Ltzr F I B
tous flexibles dans les premiers re'mps de lavie , il doit s’en suivre qu’ils se dilatent tous.Et plusieurs vaiíleaux qui (e trouvent con-tinus , qui forment une'maíle entr\ ux, étantconçus agir ainsi les uns fur les autres, parla dilatation syncrone qu’ils éprouvent tous ;mais cette dilatation ne se faisant pas danstous avec une égale force , parce qu'ils n’ontpas tons le même diamètre, parce qu'ils fontplus ou moins grands , parce qu’il y en a decomposés &c de simples ; ceux qui font lesplus petits , dont les fluides contenus semeuvent par conséquent avec plus de len-, tcur , non feulement ne peuvent pas se dila-ter comme les grands, mais encore ils nepeuvent pas conserver la cavité qui leur estpropre ; ils sont prestes, comprimés de touscôtés par les vaisseaux qui les environnent,dont la dilatation se fait avec une force supé-rieure; ils cedeut à ces forces réunies con-tr’cux , jusqu à ce que les parois de ces petitsvaiíleaux etant de plus en plus portées lesunes contre les autres, leur cavité se perd,s’oblittre peu à peu ; elles viennent à íe tou-cher à 1 opposite, à être fortement appliquéesles unes contre les autres, & cestent de for-mer un vaisseau pour n’être plus qu’un ag-grégé ou un fascicule de fibres intimementunies entr'elles , & par le contact: récipro-que , &c peut-être auíïì par la concrétion dupeu de fluides propres qui restent dans leurscavités, qui a par conséquent beaucoup plusde force qu il n’y en avoir auparavant dansces mêmes fibres , lorsqu elles setouchoiententr'elles par moins de côtés : la cohésionainsi augmentée, les rend plus fermes, pluscompactes , & par conséquent plus propresà conserver leur continuité , à résister à touteffort , qui tend à en opérer la solution.
Si l’on connoît qu'un semblable ester soitproduit dans un grand nombre de vaisteauxsimples des différentes parties du corps, ondoit en conclure que la fermeté , la soliditédoit augmenter dans toutes ses parties : orcomme, par le méchanisme général ducorps humain , cette force de pression desvaisseaux .les uns furies autres, qui tendainsi à convertir les vaiíleaux simples enfibres composées, produit ses effets par de-grés pendant tout le cours de la vie , enles augmentant continuellement à mesurequ elle augmente elle-même ; il s’ensuit que
F I B
toutes les parties du corps tendent continuel-lement à devenir p'us solides, plus duresjuíqu’à perdre leur flexibilité , être dessé-chées prcsqu’entiérement ; c'est cette consi-dération qui a fait dire aux anciens quevivere ejl continua rigejiere , que faction devie est une tendance continuelle à priver deleur flexibilité toutes les parties solides de1 animal , à détruire par conséquent la qua-lité la plus néceílaire pour l’exercice de cetteaction : ensorte que ce qui constitue la causeessentielle de la vie ôc l’entretient, tend deplus en .plus à devenir là cause de la cessa-tion de la vie : c’est une loi commune ,non-seulement à tout ce qui est animé ,mais même à ce qui végété : un chênenaissant est aussi mou , aussi flexible quel’herbe fraîche : quelle dureté, quelle rai-deur n’acquiert-il pas par son accrailltment& par la durée de fa végétation 1 Les partiesde l’cmbryon , qui ne sont que pulpeusesdans les premiers temps de la vie, prennenfpeu à peu & de plus en plus une consis-tance qui augmente sensiblement d âge enâge dans l’adulte , & qui parvenue à sondernier degré de rigidité , constitue la causede la vieillesse & de la fin des actions dela vie, parce qu’elles dépendent de la fle-xibilité des organes , qui ne subsiste plusdans le cas dont il s’agit, les fibres étantdures & destéchées par le long exercice deces actions mêmes.
Inexpérience démontre ces effets , puis-que non-seulement ils ont lieu d’une maniérébien sensible dans la peau, les muscles, lestendons, mais encore dans des substancesdes plus molles respectivement ( telles queles membranes , comme la plevre, la dure-mere , les tuniques des vaisseaux , le troncde l’aorte même ; des portions du soie ,de la rate ), qui ont été trouvées dans desvieillards véritablement ossifiées ; ce quiarrive en général , principalement dans lesparties expolees à de sortes pressions.
Quoique dans l’embryon les parties parais-sent toutes également molles &c pulpeuses,& ne semblent pas avoir plus de consis-tance les unes que les autres ; les progrèsde la solidité ne se font pas en même pro-portion dans toutes ; elle parvient à une très-grande fermeté dans les os ; elle est toujoursmomdre dans les cartilages, & beaucoup