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Tome quatorzième.
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Si jamais un dieu mérita des temples,c’t ft le dieu Fidius ; auílì en avoit-il plu-sieurs à Rome :l’un dans la treizième régionde la ville ; un autre qui étoit appellé cédésdii Fìdiì fponforis , temple du dieu , Fi-dius sponsor ; c’est-à-dire, garant des pro-messes ; 8c un troisième situé fur le montQuirinal, où l’on célébrait la fête de cedieu le j juin de chaque année. Ovide ditau sujet de ce dernier temple, qu’il étoiti’ouvrage des anciens Sabins , Fuji. îiv. VI,y. zij, Denys d’Halycarnasse assure au con-traire positivement que Tarquìn le Superbei’avoit bâti, & qu’environ quarante ansaprès la mort de ce roi, Spurius Posthumiusétant consul, en fit la dédicace.

Mais fans examiner qui a raison du poëteou de l’historien, 8c fans chercher à lesconcilier , il est toujours certain que quelque fût le dieu Fidius , ou Jupiter vengeurdes faux fermens, ou Hercule son fils,ou tout autre , & de quelque maniéré qu’onl’appellât, ce dieu présidoit à la saintetédes engagemens. Ou lui donnoít par cetteraison pour compagnie, l’honneur & la vé-rité. Un ancien marbre qui existe encore àRome, en fait foi ; il représente d’un côtésous une efpece de pavillon, un hommevêtu à la romaine, près duquel est écrithcnor , & de l’autre côté une femme cou-ronnée de laurier , avec cette inscription ,’veritas ; ces deux figures íè touchent dansla main ; au milieu d’elles est représenté unjeune garçon d’une figure charmante, &au-dessus on lit dius Fidius. Voilà une idéebien noble & bien juste ! ne íèroit - ellegravée que fur le marbre ?

Après ce détail, on fera maître de con-sulter ou de ne pas consulter Festus & Sca-liger fur Denys d’Halycarnasse ; Voisins deidole;!, lib, I, cap. xi j , lib. Vlll,cap. xiij ;Struvius antiq. Rom. synt. cap. j ; les dic-tionnaires de Pitifcus 8c de Martinus, &c.Au reste la fidélité étoit une divinité diffé-rente du dieu Fidius ; ou prmieux dire,les Romains avoient un dieu 8c une déessequi présidoient à la bonne foi, à la furetédes engagemens 8c des promestès. Voye çdonc Fidélité. {M, le ch. jde Jaucourtj

FIDUCIAIRE , f. m. ( Jurifprud. J sedit d’un héritier ou légataire , qui est char-gé par le défunt de rendre à quelqu’un la

F I v

succession ou le legs, en tout ou partie.Voye^ Fiducie , Fideicommis , Héri-tier fiduciaire , Substitution. (A)

FIDUCIE , f. f. ( Jurispr. ) fiducia feupaclum fiducice , étoit chez les Romains unevente simulée faite à l’acheteur, fous lacondition de rétrocéder la chose au vendeurau bout d’un certain temps.

Ce terme fiducia , qui est fort commuadans les anciens livres, ne se trouve pointdans tout le corps de droit, du moins poursignifier un gage.

L’origine de ce pacte vint de ce qu’onfut long-temps à Rome, fans connoîtrel’ufige des hypothéqués ; de forte que pourpouvoir engager les immeubles aussi bienque les meubles , on inventa cette maniéréde vente simulée appellée fiducia , par la-quelle celui qui avoir besoin d’argent, ven-aoit & livrait, par l’ancienne cérémoniede la mancipation , son héritage à celuiqui lui prêtoit de l’argent, à condition néan-moins que celui-ci ferait tenu de lui vendre8c livrer l’héritage avec la même cérémo-nie , lorfqu’il lui rendrait ses deniers. Fi-ducia contrahitur , dit Boëce fur les topiquesde Cicéron , cum res alicui mancìpatur , ealege ut eam mancipanti remancipes efi queeremancipatio fiduciarìa , cum refiítuendi fidesinterponitur.

Le créancier ou acheteur fiduciaire, avoircoutume de prendre pour lui les fruits del’héritage.

Ces ventes fiduciaires étoient si commu-nes anciennement chez les Romains , queparmi le petit nombre de formules qu’ilsavoient pour les actions, il y en avoit uneexprès pour ce pacte, appellée judicium fi-ducice , dont la formule étoit, inter bonosbene agies , ct fine fraudatione , dit Cicéron ,au troifieme de ses offices. Ce jugement étoit,dit-il , magnee exifiimationis , imo etiamfa-mosum. Voyez Orat. pro Ros com, & pro

ccecinna.

Mais depuis que les engagemens 8c mê-me les simples hypothéqués convention-nelles des immeubles furent autorisées, onn’eut plus besoin de ces ventes simulées,ni de ces formalités de mancipations 8c derémancipations , dans lesquelles il y avojttoujours du hasard à courir , au cas quel’acheteur fiduciaire fût de mauvaise foi.'

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