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fut connue de tout le monde , &c pour lorsles Romains s’en servirent sans doute commed'un moyen plus noble &c plus facile quetout autre pour rallumer 1 t feu sacré. (M. lechevalier d B JaucoURT.)
Feux d’Artifice , composition de ma-tières combustibles, faite dans les réglés deFart ( voye{ Pyrotechnie ) , pour servirou dans ses grandes occasions de joie , oudans la guerre , pour être employée commearme offensive, ou comme moyen brillantde réjouiffance.
Le méchanisme d un feu d*artifice dansles deux genres ; la partie physique qui guidefa composition, la géométrique qui la dis-tribue , sont des objets dé j a traités dans \’ar-ticle Artifice ; dans les favans écrits de M.Frezier ; & en 17J0 , dans un traité desfeux d’artifice de M. Perrinet d’Orval, oùla clarté , mille choses nouvelles , le désird’en trouver encore beaucoup d'autres , l’in-dication des moyens pour y parvenir, mon-trent cette sagacité si utile aux progrès desarts, cette étude assidue des causes & deseffets, cette opiniâtreté dans les expériences,qui caractérisent à la fois une théorie pro-fonde Sc une pratique sûre. V. l’articlesuiv.
Je ne crois point devoir toucher à cesobjets ; je n'ai cherché à les connoître qu’au-tant qu’ils mont paru liés aux grands spec-tacles que les rois, les villes, les provinces,6’c. offrent aux peuples dans les occasionssolemnelles : ils m’ont paru dans ce cas tenirSc devoir être fournis à des loix générales,qui furent toujours la réglé de tous les arts.
L artificier doit donc, par exemple, avoirdevant les yeux fans cesse , en formant leplan de différera feux qu’il fait entrer dansfa composition , non seulement de les assor-tir les uns avec les autres , de faire ressortirleurs effets par des contrastes , d’animer lescouleurs par les mouvemens , & de donner2 leur rapidité la plus grande ou la moindrevitesse , ùc. mais encore de combiner tou-tes ces parties avec le plan général du spec-tacle que la décoration indique.
Cette loi primitive fait assez pressentir lepoint fixe où Fart a toujours voulu atteindre.Il est dans la nature de la chose même,que tout spectacle représente quelque cho-se : or on ne représente rien dans ces occa-sions , lorsqu’on ne peint que des objets fansaction j le mouvement de la fusée la plus
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brillante, si elle n’a point de but fixe , nemontre qu une traînée de feu qui se perddans les airs.
Ces feux d’artifice qui représentent seule-ment & comme en répétition , par les dif-férera effets des couleurs , des mouvemens,des brillans du feu , la décoration fur la-quelle ils font posés, fut-elle du plus ingé-nieux dessin , n’auront' jamais que le fri-vole mérite des découpures. 11 faut peindredans tous les arts, & dans ce qu’on nom-me speclacle , il faut peindre par les actions.Les exemples de <e genre de feux d.*artificesent répandus dans les différera articles del’Encyclopédie qui y ont quelque rapport.V . Fêtes, Fêtes de la ville de Paris, Gv.
Les Chinois ont poussé Fart pour la variétédes formes , des couleurs, des effets, j usequ’au dernier période. Les Moscovites fontsupérieurs au reste de l’Europe, dans lescombinaisons des figures, des mouvemens,des contrastes du feu artificiel : pourquoi ,dans le dessin de la France , ne pourrions-nous pas , en adoptant tout ce que ces na-tions étrangères ont déja trouvé, inventerdes moyens, des secours nouveaux , pourétendre les bornes d’un art dont les effetssent déja fort agréables, & qui pourroientdevenir aussi honorables pour les inventeurs,qu’agréables pour la nation ?
Y a-t-il eu encore rien d’aussi imposanten feu d'artifice , que le seroit le combat desbons anges contre les médians ì Les airssont le lieu de la seene , indiqué par Fac-tion même ? Les détails sont ofserts par lesublime Mil ton. Dessinez à votre imagina-tion , échauffée par cette grande image,Pattaque , le combat, la chute ; peignez-vous le spectacle magnifique de ce momentde triomphe des bons anges ; calculez lescoups d’un effet sûr, qui naissent en foulede ce grand sujet.
Mais il faudroit donc employer à tous cesspectacles des machines ? Et pourquoi non ?A quoi destinera-t-on ces ingénieuses resesources de Fart, si 011 les laiíse oisives dansles plus belles occasions ? Sans doute qu’ilfiuaroit donner à Partifice du feu , dans cesreprésentations surprenantes, le secours desbelles machines, qui en ranimant Faction,entretiendroient Fillusion qui est le charmele plus nécessaire. Les arts ne sont-ils pasI destinés à s’entr’aider & à s’unir ensemble;