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mable. Lisant dans les yeux adorés & sonamour 6c son devoir , il sait que pour prou-ver 1a vérité de lu n , il ne doit s écarterjamais des réglés que lui prescrit l’autre.
Que de choses charmantes pour l’amantqui est fidele ! Qu’il trouve de bonheur à1 erre, 6c de plaisir à penser qu’il le sera tou-jours ! Lçs plus grands sacrifices font pourlui les plus chers. Sa délicatesse voudroítqu’ils fuísent plus précieux encore. C’est labelle Thétis qui desiroit que Jupiter soupi-rant pour elle , eût encore plus de grandeur,pour le sacrifier à Pelée avtc plus de plaisir.
La fidélité est 1a preuve d’un sentimenttrès-vrai, & l’effet d'une probité bien grande.
Il ne faut qu’aimer d'un amour íincere ,pour goûter la douceur qu on sent à demeu-rer fidcle. Passer tous les instans de la vieprès de l’objet qui en fait le charme, em-ployer tous ses jours à faire l'agtément 6c leplaisir des siens , ne songer qu'à lui plaire,6c penser qu’en ne cessant point de l'aimeron lui plaira toujours ; vola. les idées déli-cieuses du véritable amant, Sc la situationenchantée de l'amant fidele.
Je dis encore que la fidélité appartient àune ame honnête. En effet, examinons cequ’en amour les femmes font pour nous ,&c nous verrons par-k ce que nous devonsfaire pour elles.
Ce qui est préjugé dans l’ordre naturel,devient loi dans l’ordre civil. L’honneur,la réputation & la gloire , pures chimèrespour la femme de la nature, font pour lafemme qui vit en société , dans l’ordre leplus nécessaire de lès devoirs. Instruite dèsl’enfance de ce que prescrivent ces derniers& de ce qui les altéré , quels efforts ne doit-elle pas faire , quand elle veut y manquer ìque l’on regarde la force de íès chaînes, 6c1 on jugera de celles qu’il faut pour les briser.Voilà pourtant tout ce qu’il en coûte à lafemme qui devient sensible , pour l’avouer.Ajoutez à cet état forcé les craintes de lafoibieffe naturelle 6c les combats de la fiertémourante. Quelle reconnoiffance ne devons- !nous donc pas avoir pour de si grands sacrifi-ces ! Ce n’est qu’en aimant bien , comme enaimant toujours, que nous pouvons les mé-riter ; c’est en portant la fidélité jusqu’au scru-pule , en pensant enfin que les choses agréa-bles , même les plus légeres, que l’on dit à
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l’objet qui n’est pas l’objet aimé , font autantde larcins que l’on fut à l’amour. On voieassez par-là qu’il n’y a guere que l’amourvertueux qui puisse donner l’amour fidele.Cet article efl de M. MaRGENCY.
Fidélité , (Mythol. Médailles , Littér.)en latin fi.de s , déesse des Romains qui pré-sidoit à la bonne foi dans le commerce dela vie, 6c à la sûreté dans les promesses.On la prenoit à témoin dans les engage-mens, 6c le serment qu’on faisoit par elle,étoit de tous les sermens le plus inviolable;elle tenoit en .conséquence le premier rangdans la religidn , 6c étoit regardée commela principale conservatrice de la sûreté pu-blique.
On la représeníoit par deux mains quîse joignoient ensemble , ainsi qu’on le voltsur plusieurs médailles, par exemple , danscelle d’Antoine , de Vitellius, de Vespaíien6c d’autres , avec ces mors , fides exerci-tuum , 6c dans celles d’Hostiíicns , avecceux-ci, fides fenatûs. Consultez l’ouvragenumismatique de Bandury. Ailleurs elle estreprésentée debout, tenant d’une main unepatere, 6c quelquefois de l’autre une corned'abondance , avec ces paroles , fides pu~blica. Souvent elle paroît avec une ou plu-sieurs aigles romaines.
On volt encore cette déesse gravée furles médailles , fous la figure d’une femmecouronnée de feuilles d’olivier ; d’autresfois elle est assise tenant d’une main unetourterelle, symbole de la fidélité , 6c del’autre un signe militaire. Enfin elle estdépeinte avec plusieurs autres attributs furquantité de médailles , qui ont pour ins-cription ; fides aug. mutua , publica , equit .exercitus , milìtum , cohortiurn , legionum ,6cc. Quelquefois avec ces inscriptions , ontrouve deux figures qui joignent la mainensemble , pour désigner l’union de gensqui íè conservent la foi les uns aux autres.Dans une médaille de Titus, derrière lesdeux mains jointes, s’élevent un caducée8c deux épis de blé.
Cette divinité n’avoit pour tout habille-ment qu un voile blanc, symbole de sacandeur Sc de fa franchise, te fpes & alborrara fides colit relata panno , dit Horace. Sesautels n’étoient point arrosés de sang, 6con ne tuoit aucun animal dans ses sacrifices,