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les nations germaines, les Viíîgoths occu-
Í ierent la Gaule narbonnoise, &presquetoute midi ; les Bourguignons íe fixerent dans 1apartie qui regarde l’orient ; les Francs con-quirent à peu près le reste ; & ces peuples con-servèrent dans leurs conquêtes les mœurs, lesinclinations , 8c les usages qu’ils avoientdans leurs pays , parce qu'une nation nechange pas dans un instant de maniérésde penser & d'agir. Ces peuples, dans laGermanie, cultivoient peu les terres, 8cs’appliquoient beaucoup à la vie pastorale.Roricon , qui écrivoit Fhistoire chez lesFrancs, étoit pasteur.
Le partage des terres se fit différemmentchez les divers peuples qui envahirent Fem-pire : les uns, comme les Goths & les Bour-guignons , firent des conventions avec lesanciens habitans fur le partage des terres dupays : les seconds, comme les Francs dansles Gaules, prirent ce qu ils voulurent, 8cne firent de réglemens qu’entr’eux ; mais dansce partage même, les Francs 8c les Bourgui-gnons agirent avec la même modération. Ilsne dépouillèrent point les peuples conquis detoute Fétcndue de leurs terres ; ils en prirenttantôt les deux tiers, tantôt la moitié, & seu-lement dans certains quartiers. Qu’auroient-ils fait de tant de terres ?
D’ailleurs il faut considérer que les parta-ges ne furent point exécutés dans un esprittyrannique, mais dans l’idée de subveniraux besoins mutuels de deux peuples quidévoient habiter le même pays. La loi desBourguignons veut que chaque Bourguignonsoit reçu en qualité d'hôte chez un Romain-:le nombre des Romains qui donnerent le par-tage, fut donc égal à celui des Bourguignonsqui le reçurent. Le Romain fut lésé le moinsqu il lui fut possibles: le Bourguignon chasseurSc pasteur , ne dédaignoit pas de prendredes friches j le Romain gardoit les terres lesplus propres à k culture ; les troupeaux duBourguignon engraissoient le champ duRomain.
Ces partages de terres íbnt appelles parles écrivains du dernier temps , sortes gothi-cœ , Sc sortes romance en Italie. La portion duterrein que les Francs prirent pour eux dansles Gaules , fut appellée terra salica , terresalique ; le reste fut nommé allodìum , enfrançais a/eu, de k particule négative à, &
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heud qui signifie en langue teuton!que, lespersonnes attachées par des ténemens de fief,qui feules avoient part à Rétablissement desoix.
Le Romain ne vivoit pas plus dans l’ef-clavage chez les Francs, que chez les autresconquérans de la Gaule ; 8c jamais les Francsne firent de règlement général , qui mît leRomain dans une eípece de servitude. Quantaux tributs, si les Gaulois & les Romainsvaincus en payerent aux Francs, ce qui n estpas vraisemblable dans la monarchie de cespeuples simples, ces tributs n’eurent pas lieulong-temps, & furent changés en un servicemilitaire : quant aux cens, il ne se levoitque fur les serfs, & jamais fur les hommeslibres.
Comme les Germains avoient des volon-taires qui suivoient les princes dans leursentreprises, le même usage se conserva aprèsla conquête. Tacite les désigne par le nomde compagnons comités ; la loi salique parcelui d'hommes qui font fous la foi du roi ,qui funt in trufie régis , tit. xliv, art. 4 ; cesformules de Marculfe (7. 1, for m. j8) , parcelui d’antrufiions du roi , du mot trew , quisignifie fidcle chez les Allemands, & chez lesAnglois true , vrai ; nos premiers historienspar celui de leudes, de fideles ; 8c les suivanspar celui de vassaux, 8c seigneurs, vajfali,feniores.
Les biens réservés pour les leudes, surentappelles dans les divers auteurs, 8c dans lesdivers temps, des biens fiscaux , des bénéfices ■termes que Fon a ensuite appropriés aux pro-motions ecclésiastiques ; des honneurs ,■ desrfiefs , c'est-à-dire , dons ou pojsejsons , dumot teutonique , feld ou fioeld , qui a cettesignification ; dans la langue angloise on lesappella fées.
On ne peut pas douter que les fiefs ne fus-sent d’abord; amovibles. Les historiens, lesformules, les codes des différons peuples bar-bares, tous les monumens qui nous restent,íbnt unanimes fur ce fait. Enfin, ceux quiont écrit 1e livre des fiefs , nous apprennentque d'abord les seigneurs purent les ôter àleur volonté, qu ensuite ils les assurèrentpour un an, Lc ensuite les donnerent pourla vie.
Deux sortes de gens étoient tenus au ser-vice militaire ; les leudes vassaux qui y étoient