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Tome quatorzième.
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Rien n’eft si aisé que de íe procurer exac-tement ce degré de feu dans la pratique ,puisqu’il ne s’agit que d’éloigner les subs-tances traitées, de toute source de chaleursensible. Quant au plus ou moins de cha-leur dans la latitude qu embrasse ce degré,le plus haut terme n est, dans aucun cas,assez considérable pour nuire à la perfec-tion absolue de l'opération ; Le le trop soi-ble n’a jamais d’aucre inconvénient que dela suspendre : les seules fermentations vi-neuses méritent d’être exécutées à un de-gré plus constant. Voye^ Fermentation.

Le second degré commence à la chaleursensible pour nos corps, &c s’étend jusqu’àla chaleur presque suffisante pour faire bouil-lir l’eau : c’est à ce degré que s’exécutent lesdigestions , les infusions, la plupart des dis-solutions aidées par un feu sensible, les des-siccations des plantes & des substances ani-males , les évaporations , distillations , &toutes les cuites pharmaceutiques exécutéesau bain-marie, les fermentations faites à l’é-tuve , quelques distillations à feu nu, telleque celle du vinaigre , S’c. voye^ ces articles.

Lò bain-marie fournit un moyen aussisûr que commode d’obtenir ce degré de feu ,dont le plus ou le moins d’intensité n’est pasd'une plus grande conséquence que les va-riations du même genre du degré précédent.

Le troisième degré est celui de l'eau bouil-lante ; celui-ci est fixe Sc invariable : on exé-cute à ce degré toutes les décoctions des subs-tances végétales & animales, la distillationdes plantes avec l'eau , la cuite des emplâ-tres dans lesquelles entrent des chaux deplomb qu'on ne veut pas brûler. On peutcompter encore parmi les opérations exécu-tées à ce degré, la distillation du lait, Sccelle du vin ; parce que la chaleur qui faitbouillir le lait Sc le vin , ne différé pas beau-coup de celle qui fait bouillir l'eau.

Inapplication de l’eau bouillante ou de lavapeur de l’eau bouillante à un vaisseau , necommunique jamais aux matières contenuesdans ce vaisseau une chaleur égale à celle decette eau ou de cette vapeur, c’est un faitobservé, & dont la raison se déduit biensimplement des loix de la communicationde la chaleur généralement connues : c’est enconséquence de ces observations que nousavons rangé le bain-marie parmi les moyens

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d’appliquer aux sujets chymiques un degréde chaleur inférieur à celui de l’eau bouil-lante. Ce n’est pas ici une observation depure précision ; elle est au contraire immé-diatement applicable à la pratique , Sc d’au-tant plus nécessaire que les auteurs ne s’ex-pliquent pas assez clairement fur la détermi-nation de ce degré. La chaleur du bain-marie bouillant est communément désignéepar le nom de chaleur de l’eau bouillante.

Cependant si quelqu’un , après avoir viadans un livre qu’au degré de l’eau bouil-lante les huiles essentielles s’élevent, que lessucs des viandes en font extraits par l’eau ,6fc, si cet homme, dis-je , s’avisoit en con-séquence de ces connoissances, de distillerau bain-marie une plante aromatique, pouren séparer l’huile essentielle, ou de mettreson pot au bain marie , Sc non pas smfiu ,il n’obtiendroit point l’huile, & il feroit untrès-mauvais bouillon.

Nous avons dé j a observé que ce troisièmedegré étoit fixe Sc invariable ; il devient par-la extrêmement commode dans la pratique,comme nous l’avons déja dit du bain-marie ;Sc il l'est d’autant plus que c’est heureuse-ment à ce degré de chaleur que se fait laséparation Sc la combinaison de certainessubstances que leurs usages pharmaceutiquesou économiques nous obligent de traiter engrand ; Sc qu'un feu moins constant, Sc quipourroit devenir quelquefois trop sort, alté-rerait la perfection de ces matières, procu-rerait , par exemple , des eaux distillées quisentiraient l’empyreume , des emplâtres brû-lées , ùc.

Le quatrième degré de feu chymique estplus étendu ; il comprend tout le reste de salatitude depuis la chaleur de l’eau bouillantejufqu’à l’extrême violence du f u , toutes lesvraies altérations chymiques opérées fur lessubstances métalliques , fur les terres, furles pierres, fur les sels par le moyen du feuseul : les dissolutions par les menstrues salins,liquides, bouillans, ou par les menstruesordinairement censistans mis en fusion ; Scenfin la décomposition des substances végé-tales Sc animales , par le moyen du feu seul,demandent ce dernier degré. La latitude im-mense de ce degré doit laisser un sujet d’iu-quiétude au chymiste apprenti sur des sub-divisions qu’il desireroit, Sc dont, si par