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Tome quatorzième.
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d'autant plus grand que le degré ou la 360 epartie de ce cercle a plus d’étendue. Doncla développée GO F fera touteentieredansl’angle EC F. Or , par la propriété de ladéveloppée, voye^ Développée , on a £ GOFc=FCP, 6c il est: visible par les axiomesde géométrie que EGOFeít < EC -+- CF\donc EC +.££> CP -+- C F-, donc £C>C P ; donc la terre est applatie fi les degrésvont en augmentant de l’équateur vers le pôle.Ceux qui après M. Picard , mefurerent lespremiers degrés du méridien en France pourlavoir si la terre étoit. sphérique ou non ,n J avoient pas tiré cette conclusion ; soit inat-tention , soit soute de connoissances géomé-triques fusillantes, ílsavoientcruau contrai-re que si la terre étoit applatie , les degrésdévoient aller en diminuant de 1 equateurvers le pôle. Voici, íèlon toutes les apparences, le raisonnement qu’ils faisoient : soittirée du centre une ligne qui sosie avec E Cun angle d un degré, & du même centreC soit tirée une ligne qui sosie avec P C unangle d'un degré, il est certain que £ L étantsupposé plus grand que £ C, la partie de laterre interceptée en £ entre les deux lignesqui font un angle d'u n degré, fera plus grandequ'en P ; donc ( conclu oient-ils peut-être)le degré près de l'équateur fera plus grandqu'au pôle. Le parallogifme de ce raisonne-ment consiste en ce que le degré de la terren'est pas déterminé par deux lignes qui vontau centre, Sc qui font un angle d’un degré ;mais par deux lignes qui font perpendiculairesà la surface de la terre, Sc qui font un angled’un degré. Ç’est par rapport à ces perpen-diculaires ( déterminées par la situation du filà-plomb) qu’on mesure la distance des étoilesau zénith, 6c par conséquent leur hauteur ;or ces perpendiculaires ne passeront pas parle centre de la terre , quand la terre n’est passphérique. Voye^ Déveeopfée - Oscuea-

TíUR , 6 ,' C .

Quoi qu’il en soit de cette conjecture ,ceux qui les premiers mefurerent les degrésdansl'étenduede la France, préoccupés peut-être de cette idée, que la terre applatie don-noit les degrés vers le nord plus petits queceux du midi, trouvèrent en effet que danstoute l'étendue de la France en latitude, lesdegrés alloient en diminuant vers le nord.Mais à peine eurent-ils soit part de ce résultat

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aux sa vans de l'Europe, qu'on leur démontraqu'en conséquence la terre devoit être alon-gée. Il fallut en passer par-là ; car com-ment revenir fur des mesures qu'on assuroittrès-exactes ? on demeura donc assez per-suadé en France de l'alongement de la terre,nonobstant les conséquences contraires tiréesde la théorie.

Cette conclusion fut confirmée dans lelivre de la grandeur St de la figure de la terre ,publié en 1718 par M. Caffini, que l’aca-démie des sciences de Paris vient de perdre.Dans cet ouvrage M. Caffini donna le résul-tat de toutes les opérations faites par lui &par M. Dominique Caffini son pere , pourdéterminer la longueur des degrés. Il en con-cluoit que le degré moyen de Fiance étoitde 57061 toises, à une toise près de celuide M. Picard; Sc que les degrés alloient endiminuant dans toute letendue de la Francedu sud au nord, depuis Collioure jufqu’àDunkerque. Voye\ Degré. D’autres opé-rations faites depuis en 1733, 1734, 1736,confirmoient cette conclusion ; ainsi toutesles mesures s’accordoient, en dépit de lathéorie, à faire la terre alongée.

Mais les partisans de Newton, tant enAngleterre que dans le reste de l'Europe, Scles principaux géomètres de la France même,jugèrent que ces mesures ne renversoient pasinvinciblement la théorie ; ils osèrent croirequ'elles 11'étoient peut- être pas asiez exactes.D'ailleurs en les supposant faites avec soin ,il étoit possible, difoient-ils, que par les er-reurs del’obfervation, la différence entre desdegrés immédiatement voisins, ou peu dif-tans (différence très-petite par elle-même ),ne fut pas susceptible d'une déterminationbien sure. On jugea donc à propos de mesu-rer deux degrés très - éloignés , afin que leurdifférence fût assez grande pour ne pas êtreimputée à l’erreur de l'obfervation. Onpro-poía de mesurer le premier degré du méri-dien sous l'équateur, 6c le degré le plus prèsdu pôle qu'on pourroit. MM. Godin , Lon-gue r , Sc de la Condamine , partirent pourle premier voyage en 1735 ; 6c en 1736 MM.de Maupertuis, Clairaut, Camus , Sc leMeunier, partirent pour la Lapponie. Cesderniers stirent de retour en 1737. Ilsavoientmesuré le degré de latitude qui passe par lecercle polaire, à environ 1 du pôle, 6í