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Tome quatorzième.
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mot qui en détermine un autre est placé im-médiatement 8c sans interruption après lemot qu’il détermine , alers il n’y a point defigure de construction ; mais lorsque l’ons’écarte de la simplicité de cet ordre , il y afigure : voici les principales.

i°. L ‘ellipse, íiïu'l'is , dereliclio , prœter-mijjìo, deseâus , de x«5»w, lìnquo: ainsi quandlempreflement de l’imagination fait suppri-mer quelque mot qui seroit exprimé selon laconstruction pleine , on dit qu’il y a ellipse.Pòur rendre raison des phrases elliptiques,il fout les réduire à la construction pleine,en exprimant ce qui est sous - entendu selonl’analogie commune : par exemple, accusaresurti , c’est accusare de crimine surti ; 8c dansVirgile, quos ego. Ain. 1.I, v. rzA. la cons-truction est , vos quos ego in ditione meâ teneo.“ Quoi ! vous que je tiens sous mon empir e ;» vous, mes sujets , vous que je pourrois» punir, vous osez exciter de pareilles tem-» pètes fans mon aveu» ì Ad Cajìoris , sup-pléez ad œdem ; maneo Romœ , suppléez inurbe comme Cicéron a dit : in oppido An-tiochiœ q 8c Virgile, Ain. I. III, v. zgj. Cel-sam Buthroti ascendimus urbem , passage re-marquable & bien contraire aux réglés com-munes sor les questions de lieu. Est régistueri fubditos , suppléez ojficìum , &c.

Il y a une sorte d’ellipse qu on appelletqeugma , mot grec qui signifie connexion ,ajfemblage : c’est lorsqu’un mot qui n’est ex-primé qu’une sois, raflemble pour ainsi diresous lui divers autres mots énoncés en d’au-tres membres ou incises de la période. Donaten rapporte cet exemple du III liv. del’Énéide, v. gqg.

Trojugena inter prés divurn , qui numina Phcebì,Qui tripodas , Clarii lauros , qui fiderasentisEt volucrum linguas, & prœpetis ornina pennes.

Ce troyen , c’est Hélénus, fils de Priam& d’Hécube. Dans cet exemple , sentis , quin’est exprimé qu’une fois, rassemble souslui cinq incises où il est sous-entendu : quisentis , id est, qui cognoscis numina Phœbi ,qui Jentis tripodas , qui sentis lauros Clarii ,qui sentis fidera , qui sentis linguas volucrum ,qui sentis omìna pennœ prœpetis. Voyez ce quenous avons dit du zeugma , au mot Cons-truction.

II. Le pléonasme , mot grec qui signifie

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surabondance , , abundantia ; vxlet,

plenus ; îrA«í»«Y« , plus habeo , abundo. Cettefigure est le contraire de l’ellipse j il y a pléo-nasme lorsqu’il y a dans la phrase quelquemot superflu , ensorre que le sens n’en seroitpas moins entendu, quand ce mot ne seroitpas exprimé, comme quand on dit, je Calvu de mes yeux , je C ai entendu de mes oreilles qj’irai moi-même q mes yeux, mes oreilles >moi-méme , sont autant de pléonasmes.

Lorsque ces mots superflus quant au sens,servent à donner au discours, ou plus degrâce , ou plus de netteté, ou plus de force8c d’énergie, ils sont une figure approuvéecomme dans les exemples ci-deflus ; maisquand le pléonasme ne produit aucun de cesavantages; c’est un défaut du style, ou dumoins une négligence qu’on doit éviter.

III. La syllepse ou synthèse sert lorsqu’aulieu de construire les mots selon les réglésordinaires du nombre, desgenres,des cas, onen fait la construction relativementà la penséeque l’on a dans l’esprit; en un mot, il y asyllepse, lorsqu ’011 fait la construction selonle sens, & non pas selon les mots : c’est ainsiqu’Horace, 1.1, Od. L, a dit : fatale monflrumquœ , parce que ce monstre fatal c’étoit Cléo-pâtre ; ainsi il a dit quœ relativement à Cléo-pâtre qu’il avoit dans l’esprit, 8c non pasrelativement à monflrum. C’est ainsi que nousdisons , la plupart des hommes s’imaginent,parce que nous avons dans l’esprit une plu-ralité, 8c non le singulier, la plupart. C’estpar la même figure que le mot de personne ,qui grammaticalement est du genre fémi-nin , se trouve souvent suivi de il ou de ils,parce qu’on a dans l’esprit l 'homme ou leshommes dont On parle.

IV. La quatrième sorte de figure c’estl ‘hyperbate , c’est-à-dire confusion , mélangede mots q c’est lorsque l’on s’écarte de l’ordresuccessif des rapports des mots, selon laconstruction simple: en voici un exemple oùil n’y a pas un seul mot qui soit placé aprèsson corrélatif, 8c selon la construction sim-ple,

Aret ageri vitio, moriens, fitit,aéris, herba,Virg. Ecl. VII, v. 6 z<

La construction simple e^cager aret q herbamoriens prae vitio aëris fitit. L’ellipse 8c L’hy-perbate sont fort en usage dans les languesoù les mots changent de terminaisons, parce