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On a remarqué à \‘article ÉciufURt'Sainte , les excès dans lesquels font tombésceux qui ont voulu voir des (ens figurés danstoute Récriture. Selon ces interprètes , il n'ya point de texte où Dieu n’ait voulu renfer-mer fous Renveloppe du sens littéral lesvérités de la morale , ou les événemens dela religion chrétienne. Comme on a déjacombattu ce principe directement , nousallons nous arrêter ici à faire connoître : i°.les causes qui ont amené l’ufage abusifdes ex-plications figurées ; a°. les inconvéniens qu J aentraînés cette méthode d'expliquer Récri-ture. Nous croyons que des détails & desexemples fur ces deux objets, seront dequelque utilité.
La premiere cause de l’abus des sens fi-gurés dans ^interprétation de Récriture , aété l’usage qu’en font les écrivains du nou-veau testament. Les premiers ecclésiastiquesse sont crus en droit réemployer, commeles apôtres, ces fortes d’explications ; & ilfaut avouer que quelques-unes des applica-tions de Rancien testament faites par lesévangélistes, sembleroient autoriser à expli-quer toute Récriture figurément, parce q ré-elles semblent un peu détournées, & ne seprésentent pas tout de fuite : mais selon laquatrième règle qu on vient de lire , on nedevoir admettre de figures & d’allégoriesdans Récriture de Rancien testament, commeétant destitution divine, que celles qui fontappuyées fur Rautorité de J. C. des apôtres,ou de la tradition.
La seconde cause de Remploi excessif dessens figurés , me semble avoir été pour lespremiers écrivains ecclésiastiques, la cou-tume des juifs qui donnoient à Récrituredes explications spirituelles, & ce goût aduré chez eux juíqu’au viij e siecle.
Je trouve une troisième cause de ces mêmesabus dans la méthode que les peres avoientd'instruire les fideles par des homélies, quin’étoient que des commentaires suivis furRécriture ; car dans la nécessité de faireentrer dans ces commentaires les véritésde la morale & de la religion, ils s’efFor-çoient de les trouver là même où ellesn étoient pas, dans les récits purement histo-riques. Leur éloquence trouvoit son compteà s’écarttr du sens littéral, & à secouer lejoug dune rigoureuse précision. On peur,
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1 se convaincre de la vérité de ce que nousdisons, en ouvrant au hasard des homélies,& on verra que les explications^z/réej fontprodiguées dans cette espece d'ouvrages :-Railleurs, comme ils travailloient tous kuiscommentaires fur Récriture, dans la vue deles employer à Rinstruction des fideles, plu-tôt qu'à Réclaircifsement &C k Rintelligencedu texte, ils s’attachoient plus fortementà une maniéré de Rexpliqucr, qui leur don-noit plus d’occasion de développer les véritésde la religion, sur-tout en matière de morale ;& c’est à quoi les explications figurées leurservoient merveilleusement.
Je donnerai ici un exemple de Rusagequ ils en faisoient. Ce passage du Deutéro-nome : & erìt vita tua pendens ante oculostuos , & non credes vitœ tuae , ch. xxviij, signifieque si les israélites ne font paslîdeles à ob-server la loi de Dieu, tant de maux les acca-bleront , que leur vie ícra suspendue à unfilet, & qu'ils croiront la voir terminer àtous momens ; c'est ce que la fuite démontre :timebis nocle & die , dit Moyse, & non credes.vites tuae ; manì dices qui s mihi det vesperum >& vefperì quis mihi det manì.
Voilà le sens naturel du texte, c'est assu-rément le seul que Moyse ait eu en vue.S. Augustin Ra saisi sans doute ; mais quandon a donné ce sens si simple & si naturel,tout est dit ; cela ne fournit pas de certainsdétails dans une homélie. Sur cela S. Augustinlaiste à côté ce premier sens, & se jetantdans une autre explication du passage enquestion, il y trouve la passion, le genrede mort de Jésus-Christ, fa qualité de ré-dempteur, d'auteur de la vie, Rincrédulitédes juifs, &c. Et il dit là-destus de fort belleschoies, mais qui malheureusement ne fontpoint du tout relatives au texte.
Tous nos prédicateurs ont donné dansces mêmes défauts ; & je trouve dans ceuxqui jouissent de la plus grande réputation,des applications de Récriture aussi fausses& aussi détournées que celles que je viensde rapporter.
Une quatrième & une cinquième cause deces abus, font, selon le judicieux M. Fleury( discours fur Rhist. ecclés. ), le mauvais goûtqui f ai foi t mépriser ce qui étoitfimple & naturel >& la difficulté d’entendre la lettre de Vécriture ,
faute de savoir les langues originales , je veux-