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Tome quatorzième.
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472. F I G

combien d’inconstances ridicules Sc dépra-vées ? En un mor, du moment qu’ii feraprouvé que l’imagination préside à notrechoix , ne nous étonnons pîus de rien : quipourrait rendre raison de ses fantaisies ?

Mais quoi ! après avoir établi qu’il y a unbeau réel dans touteschosos, íaudra-t-il con-clure qu’ilest chez l’homme seulement, idéal&c arbitraire ? Non. L'homme est le chef-d’œuvre de la création , Sc rien ne peut en-trer avec lui en comparaison de beauté. Maisparmi celles qui sont si libéralement répan-dues fur les races des hommes , quelle estcelle qui doit avoir la préférence ; J’avoueraide grand cœur que ces têtes applaties , cesnez écrasés, ces joues Lc ces levres percées,ces piés si petits avec lesquels on ne peut plusmarcher, doivent être mis hors des rangs,parce que la nature y paroît évidemmentforcée. J’entendrai dire avec plaisir qu’unœil noir Sc vif, bien ouvert Sc placé à fleurde tête , parodiant plus propre à remplir fadestination , doit être par conséquent plusbeau que celui de l’alìatique , qui, toutpetit qu’ii est , est encore couvert d'une am-ple paupière : mais je m'appercevrai avecdouleur qúe la question est jugée par une desparties ; Sc que si la grandeur de l’organedécide en fa faveur , les Grecs qui, pour cé-lébrer la beauté de Junon , chantoienc sesyeux de bœuf, doivent l'emporter fur nous.Que celui qui se croira allez habile pourdémontrer la juste proportion de l'œil, s’ap-prête à nous donner l’inverfe de la bouche,que nous voulons petite ; Sc quand enfin dedémonstration en démonstration il parvien-droit à donner la réglé pour trouver ce beaujsuprême qui devroit faire réglé pour tous,qui s’y soumettra ? Voyons-nous qu’unebelle enleve lt s adorateurs d’une moins belle,avec cette rapidité que le beau l’emporte furle moins beau ? Quelques hommes & quel-ques femmes fe partageroient entre eux l’em-pire des cœurs ; le reste languirait dans lemépris & l'abandon. Mais ii est une autresource d’erreur ou d’équité dans nos juge-mens. C’est notre ressemblance que nous nepouvons nous empêcher d’approuver dansles autres ; fans compter une infinité de con-jectures relatives au plaisir Sc au but despallions, qui nous déterminent quelquefois,même à notre info* Un homme droit ferait

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bien laid , si tous les autres étoíent bossus. Iln’y a pas jusqu a l'imbécillité qui n’ait unpréjugé en fa faveur : on a dit, vive les sotspour donner de Vesprit.

Ainsi donc l’empire prétendu de la beauté,dont on vante tant la puissance Sc l’étendue,bien apprécié, n’est autre chose que celuide notre propre imagination sor notre cœur,Sc qu’une passion déguisée sous ce nompompeux ; mais je conviendrai quelle est laplus noble Sc la plus naturelle de toutes ; laplas noble , par rapport à son objet, la plusnaturelle, parce qu’eile prend là source dansun penchant que Dieu a mis en nous, Scduquel nous ne faisons qu abusor. J’ajouteraimême qu elle fera une vertu politique, toutesles fois que dégagée de toute idée grossière,elle excitera en nous d’heureux efforts pournous rendre plus aimables, plus doux , pluslians, plus complaisons, plus généreux, plusattentifs, Sc par conséquent plus dignes Scplus utiles membres de la société. Cet art.est de M. d’Abbes de Cabroles , correcteur à la chambre des comptes du Languedoc.

Figure , terme de peinture. Peindre làfigure , ou soire l’image de l’homme , c’estpremièrement imiter toutes les formes possi-bles de son corps.

C’est secondement le rendre avec toutesles nuances dont il est susceptible , & danstoutes les combinaisons que l’effet de la lu-mière peut opérer fur ces nuances.

C’est enfin faire naître , à l’occasion decette représentation corporelle , l’idée desmouvemens de l'ame.

Cette derniere partie a été ébauchée dans‘article Expression. Elle fera développéeavec plus de détail au mot Passion , & n’apas le droit d’occuper ici une place.

Celle qui tient le second rang dans cetteénumération , sera expoíee au mot Har-monie du Coloris ù du Clair obscur.La premiere seule, assez abondante, fera lamatière de cet article.

H s’agit donc ici des choses principales ,qui sont nécessaires pour bien imiter toutesles formes possibles du corps de 1 homme ,c’est-à-dire ses formes extérieurement appa-rentes dans les attitudes qui lui sont propres.

Les apparences du corps de l'homme sontles effets que produisent à nos yeux les par-ties extérieures : mais cjt s parties soumises à

I’aétion