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Tome quatorzième.
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petits fruits avant qu'il n’ait encore desfeuilles. Cela est; conforme à la nature , 8cmême à la nature du figuier ; au lieu quel’autre leçon la contrarie & rend le sens dePline ridicule ) ; il bourgeonne 8c produit dufruit quatre fois 1 année ; ses figues ne mû-rissent point, à moins qu on ne faste uneincision pour leur faire jeter leur lait : ce fruitest; d'un aussi bon goût que la figue ( il fautajouter , la figue du figuier cultivé ; ) il luirestèmble en dedans ; il est gros comme unecorme ; ( c est le fruit du sorbier. )

Pline comptoir vingt - neuf eípeces defigues cultivées. La figue du mont Ida , quiest rouge, & de la grosseur d'une olive;elle est plus ronde , & a un goût de nefle :on l'appelle en ce pays la figue Alexandrine.Le figuier qui la porte ne donne point delait. Les figues d'Hercanie, qui selon le mêmeauteur , étoient plus douces que celles d’Ita-lie , & dont chaque arbre rapportoit jusqu àdeux cens soixante-dix boisseaux de figues.Nous avons , dit-il, en Italie plusieurs sortesde figuiers étrangers, qui y ont été apportés deChalcis& del’iste de Chio, dont les fruits res-semblent aux figues de Lydie, qui sont pur-purines , 8c à celles qu on nomme Mamelues.Les Callistruthiennes n ont guere meilleurgoût, Lc sont les plus froides de toutes. Quantaux Africaines, que plusieurs préfèrent àtoutes les autres , c’est une grande questionde savoir si elles méritent cette préférence.Lesfigues d’Alexandrie, d’Egypte , font noires ;mais en se fendant elles laissent paroître desfilions blancs : on les a surnommées délicates.Il compte encore que les Rhodiennes, qui fontnoires : les Tivoliennes ,■ qui font hâtives ; &d’autres qui portoient le nom de ceux qui lesa voient fait connoître ( & peut-être obtenuesde graine ) : les Liviennes, les Pompéiennes,qui se gardoient d’une année à l’autre : lesMarisques, ou grosses figues insipides quel’on faifoit sécher au soleil , Sc celles quiavoient des taches semblables à celles desroseaux ( des roseaux de la Laconie ; ) lesHerculaniennes, les Abicerates ( dont Colu-melle dit, albaque quae serval flavae cogno-mina Cens ) ; les Aratamnes blanches, quifont grosses Sc ont la queue très-courte ( cefont lans doute nos grosses figues blanches ) ;les Poiphyrites ou purpurines ; les Chélido-niennes, qui ne mûrissoient qu’à la fin de

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l’hiver ; les figues de Parente, que les Taren-tins appelloient ones.

Catoncîit que les figuiers Marisques aimentles endroits argilleux Sc découverts ; Sc queles figues d’Afrique, les Herculaniennes, lesSagondnes , les Hiverlanes , les Tclanes,préfèrent les lieux gras 8c bien fumés. Depuisíe temps de Caron ( continue Pline ) les figuesont eu tant de noms, 8c se sont multipliées àtel point, que cela seul fait voir combien unsiécle dissere de l’autre. Il y a , dit-il, desfigues d’hiver dans la Méfie : pour les obte-nir on couvre de fumier après l’automne ,les petits figuiers 8c les figues non mûres quís’y trouvent : à l’entrée du printemps on ôtecet appareil, & on les met à l’air. Les figuesparviennent ainsi à leur maturité, lorsque lesautres figuiers ne font que commencer debourgeonner. On obtient ainsi des figuesprécoces dans un ordre de saison inverse 8cdans une contrée des plus froides. Tout ceque dit ensuite cet auteur des figuiers ,quoique fort intéressant, est d’une éruditionqui ferait déplacée ici , ou qui concernela caprification. Voyer l’article Capiufi-

CATION,

Examinons à présent les variétés des fi-guiers cultivés dont parle Miller. Voici laliste des meilleurs, dans l’ordre de leur ma-turation. Il en a reçu de Venise une très-ample collection, Sc il ne s’est attaché àcultiver que les excellentes especes ; preuveque dans le nombre de celles qu’on a regar-dées juíqu’à présent comme propres exclu-sivement à l’Italie & à nos provinces mé-rridionales , il s’en trouveroit dont on pour-rait, avec les foins convenables, recueillirde bous fruits dans nos provinces septen Ttrionales 8c occidentales.

1 . La figue brune ifchia , ou ifichia de coup-leur de châtaigne , donne la plus grostè figuede toutes : elle est ronde , retrécie vers lepédicule; l'œil est large, la chair est de cou-leur pourpre; souvent elle creve lors de íâmaturité , qui arrive dans les derniers joursde juillet, ou au commencement d’aout.Ce figuier , dit Miller , soit en buisson , soiten plein vent, m’a donné dans un fol chauddes figues parfaitement mûres. Si on le plantecontre un mur bien exposé au soleil , onpeut compter sur deux bonnes récoltes ; carou voit une partie des figues de la secondaGgg 1