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considéré comme un genre 3e bien quictoit dans le commerce, il tenoit au droitcivil: cela donna naissance aux loix civilesfur les fiefs.
Les fiefs étant devenus héréditaires, lesloix concernant 1 ordre des succédions du-rent être relatives à la loi de la perpétuitédes fiefs : ainsi s'établit, malgré la dispo-sition du droit romain 8c de la loi salique,cette réglé du droit françois, propres ne re-montent point. Il falloic que le fief fût servi ;mais un aïeul, un grand oncle, auroientété de mauvais vallaux à donner au íei-
f pieur ; auísi cette réglé n'eut-elle d’abordieu que pour les fiefs , comme nous Rap-prenons de Bourillier.
Les fiefs étant devenus héréditaires, lesseigneurs soigneux de veiller à ce que lefief fut servi, exiger ent que les filles qui dé-voient succéder aux fiefs ne pussent se ma-rier lans leur consentement ; de sorte queles contrats de mariage devinrent pour lesnobles une disposition féodale, & une dis-position civile. Dans un acte pareil fait fousles yeux du seigneur, on faisoit des dispo-sitions pour la succeíïion suture, dans lavue que le fief pût être servi par les héritiers.
En un mot les fiefs étant devenus hérédi-taires , 8c les arriéré-fiefs s’étant étendus,il s'introduisit beaucoup d’ufages en France,auxquels les loix sadiques, ripuaires , bour-guignones , 8c visigothes n’étoient plus ap-plicables on en retint bien pendant quel-que temps l'esprît, qui étoit de régler laplupart des affaires par des amendes ; maisles valeurs ayant changé , les amendes chan-gèrent auíïì. L'on suivit l'eíprit de la loi ,fans suivre la loi même, D’ailleurs la Francefe trouvant divisée en une infinité de pe-tites seigneuries qui reconnoissoient plutôtune dépendance féodale, qu'une dépendan-ce politique, i! n'y eut plus de loi commune,Les loix saliques, bourguignons, & visi-gothes , furent donc extrêmement négli-gées à la fin de la seconde race ; & au com- <mencement de la troisième on n'en enten- ■dit presque plus parler. C'est ainsi que les >codes des loix des barbares 8c les capitulasses ife perdirent.
Enfin le gouvernement féodal commença <entre le douzième 8c treizième siecle, à dé- :plaire également aux monarques qui gou- <
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i vernoíefit la France, l’Angleterre, & l'AI-: lemagne : ils s'y prirent tous à peu près de> même , & presque en même temps, pourle faire évanouir, & former fur íes ruines une; espece de municipal de villes 8c de bourgs.Pour cet effet, ils accordèrent aux villes &aux bourgs de leur domination plusieursprivilèges. Quelques serft devinrent ci-toyens ; 8c les citoyens acquirent pour del’argent le droit d'élire leurs officiers muni-cipaux. C'est: le milieu du douzième sieclequ'on peut fixer en France l'époque de Ré-tablissement municipal des cités & desbourgs. Henri II roi d’Angleterre, donnades prérogatives semblables aux villes de sonroyaume; les empereurs suivirent les mêmesprincipes en Allemagne : Spire, par exem-ple , acheta en 1166 le droit de fe choisirdes bourguemestres , malgré l'évêque quis'y oppoloit ; ainsi la liberté naturelle auxhommes sembla vouloir renaître de la con-joncture des temps 8c du besoin d'argentoù se trouvoient les princes. Mais cetteliberté n'étoit encore qu'une servitude réel-le , en comparaison de celle de plusieursvilles d'Italie qui s'érigerent alors en ré-publiques , au grand étonnement de toutel'Europe,
Il arriva cependant qu'insensiblement lesvilles 8c les bourgs de divers royaumes s'ac-crurent en nombre, & devinrent de plusen plus considérables : ensuite la nécessité ,mere de Rindustrie, obligea quantité de per-sonnes à imaginer des moyens de contri-buer aux commodités des gens riches, pour| avoir de quoi subsister : de - là l'inventionde divers métiers en divers lieux & en di-vers pays. Enfin parut en Europe le com-merce qui fructifie tout, le retour aimabledes lettres, des arts , des sciences , leurencouragement 8c leur progrès : mais commerien n’est pur ici - bas , de-là vint la renais-sance odieuse de la maltôte romaine , si nui-sible 8c si cruelle , inconnue dans la monar-chie des Francs, 8c malheureusement remiseen ptatiquG parmi nous, lorsque les hommescommencerent à jouir des arcs 8c du com-merce.
Auteurs théoriques fur les fiefs. C’est pré-cisément lorsque les fiefs furent rendus hé-réditaires , que presque tous les auteurs ontcoipmencé leurs traités fur çe sujet, en ap-pliquant