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Tome quatorzième.
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lonne, Leucîppe à un cylindre , Cléantlie àun cône , Héraclite à un esquif, Démocriteà un disque creux, Anaximene Sc Empe-docîe à un disque plat, enfin Xenophane deColophon s'est imaginé quelle avoir uneracine infinie sor laquelle elle portoit. Cettederniere opinion rappelle celle des peuplesindiens, qui croient la terre portée fur qua-rte éléphans. Mais on nous permettra de dou-ter que la plupart des philosophes qu onvient de nommer , aient eu des idées si ab-surdes. L’astronomie avoir déja fait de leurtemps de grands progrès, puisque Thalès quiles précéda, avoit prédit des éclipses. Or iln est pas vraisemblable, ce me semble, quedans des temps où l’astronomie étoit déja siavancée , on fût encore si ignorant fur la fi-gure de la terre ; car on va voir que les pre-mières observations astronomiques ont dûfaire connoìtre quelle étoit ronde en toutsens. Aussi Aristote qui a été contemporain,ou même prédécesseur de plusieurs des phi-losophes nommés ci-dessus, établit & prouvela rondeur de la terre dans son second livre )de calo , chap. xiv, par des raisons très - soli-des , Sc à peu près semblables à celles quenous allons en donner.

On s’apperçut d’abord que parmi les étoi-les qu’on voyoit tourner autour de la terre,51 y en avoit quelques-unes qui restoient tou-jours dans la même place, ou à peu près, &que par conséquent toute la sphere des étoi-les tournoit autour d’un point fixe dans leciel ; on appella ce point le pôle ; on remar-qua bientôt après , que lorsque le soleil semouvoir chaque jour dans fa plus grande élé-vation au-destus de notre tête , il étoit cons-tamment alors dans le plan qui pasioit parle polect par une ligne à-pîomb ; on appellace plan médirìen : on observa ensuite quequand on voyageoitdans la direction du mé-ridien , les étoiles vers lesquelles on alloit,paroifloient Rapprocher du haut de la tête,Sc que les autres au contraire paroissoients’en éloigner ; que de plus ces dernieres étoi-les , à force de s 1 abaisser, disparaissaient tout-à-sait, & que d’autres commençoient à pa-raître vers la partie opposée. De - là il étoitaisé de conclure que la ligne à-plomb, c’est- >à-dire la ligne perpendiculaire à la surface de jla terre , & passant par le sommet de notre >tête, changeoit de direction à mesure qu’on j

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avançoît sur le méridien, & ne demeuraitpas toujours parallèle à elle-même; que parconséquent la surface de la terre n étoit pasplane, mais courbe dans le sens du méridien.Or les plans de tous les méridiens concou-rant au pôle,. comme on vient de le remar-quer , il ne faut qu’un peu de réflexion (mêmefans aucune teinture de géométrie), pourvoir que la terre ne sautoir être courbe dansle sens du méridien , qu elle ne soit courbeaussi dans le sens perpendiculaire au méri-dien , Sc que par conséquent elle est courbedans tous les sens. D’ailleurs d’autres obser-vations astronomiques, comme celles du le-: ver & du coucher des astres, & de la diffé-rence des temps où il arrivoit selon le lieu dela terre où on étoit placé , confirmoient larondeur de la terre dans le sens perpendi-culaire au méridien. Enfin l’observation deséclipses de lune dans lesquelles on voyoitl’ombre de la terre avancer fur le disque dela lune , fit connoìtre que cette ombre étoitnon-seulement courbe , mais sensiblementcirculaire ; d’où on conclut avec raison quela terre avoit aussi à peu près la figure sphé-rique ; je dis â peu pris , parce qu’il y a euen effet quelques anciens qui ont cru que laterre ìïavoit pas exactement cette figure;voyelles Mém. de l’açad. des belles - lettres %t. XVIII, p. qj. Mais nonobstant cette opi-nion des anciens , la non-sphéricité de laterre doit être regardée comme une décou-verte qui appartient absolument Sc unique-ment à la philosophie moderne, par les rai-sons qui ont été exposées dans Xarticle Eru-dition. Quoi qu’il en soit, il est certain dumoins qu’en général les philosophes anciensattribuoient à la terre une sphéricité parfaite ;Sc il étoit naturel de le croire jusqu’à ce quel’observation en eût détrompé.

Si la rondeur de la terre avoit besoind’une autre preuve encore plus à la portée detout le monde, ceux qui ont souvent fait letour de la terre nous assuraient aussi de farondeur. La premiere fois qu’on en a fait letour, ç’a été en 1519. Ce fut Ferdinand Ma- ■gellan qui l’entreprit, Sc il employa n 14jours à faire le tour entier ; François Drake,anglois, en fit autant l’an 1577 en 1056jours; Thomas Cavendish en 1586 fit Temême voyage en 777 jours ; Simon Cordesde Rotterdam l’a fait enl’année 1590; Oli-