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Tome quatorzième.
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thée , suivant la fable, qui déroba le feu duciel, Sc qui en fit un présent aux hommes ;ce n est pas à dire cependant, qu il leur enait fait connoître le premier l'u sage & leseffets : cette connoissance est fans doute pres-que austi ancienne que le monde , soit quela foudre ait porté le feu sur la terre, soitqu'on ait fait du feu par hasard en frappantdes cailloux , ou de toute autre maniéré qui 1en peut produire artificiellement ; mais Pro-méthée qui étoit un prince éclairé , décou-vrit aux habitans de îa Scythie , gens bar-bares Sc grossiers , la maniéré Rappliquer lefeu à leurs besoins, & à plusieurs opérationsdes arts manuels. Voilà ce que désigne lefeu qu'il emprunta du ciel.

Ainsi Vulcain , premier roi d’Egypte ,ayant établi des forges dans l'iíle de Lem-nes , Sc appris aux insulaires fart de rendreles métaux fusibles ou malléables , par lemoyen du feu , il arriva que tous ceux quiprofitèrent dans la fuite de ses inventions,nommèrent Vulcain le dieu du feu, Sc offri-rent à ce dieu des sacrifices, en reconnois-sance de ses bienfaits.

Ce dieu eut plusieurs temples à Rome ,Sc un entr'autres dans lequel le peuple trai-toit souvent les affaires les plus graves dela république, parce que les Romains necroyoient pas pouvoir rien invoquer de plussacré , pour assurer les décisions qui s'y pre-noient, que le feu vengeur dont ce dieuétoit le symbole ; Sc dans les sacrifices qu’onlui offroit, on consumoit par le feu toute lavictime ; c'étoient de véritables holocaustes.

Mais pourquoi les Romains présentoient-îls aux nouvelles mariées du feu Sc de l'eau ,loríqu’elles entroient dans la maison de leursépoux ; Denis d’Halycarnasse nous apprend( liv. II. J que Romulus institua cette céré-monie , lorsqu'il unit les Sabines à leursravisseurs ; Sc ce qu'il y a de plus singulier ,c’est qu'elle se perpétua d’âge en âge : lespoètes nous en fournissent la preuve.

Stace feint agréablement dans son épitha-lame de Stella Sc de Violentilla, que lesmuses descendent du Parnasse, pour venirprésenter 1 c feu Sc seau aux nouveaux mariés.

Procul ecce canorœ

Demigrant Hclicone Deœ , quatiuntque novenaLampade ,solemnem thalamis coeuntibus ignem,

Et de'pieriis vocalem fontibus undam.

FEtí

ValerîusFîaccus a orné de la même imageion poème des Argonautes.

Inde ubì sacrifiais cumconjuge venit ad aras

JEfotudcs , unâque adeunt , pariterqutprecari

Incipiunt , ignem Polluxundamquefugalem

Prcetulìt.

Plutarque épuise en vain son esprit à cher-cher des raisons allégoriques du fondementde cet usage , qui de son temps étoit encorea la mode. De pareilles coutumes n'ontguered autres sources que la superstition des peu-ples qui les imaginent, ou qui les emprun-tent de leurs voisins. ( M. le chevalier nsJaucourt. )

Feu S. Antoine , ( Médecine. ) On adonné le nom de feu S. Antoine à deux ma-i ladies bien différentes , & qui n'ont quequelques signes semblables, en quoi Ion afait comme le petit peuple du royaume, quidans la derniere guerre appelloit pandourstous les corps de cavalerie des ennemis.

Nos anciens historiens parlent brièvementSc très-obscurément de l'une de ces deuxmaladies, & nos journaux des savans ontcaractérisé l'autre fort au long Sc sort net-tement.

La premiere maladie, connue sous 1cnom de feu S. Antoine , fit de grands rava-ges en France dans les xj & xij e siécles. Ellecausoit, dit l'histoire , la perte des membresdu corps, auxquels elle s'attachoit ; elle lesdesséchois, les rendoit livides, noirs & gan-grenés ; ce mal épidémique Sc contagieuxattaquoit les parties externes Sc internes , Scs'étendoit fur tout le monde : c étoit unevraie maladie pestilentielle.

On mettoit les malades dans des lieuxécartés ; Sc pour empêcher qu on eût aveceux quelque communication , on peignaitdu feu fur les murailles des endroits où onles avoir renfermés. On trouvera dans îasatyre Ménippée Sc dans Rabelais ( deuxlivres uniques en leur genre), des preuvesde cet usage.

Les gens au fait de l'inftitution des ordresmonastiques, savent que ce fut pour ceuxqui étoient atteints de cette efpece de peste ,qu'Urbain II, ce pape íî connu dans l'his-toire par les guerres des croisades ( voye^l y article Croisade), fonda deux ans auga-