions font entièrement abandonnées , Scavec raison sans doute, puisque la plupartsont inutiles, relativement à la détermina-tion de l'intenhté du feu. Ceux qui avoientpartagé la latitude du feu chymique pardegrés , qu'ils appelloient premier , second,troifieme , quatrième , avoient déterminéchacun de ces degrés d'une manière si vague,que l'insuffisance ou plutôt l'inutilité de cettedistinction est aussi absolument reconnue.
Les chymistes modernes ont rectifié toutesces divisions & les ont réduites à la plusgrande simplicité, en ne retenant qu’un petitnombre de termes fixes, établis siir la con-noiflànce réfléchie des effets du feu , Sctrès-sufïìsans dans la pratique.
Ces chymistes ont observé premièrementque l'analyse ou solution réelle de la com-binaison chymique, ne s'opéroit dans tousles sujets que par le secours d'une chaleursupérieure à celle qui faisoit bouillir l’eaucommune ; secondement que plusieurs unionsbeaucoup moins intimes , celle dont j'aifait la premiere classé des sujets de la dis-tillation , voye^ cet article , cédoient à fac-tion d'une chaleur capable de bouillir l'eau,Sc quelques-unes même à une chaleur plus foi-ble ; troisiemement que la plupart des mens-trues appellés communément liquides , dunom de leur état ordinaire, agissoient fousun degré de chaleur inférieure à celui del'eau bouillante ; quatriemement que quel-ques évaporations, dessiccations Sc un très-grand nombre de combinaisons, s’opéroientfous la température ordinaire de l'air quinous envi tonne, lors même qu'i 1 n'est échaufféque par les rayons réfléchis du soleil, c'est-à-dire , sans fiu Sc à sombre.
Ils ont, en conséquence de ces observa-tions , divisé le feu chymique en quatre de-grés ; le premier ou le plus foible commenceà la liquidité de l'eau , & s'étend juíqu'audegré qui nous fait éprouver un sentimentde chaleur ; nous appelions ce degré froid.C'est à ce degré que s'exécutent un très-grand nombre d'opérations telles, que lesdissolutions à froid , les macérations ou ex-tractions à froid , les calcinations à l’air, lesdessiccations à sombre , les évaporations in-sensibles , la plupart des fermentations ,Voye^ ces articles particuliers „