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Tome quatorzième.
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FIE

& les formalités ajoutées à cet hommage ,qui le firent qualifier de lige , ne furent quedes précautions établies pour aísurer & faci-liter f exécution de cette obligation person-nelle j tant fur la personne du vassal & surson fi s , que sur tous ses autres biens.

Pour ce qui est des fi fs liges médiats &subordinés , auxquels l’obligation person-nelle de servir le seigneur n’étoit pas de droitattachée, on eut soin de l’exprimer dansles premieres investitures ; il s’en trouve desexemples dans le livre des fiefs de l’évêchéde Langres , dans plusieurs concessions dela fin du 13 e siecle : mais les hommagesíubséquens à la premíere investiture , ne re-prenoient point nommément l’obligationpersonnelle de tous biens , étant suffisam-ment sous-entendue par la qualité d c fief ligeOU d ’hommage lige.

Les obligations de l’hommage lige furentdans la fuite des temps trouvées si onéreuses,que nombre de vaffaux liges firent tous leursefforts pour se soustraire a ces obligations.

C’est ainsi que malgré les hommages ligesrendus pour le duché de Bretagne par Ar-thus I, à Philippe - Auguste , au mois dejuillet 12.01 ; par Pierre de Dreux, dit Mau-clerc , tant au même Philippe - Auguste, ledimanche avant la Chandeleur 1 z 11, qu’auroi S. Louis par le traité d'Angers de l’an1131 ; &c par Jean , dit le Roux , au mêmeroi S. Louis en 1139, leurs successeurs auduché de Bretagne prétendirent ne devoirque rhommage simple , & ne purent jamaisêtre réduits à s’avouer hommes 6' vassauxliges : nos rois se contentèrent que l’hom-mage fut rendu tel qu’il avait été fait par le->

Í irécédens ducs de Bretagne. Les chance-iers de France firent des protestations à cesujet ; les ducs en firent de leur part dans lemême acte , comme on voit dans les fois &homm.iges des ducs de Bretagne , de 1366 ,1381 , 14.03 , 144J & 1458.

Les historiens ont auffì r. marqué qu’en1319 Edouard III, roi d’Angleterre , s’é-tant rendu en France pour porter l’hommagequ’il devoir à Philippe de Valois pour leduché de Guienne & comté de Ponthieu ,refusa de le fade en qualité d ‘homme lige ,alléguant qu’d ne devoit pas s’obliger plusério tement que ses prédécess urs. On reçutpour lors ion hommage conçu en termes

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généraux , avec serment qu’il feroit dans lafuite la foi en la même forme que íes prédé-cesseurs. Etant ensuite retourné en Angle-terre , & ayant été informé qu’il devoirl’hommage lige , il en donna ses lettres ,datées du 30 mars 1331 , par lesquelles ils’avouoit homme lige du roi de France , enqualité de duc de Guienne, de pair de Fran-ce , & de comte de Ponthieu.

Le jurisconsulte Jason , qui enleignoit àPadoue en 1486 , dans son traité super ufib.seudor. &c Sainxon fur l’ancienne coutumede Tours , remarquent tous deux n’avoirtrouvé dans tout le droit qu’un seul textetouchant l’hommage lige ; savoir en la clé-mentine , appellée vulgairement pafioralis ,qui est une sentence du pape Clément V ,rendue en 1313, par laquelle il casta &c an-nulla le jugement que Henri VII, empereur ,avoir prononcé contre Robert, roi de Sicile ,fondée entr’autres moyens fur ce que Ro-bert étant vassal lige de l’église &c du saintsiège , à cause du royaume de Sicile , Henrin’avoir pu s’attribuer de jurildiétion suriui ,comme s’il eût été vassal de l’empire , niconséquemment le priver , comme il avoitfait, de son royaume.

Les livres des fiefs , ajoutés au corps dedroit, contiennent auffì, comme on l’a dé j aobservé , un chapitre de feudo ligio.

U faut encore joindre à ces textes, ceuxdes coutumes qui parlent de fiefs liges ,d ‘hommage lige , & de vassaux liges.

Il y avoit autrefois deux sortes d’hom-mage lige ; l’un où le vassal promettoit deservir son seigneur envers 8c contre tous ,fans exception même du souverain , commei’á remarqué Cujas , U b. II , seudor, tit. v,& lib. IV, tit. xxxj , xc & xcix , & suivantY article 50 des établijsemens de France , pu-bliés par Chantereau ; & en son origine desfiefs, pag. i&Cs jj. L’autre sorte a’hom-mage lige étoit celui où le vallal, en s’obli-geant de servir son seigneur contre tous, enexcej toit les autres seigneurs dont il étoitdé j a homme lige. U yen a plusieurs exemplesdans les preuves des histoires des grandes mai-sons. Voyez auffì Chantereau , des fiefs ,pag. 1 5 & 16.

Les guerres privées que se faisoient autre-1 fois les seigneurs entr’eux , dont quelques-j uns osoient même faire la guerre à leur sou-