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parce quelle détestoit l’ombre même ducarnage. Ses prêtres a voient à ion exemplela tête Sc les mains couvertes d’un voileblanc , pour faire connoître qu ils agislòientavec une extrême sincérité , & dans ce qu’ilsméditoient, & dans ce qu ils exécutoient.Ils lui présentoient toujours leurs offrandesavec la main droite enveloppée du voile ;Sc c’est par cette raison , suivant quelques-uns , que l’on prête encore serment de cettemain.
Numa, selon les historiens de Rome,Considérant la fidélité comme la chose dumonde la plus sainte Sc la plus vénérable ,fut le premier de tous les hommes qui luibâtit un temple ; & il voulut que les fraisde son culte Sc de ses autels se fissent auxdépens du public , qui y étoit si fort inté-resté. Ce temple de Numa étant tombé enruine, fut réédifié par les foins d’AttiliusCollatinus, car c’est ainsi qu’on doit inter-préter un passage du II e livre de la naturedes dieux. La statue de la fidélité fut placéedans !e capitole , tout près de celle de Ju-piter , quam in capitolio , dit Cicéron , vici-nam Jovis optimi maximi majores nofìri ejfcvoluerunt ; ils croyoient quelle étoit respec-table à Jupiter même , dont elle scelloitlessermens. C’est ce qu’Ennius nous apprenddans ce passage que Cicéron rapporte, Sctrouve avec raison si beau :
O fides aima , opta pirmis , & jusjuran-dum Jovis !
« O divine foi, vous méritez d’être pla-» cée au plus haut des temples, vous qui« proprement n’êtes rien autre chose que» le serment de Jupiter ».
En effet, Numa ne fit rien de plus dignede lui, que de consacrer un temple à lafidélité , afin que tout ce qu’on promettoitsans écriture Sc fans témoins fut aussi stableque ce qui seroit promis Sc juré avec toutesles formalités des contrats, Sc le peuplequ’il gouvernoit pensa de même que lelégislateur. Polybe Sc Plutarque rendentaux Romains ce témoignage glorieux, qu’ilsgardèrent long-temps & inviolablement leurfoi, fans caution, témoin ni promesse ;au lieu , disent-ils , que dix cautions, vingtpromesses & autant de témoins , ne meu-roient personne en sûreté contre l’infidélité
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des Gíecs. Je crains bien que les peuplesde nos jours si civilisés, ne ressemblentaux Grecs de Plutarque Sc de Polybe : hécomment ne leur ressembleraient - ils pas ,puisque les Romains mêmes ne tenoient plusaucun compte de la foi fous le régné d’Oc-tave ! C’est pourquoi les écrivains du sieclede cet empereur donnaient à cette vertu 1cnom d ’antique , cana fides , pour marquerque les siécles où elle avait été dans fa force ,étaient déja bien éloignés ; elle existait avantJupiter , dit Silius Italiens. Ils l’appelloientencore rare , rara fides , pour faire entendrequ’elle ne íe trouvait presque plus chez lesnations policées, Sc qu’elle n’y a guere parudepuis. (M. le chevalier de J au court.)
Fidélité ( l’ordre de la ) , institué parChristian VI, roi de Danemarck , le 7 août1731, pour l’anniversaire de ion mariage.
La marque de l’ordre est une croix d’orémaillée d’argent , les quatre angles rayon-nans, au centre un écuííon de gueules enovale, chargé d’un lion Sc d’un aigle enchef, Sc d’un aigle & d’un lion en pointe ,le tout d’argent ; un petit écusson d’azur auxchiffres du roi Sc de la reine , brochant i'urles lions & les aigles. Au revers on lit cesmots : Irt felicijstmae unìonis memoriam.
Cette croix est attachée à un cordon defoie bleue turquin , tissu d’argent aux extré-mités. ( G. D. L. T. )
FIDENES , ( Géog. ) Fidence ou Fidena.La ville de Fidenes étoit dans le pays desSabins, un peu au-dessus du confluent del’Anio & du Tibre : c’étoit une colonie desAlbains qui devint une colonie Romaine ,lorsque Romulus l’eut assujettie. Elle devintfameuse sous l’empire de Tibere par un dé-sastre qui fit périr en un instant plus de Ro-mains quen’en aurait emporté une sanglantebataille. Un amphithéâtre construit à la hâtepar un affranchi, peu soigneux d’en assurerla charpente , & de donner à tout l’édificedes fondemens solides , fondit tout-à-coupfous le poids énorme dont il étoit chargé ,Sc par fa chute fit périr ou blessa dangereu-sement cinquante mille spectateurs que lacuriosité avoir amenés de Rome Sc des villesvoisines. Les théâtres de Curion, quoiqued’une construction plus hardie , puifqu’ilsroulaient fur un pivot , n’eurent pas deseffets si surprenait!. Pline qui les décrit,