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Tome quatorzième.
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laquelle on sent une commotion intérieure ,qui ne devroit pas arriver si la matière élec-trique ne faisoit que glisser le long des surfa-ces. Ce feu 8c le feu commun ne fort peut-être que des modifications du même élément,quoiqu ils paroiflènt avoir des propriétés dif-ferentes : ces deux matières fluides, si on veutles distinguer , existent souvent ensembledans les mêmes corps , en remplissent lespores, s’y meuvent avec une entiere libertélans aucune confusion dans leurs effets.

Au reste le feu électrique est universelle-ment répandu par-tout ; on le trouve dansl’a’.r & dans tous les corps qui nous envi-ronnent : ainsi nos machines électriques nele produisent point, mais elles le dirigent,le rastemblent, le condensent & le raréfientà notre volonté dans les différais corps. M.Franklin croit que ce fluide remplit à peuprès les pores des corps ordinaires, & quequant au moyen de nos machines, on leuren ajoute une quantité , cette quantité ajou-tée n’entre pas dans leur intérieur, mais for-me autour d eux une atmosphère plus oumoins dense , suivant la quantité que l’on aajoutée. Il suppose que les particules de ma-tière électrique se repoussent mutuellement,au contraire des particules de matière com-mune , qui tendent toutes à s’attirer : 8c c'està cette qualité répulsive qu’il attribue la di-vergence des rayons électriques, l’écarte-mcnt de deux fils électriíes, la divergencedes rayons des aigrettes lumineuses, 1 évapo-ration accélérée des liqueurs électrisées , &plusieurs autres effets. Ces mêmes particulesíe repoussent entre elles , font très-bienattirées par la matière commune avec uneforce plus ou moins grande , suivant les dif-férentes sortes de matière : car le verre , lacire , l’ambre &les autres corps appelles//ec-triqucs , battirent 8c la retiennent plus forte-ment que les autres , 8c en contiennent aussiune plus grande quantité. C’est pourquoiadmettant la subtilité des particules de lamatière électrique , leur répulsion mutuelleêc l’attraction réciproque entre elles 8c lesparties de la matière commune, il résulteque quand une quantité de matière électri-que est appliquée à une certaine quantité dematière commune qui n’en contient pas dé j a,le fluide électrique se répand auísi-tôt égale-ment 8c uniformément dans toute l’étendueTome XIV.

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de cette quantité de matière : mais dans lamatière commune il y a ordinairement au-tant de matière électrique qu’elle en peutcontenir ; si l’on en ajoute davantage, le sur-plus se distribue encore également 8c unifor-mément dans toute l’étendue de fa surface ,& forme une atmosphère. L’attraction entrele fluide électrique 8c la matière communeest réciproque ; c’est pourquoi les corps danslesquels le fluide électrique est condensé ,attirent les petits corps légers qui se trouventdans leur sphcre d’activité ; c’est en vertu decette propriété que le fluide électrique passedu corps électriíé dans celui qui ne test pas,& lui fait exercer tous les effets des corpsélectriques ; que l’électricité communiquéeà une barre de fer isolée se dissipe en un ins-tant dès qu’on approche de cette barre uncorps non électrique, tel que le bout dudoigt.

M. Franklin explique l’expérience de Ley-de d’une maniéré différente de celle de tousles autres physiciens : il observe d’abord quele verre est absolument impénétrable au flui-de électrique ; car il ne conçoit pas commenton pourroit charger la bouteille si le fluideélectrique paffoit au travers du verre, & s’ilpouvoit s’échapper par la main de celui quitient la bouteille : en effet la bouteille ne secharge pas si elle a la moindre fêlure ou lemoindre petit trou dans fa surface, il pré-tend que dans cette merveilleuse expériencele fluide n’entre du conducteur dans la bou-teille , qu’autant qu’il en fort de celui quiexiste naturellement fur fa surface extérieure :que cette matière n’est pas condensée dansl’eau ou dans le corps non électrique quiest dans la bouteille , mais uniquement furla surface intérieure du verre : que l’explo-sion violente qui se fait lorsque tenant labouteille d’une main , on touche de l’autreau fil d’archal, n’est que le remplacementdu fluide épuisé & chassé de la surface exté-rieure par le fluide accumulé sur la surfaceintérieure de la bouteille ; ce qu’il prouveparce qu’un homme posé sur un gâteaude cire & qui fait l’expérience de Leyde ,n’est ni plus ni moins électrifé après l’expé-rience , qu’il l’étoit auparavant.

Cependant comme la surface extérieured’une bouteille chargée qui est privée, selonlui, de sa quantité de fluide électrique ordi-

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