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Tome quatorzième.
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Sc l’on y mettoit de l’huile en cachette uneseule fois l'année.

Mais dans l’antiquité païenne , nul feusacré n’est plus célébré que le feu de Vesta ,la divinité du feu , ou le feu même. Sonculte coníîstoit à veiller à la conservationdu feu qui lui étoit consacré , & à prendrebien garde qu’il ne s’cteignît ; ce qui faifoirle principal devoir des vestales, c’est-à-diredes prêtresses vierges attachées au service dela déesse. Voycr Vesta & Vestales,

L’extinction du feu sacré de Vesta, dontla durée paílòit pour le type de la grandeurde l’empire , étoit regardé conséquemmentcomme un présage des plus funestes ; Sc lanégligence des vestales à cet égard , étoitpunie du fouet, D’éclatans Sc de malheu-reux événemens que la fortune avoit placéà peu près dans les temps où le feu sacrés’étoit éteint, avoient fait naître une supers-tition qui s’étendït jusque sur les gens les plussensés. Le feu sacré s'éteignit dans la con-joncture de la guerre de Mithridate ; Romevit encore consumer le feu Sc l’autel deVesta , pendant ses troubles intestins. Lestà cette occaíion que Plutarque remarqueque la lampe sacrée finit à Athènes durantla tyrannie d'Aristion , ; Sc qu’on éprouva lamême chose à Delphes, peu de temps aprèsl’incendie du temple d’Apollon -, l’événe-ment néanmoins ne justifia pas toujours lafoiblesse d’esprit, Sc le scrupule des Romains.

Dans la seconde guerre punique, parmitous les prodiges vus à Rome ou rapportésdu dehors, selon Tite-Live , la consterna-tion ne fut jamais plus grande que lorsqu’onapprit que le feu sacré venoit de s’éteindreau temple de Vesta : ni, selon cet historien,les épis devenus sanglans entre les mains desmoissonneurs , ni deux soleils apperçus à lafois dans la ville d’Albe , ni la foudre tom-.béesur plusieurs temples des dieux, ne firentpoint furie peuple la même impression qu’unaccident arrive de nuit par une pure négli-gence humaine. On en fit une punitionexemplaire ; le pontife rieur d’égard qu’à laloi caefa flagro est veflalis ; toutes les affairescesserent , tant publiques que particulières ;on alla en procession au temple de Vesta ,Sc on expia le crime de la vestale par l’irrj-molation des grandes victimes. L’appréhen-íìon du peuple romain portoit cependant àtaux dans cette occasion, j Sc cet accident qui

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avoit mis tout Rome en mouvement, futprécédé du triomphe de Marcus Livius Scde ClaudiusNéron, Sc suivi des grands avan-tages par lesquels Scipion finit la guerre d’Ef-pagne contre les Carthaginois.

Quoi qu’il en soit, quand le feu sacrévenoit à s’éteindre par malheur, on ne fon-geoit qu’à le rallumer le plutôt possible :mais comment s’y prenoit-on ; car il nefalloir pas user pour cela d’un feu matériel,comme si ce feu nouveau ne pouvoit êtrequ’un présent du ciel ? du moins, selon Plu-tarque , il n’étoit permis de le tirer que desrayons même du soleil : à l’aide d’un vased’airain les rayons venant à so réunir , lamatière seche Sc aride sur laquelle tomboientces rayons , s’allumoit auslî-tôt ; ce vased’airain étoit, comme l’on volt, une efpecede miroir ardent. Voye^ Ardent.

On fait que Festus n’est point d’accordavec Plutarque fur ce sujet ; car il assure queppur rallumer le feu sacré , on prenoitune table de bois qrion perçoit avec unvilbrequin , julqu’à ce que l’attrition pro-duisît du feu qu’une vestale recevoit dansun crible d’airain , Sc le portoit en hâte autemple de Vesta , bâti par Numa Pompi-lius ; Sc alors elle jetoit ce feu dans des ré-chauds cu vaisseaux de terre , qui étoiencplacés fur l’autel de la déesse»

Lipse adopte ce dernier sentiment deFestus , Sc soutient que le passage de Plu-,tarque cité ci-dessus, se doit entendre deyGrecs Sc non des Romains, d’autant mieuxque les vases creux dont il parle , Sc qui n’c-toient autre chose que les miroirs paraboli-ques , ont été inventés par Archimede, le-quel est postérieur à Numa de plus de 500ans.

Cependant, outre qu’on ne peut guereappliquer les paroles de Plutarque à la cou-tume des Grecs fans leur taire une grandeviolence , il seroit aisé de concilier FestusSc Plutarque , en ayant égard aux diverstemps de la république. Je croirois doncque depuis Numa jufqu’à Archimede , lesRomains ignorant l’uíage des miroirs ar-dens, ont pu se servir de l'invention de pro-duire du feu qui est décrite par Festus : maisdepuis qu’Archimede eut fàit des épreuvesmerveilleuses avec ses miroirs, Sc sur-toutdepuis qu’il en eut écrit un livre exprès,

| comme Pappus le. rapporte, cette invention