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Tome quatorzième.
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F T E

médiocre dépuration à chaque exacerbation : 'c'est-à-dire que les crises s’operent feule-ment en détail & à différentes fois, jufqu’àce que la maladie soit parfaitement terminée.

Il faut donc distinguer ces fortes de fièvreschroniques des fievres hectiques , lesquellesdépendent d’une cause qui perpétue ou re-nouvelle continuellement celle qui les entre-tient , enforte quelles ne peuvent produireni coction ni crise qui les consume. Voye[Fievre hectique.

Toutes les fievres dont la durée passe qua-rante jours, sont envisagées comme des ma-ladies entretenues d'ordinaire par quelquevice des organes , ou même encore parl'impéritie du médecin. Tous ces articles dumot Fievre , font de M, le chevalier deJAU COURT.

Fievre , (Mytholog.) nom propre d’unedivinité païenne , Febris. Les Romainsfirent de la Fievre une déesse, Sc l’honorerentseulement pour l’engager à moins nuire ,suivant la remarque de Valere - Maxime ,liv. II, ch. v , n. 6.

Cette déesse avoit à Rome plusieurs tem-ples; Scdu temps de Fauteur que nous venonsde citer , trois de ces temples fubsistoientencore, l’un fur le mont Palatin , l’autredans la place des monumens de Marius, & letroisième au haut de la rue longue.On appor-toit dans ces temples les remedes contre lafievre , avant de les donner aux malades ,Sc on les exposoit quelque temps fur l’autelde la divinité. Ce moyen íèrvoit plus à guérirl'efprit que le corps , dit Valere-Maximelui-même, & les anciens Romains qui mi-rent la Fievre au rang des dieux, durent leursanté bien plus à leur frugalité qu'à la protec-tion de la déesse.

Nous ignorons comment ils la représen-toient ; mais nous avons la formule d’unepriere ou d’un vœu qui lui a été fait, Sc quis’est conservé dans une inscription trouvéeen Transylvanie. Cette inscription publiée’par Gruter , donne à la Fievre les noms dedivine , de sainte , Sc de grande. La voici :Febri divje, Febri sanctjb , Fe-bri magnje , Camilla Amata

JPRO FILIO MALE AFFECTO , P. « Ca-milla Amata offre fes vœux pour son filsmalade, à la divine Fievre , à la sainte Fievre,à la grande Fievre ».

Tome XIF.

Au reste les Romains avoient reçu cettedivinité des Grecs, avec cette différence queces derniers en faisoient un dieu , par ce quele mot ìcvfiràt , fievre, est masculin , & quefebris est féminin ; mais c’est toujours lemême être qu’ils ont divinise dans chaquepays, pour satisfaire aux préjugés du peuple.(M. le chevalier DE Jaucourt.)

Fievres, (Manège , Maréchal!.) mala-die commune à l’homme & à l’animal. Lemédecin profond Sc éclairé en rechercheencore la nature individuelle ; l’ignoranttoujours présomptueux fe flatte de lavoirfáiíîe : la lage timidité de l’un Sc la précipita-tion hardie de l’autre, doivent inspirer laplus grande réserve. Je ne joindrai doncpoint témérairement ici mes foi blés efforts àceux du premier ; Sc je ne me livrerai pas; d’une autre part, à l'iriutile soin de réprimerle ton impérieux Sc décisif du second. Lesdivisions que suggèrent les différences quel’on remarque dans les fievres dont le chevalest atteint ; les causes évidentes de ces fievres ,leurs symptômes , les justes indications quipeuvent déterminer le maréchal dans lcchoix Sc dans l’applicatlon des remedes, sontles uniques points dans lesquels je me proposede me renfermer. Si je ne lui présente queles faits que j'ai scrupuleusement observés ;Sc si de ces faits présentés Sc certains je netente pas de m’élever par la voie des induc-tions Sc des conséquences, à la découverte’d’un principe ou d’une cause prochaine juf-qu’à présent ensevelie dans les ténèbres dela nature , qu’il sache que la nuit profondequi nous dérobe une foule innombrable d’ob-jets & de vérités , est préférable aux vainesSc fausses lueurs que nous ne prenons quetrop souvent pour de véritables lumières ;qu’il apprenne que les systèmes , les hypo-thèses , 8c toutes les bifarres productionsd’une imagination ou d’un esprit qui fe perd,peuvent d’autant plus aisément l’égarer ,qu’elles ont fait de la médecine des hommes;c’est-à-dire de l’art le plus utile Sc le plussalutaire , un art funeste Sc dangereux ; 8Cque qui méconnoît le doute Sc ne craintpoint i’erreur , est inévitablement sujet à desécarts également indignes de la raison Sc dasavoir, qui ne fauroient en être la source.

Toute fievre qui ne subsisté pas par elle-même, Sc qui n’est que l’effet d’une maladie

Fff . -