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Tome quatorzième.
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façon de combattre à toute autre. Mais commef ennemi vous contrarie , ajoute-t-il, avecbeaucoup de raison , s’tl se croît supérieurpar les armes à feu , il cherchera les moyensd’éviter les combats en plaine ; & si vous vou-lez l'attaquer , vous ferez souvent contraintde le faire dans des postes, où les armes àfeu seront néceíïàires avant d’en pouvoirvenir aux coups de main. (a) C’est pour-quoi il est très- important d’exercer le soldatà savoir faire u fige de toutes les sortes d’ar-mes dont il doit se servir. IL saut tâcher dese rendre supérieur en tout aux ennemis quel f on peut avoir à combattre , & ne rien négli-ger pour cela , s’informant che £ les nationsétrangères comment ils infruifent leurs trou-pes , pour prendre d’elles ce qui aura été re-connu meilleur que ce que nous pratiquons. »

Rien de plus sensé & de plus judicieuxque ces préceptes de l’illustre maréchal quenous venons de nommer. C’est ainsi queles Romains adoptèrent avec beaucoup defâgeíle,tout ce qu’ils trouvèrent de bon dans lamaniéré de combattre Sc de s'armer de leursennemis ; §c cette pratique, qui fait tantd’honneur à leur discernement, ne contri-bua pas peu à leur faire surmonter des na-tions plus nombreuses Sc auffi braves , Sc àles rendre les maîtres de la terre.

Quoiqu’il paroiíïè décidé par les autoritésprécédentes , que lorsqu’une troupe d’infan-terie françoiíe combat une autre troupe, Scqu’elle peut la joindre , elle peut saborderlans hésiter ; on croit néanmoins qu’il y ades circonstances particulières où il ne seroitpas prudent de le faire.

Supposons, par exempte, qu’un généralcommande des troupes peu aguerries & peuexercées, ou qui n’àient point encore vufennemi. S’il veut les faire approcher pourcombattre à farine blanche , il est à crain-dre que la présence de sennemi ne les trou-ble , Sc quelle ne les mette en désordre. Auheu qu’en les mettant en état d’exécuterleur feu , sans pouvoir être abordées, le dan-

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ger, quoique plus grand qisen se joignantla bayonnette au bout du fusil, leur paraî-tra plus éloigné , & par cette considérationelles en seront moins effrayées , Sc moinsdisposées à fuir. D’ailieurs il est alors plusaile de les contenir , que si l’ennemi parois-soit prêt à tomber sur elles.

De ceux maniéré en général, pour accou-tumer insensiblement de nouvelles troupes àenvisager l’ennemi avec moins de craintelorsqu elles y seront une fois parvenues , ilfera fort aisé de leur faire comprendre qu’enmarchant résolument à l’ennemi pour lecharger la bayonnette au bout du fusil, ledanger durera bien moins de temps qu’enrestant exposé à son feu , & en tiraillant lesuns contre les autres. Car lorsqu’on marcheavec fermeté pour tomber sur une troupe ,il arrive rarement qu’elle attende pour soretirer , qu’elle soit chargée la bayonnetteau bout du fusil. On prétend au moins qu’ily a peu d’exemple du contraire. U y a même.des officiers qui ont beaucoup de pratiquede la guerre , Sc qui doutent qu’il y en aitaucun ; M. le maréchal de Puysegur affuroitcependant savoir vu une fois. On peut con-clure de-là que le choc de pié ferme de deuxtroupes d’infanterie dans un combat est unévénement si peu commun à la guerre ,qu’òn peut presque assurer qu’il n’arrive ja-mais. C’est auffi ce que dit fur ce sujet sau-teur des fentimens d’un hoinmc de guerre furla colonne de M. de Felard : “ lorlqu’un ba-taillon volt qu’un autre s’avance pour l’atta-quer, le soldat étonné de l’intrépidité aveclaquelle son ennemi lui vient au-devant, letiraille, ajuste mal son coup , Sc tire, pourla plupart, en l’air. Le feu auquel il avoirmis fa principale confiance n’arrête pas sonennemi, Sc qui pis est , il n’est plus tempsde recharger. La bayonnette qui lui restene íauroit le rassurer ; le trouble augmente,il fait volte-face , & quitte ainsi la partie.S’il en arrive autrement , c’ejl chose rare , &peut-être même hors d’exemple. »

(a) L’auteur des Sentimens d’un homme de guerre fur la colonne de M. de Folard y tient à peu prèsle même langage que M. de Puysegur. « Il est très-certain , dit cet auteur, premièrement que dansun terrein libre il dépend toujours de celui à qui l’envie en prend , de combattre de loin St de près, toutcomme H. le trouve à propos ; secondement que celui qui ne voudroit que combattre de loin n’en estjamais le maître ; son ennemi lui donne Tordre ; s'il refuse d'y obéir il faut céder. S’il obéit sans êtrepréparé , il est maltraité : en un mot d une maniéré ou d’autre il est puni, soit pour cause dedésobéissance, st>it pour cause d’imprudence , il le mérite, n.